Posts tagged ‘USA’

A suspicious river

Laura Kasischke418bo+Fsq+L

L’éditeur : « Le Swan Motel, de l’autre côté de la rue, était propre et frais – draps amidonnés, moquette beige, serviettes de toilette blanches et décentes que nous envoyions deux fois par semaine à Ottawa City, pour les faire laver, dans un camion plein de sacs-poubelle en plastique vert olive. Derrière le motel, la Suspicious River roulait ses flots noirs… » Hyperréalisme, violence et crudité, transfigurés dans un univers poétique d’une force exceptionnelle, Kasischke n’est pas sans rappeler le grand Hopper et les meilleurs cinéastes américains. Mais surtout, elle fait du lecteur un voyeur fasciné, véritable héros de cette entreprise.

A lire pour l’écriture, la poésie noire, l’atmosphère délétère, le désespoir qui suinte à travers les mots.

Elle raconte la descente aux enfers d’une jeune femme marquée par la vie et la mort prématurée de sa mère, par des relations familiales sulfureuses.

On flotte dans un univers sale et brumeux ; L’hôtel où elle s’offre à des clients de passage, la rivière grise et inquiétante, les cygnes blancs et maladroits…seule note lumineuse dans ce morne décor.

Il est des hommes qui sentent ce genre de femme, comme elle, morte à l’intérieur, prête à tout pour qu’on les aime..elle le dit..des hommes qui en profitent, comme Gary. Nul salut, pas un seul signe d’espoir pour Leila. Pourtant, elle est si jolie.

C’est d’une beauté triste, mauvaise ; on regarde impuissant et voyeur d’une déchéance sans fin.

Laura Kasischke écrit si bien. C’est original, moderne, singulier et sombre comme un abîme sans fond qui vous attire implacablement.

 

25 septembre 2013 at 8 h 33 mi 2 commentaires

Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes

Robert M. Pirsigzen

L’éditeur : À deux sur une moto, père et fils sillonnent les routes, direction la Californie. Ils croisent Newton, Goethe et Kerouac. Ils réparent carburateur, culasse et pistons mal huilés. Chris raconte des histoires de fantômes, son père lui dévoile l’art de l’informatique et les théories de la Création. Ils se découvrent comme on démonte un moteur. C’est un road-trip, une chevauchée philosophique et fantastique…

Robert M. Pirsig est né en 1928 à Minneapolis. Il a été rédacteur technique dans les revues spécialisées consacrées aux motocyclettes.
CIMG1935Les vacances se terminent
Ensoleillées et familiales
Pour faire durer le voyage, voilà un livre ébouriffant
 Je crois qu’on devrait tous se mettre à la moto !
Après Fulvio Ervas qui en avait démontré les vertus dans « N’aie pas peur si je t’enlace » c’est au tour de Pirsig de prouver à quel point c’est un fabuleux moyen pour aller à la rencontre des autres, se libérer du quotidien, affronter ses peurs et resserrer les liens familiaux !
Encore mieux que le divan de Sigmund …. en plus on voit du pays, l’aventure à l’écoute du moteur, l’esprit libre de vagabonder et de faire le point.
un roman unique, une résurrection pour un père schizo et un fils plutôt mal parti
Pour l’auteur la vie est à l’image d’un bricolage soigné appliqué à sa moto : entretenir son engin , c’est regarder le fonctionnement, y réfléchir, prendre son temps, ne pas brusquer – agir avec amour comme un bon artisan – Il ne suffit pas de savoir lire le mode d’emploi, on doit se pénétrer de l’existence même des objets, se soucier de la  « Qualité ».
 Définir la « Qualité », tel est son Graal tout au long du livre. Cette quête donne lieu à une passionnante réflexion philosophique (très abordable…) assortie d’un road movie plein de souffle, de désespoir et de grandes joies.
On y croise Raymond Poincaré, Socrate, Platon..bien d’autres encore. Le temple de la raison contre la pensée romantique…comment lier les deux ? Peu importe que vous n’ayez pas de moto, ce livre s’adresse également aux amateurs de machines à laver, bicyclette, perceuse et tout autre engin susceptible de tomber en panne ou de nous tracasser !
( Sûr que la moto c’est plus fun !)
Le héros, libre penseur tombé dans la folie…. sauvé par l’amour d’un fils est un bel esprit à la recherche de la vérité. Un bouquin étonnant que n’auraient pas renié les adeptes de Kerouac, un livre tout corné, avec des passages surlignés (rare chez moi de faire ça…)…notamment celui où il développe un exemple de blocage : il est absolument inadmissible d ‘être tenu en échec par une misérable vis au cours d’un démontage…oh que oui! …Combien de trépignement et de cris devant un noeud qu’on n’arrive pas à dénouer, un boulon qui ne veut pas tourner, une serrure grippée ou un tiroir coincé… Attention, ce petit détail ne l’est pas.
Face à ce mini problème on se heurte en fait « au grand inconnu, au vide qui est au coeur même de la pensée occidentale » … ben oui rien que ça !!
J’ai adoré cette façon qu’il a de donner à nos actes les plus quotidiens et les plus anodins, une signification bien plus intéressante et plus importante qu’elle nous apparait. Chaque problème petit ou grand  doit et peut être résolu par le calme et la réflexion.
une écriture précise et allègre, des épisodes parfois sombres…mais toujours une sortie, une leçon, un conseil.

30 août 2013 at 8 h 02 mi Laisser un commentaire

N’aie pas peur si je t’enlace

Fulvio 51wzIOhavwL Ervas

L’éditeur : Un voyage de trente-huit mille kilomètres, qui commencera par la traversée des Etats-Unis en Harley Davidson. C’est cela que Franco Antonello souhaite pour le dix-huitième anniversaire de son fils, diagnostiqué autiste à l’âge de trois ans. Andrea est un ouragan imprévisible. Les objets, il les aime rangés dans un ordre méticuleux. Quand il veut savoir qui il a en face de lui, il l’enlace afin de sentir ce que l’autre a dans le ventre et pour cette raison ses parents ont inscrit sur ses T-shirts : N’aie pas peur si je t’enlace. Pourtant ce voyage se fera, à travers les Etats-Unis et jusqu’en Amérique latine, mille fois plus inattendu que prévu. Sous le regard étonné et teinté d’humour du père, Andrea caressera les crocodiles, communiquera avec les chamans indiens, embrassera les jeunes filles et enseignera à son père à se laisser aller à la vie. Il fera de cette expérience une aventure épique, difficile et grisante.

Une aventure à risque pour ce père épris de liberté qui se lance sur les routes avec un fils autiste de 18 ans. Andréa est beau comme un dieu, marche toujours sur la pointe des pieds comme s’il voulait toucher le ciel… Andréa est imprévisible. Sur leur moto, ils vont se frotter aux grands espaces américains, sans filet. L’écrivain Fulvio Ervas, à l’écoute de cette histoire extraordinaire nous en fait un récit sensible.

Il ne s’appesantit pas sur les obsessions d’Andréa, les passages à vide, les absences, les difficultés…. Elles sont là, il le dit, c’est tout ; ça n’empêche pas d’avancer, de vivre des moments de bonheur et d’amour absolu pour ce père et son fils. Un grand courage, un immense besoin de secouer le carcan du quotidien et de la maladie donnent une dimension supplémentaire à ce voyage tissé de rencontres au sein d’une nature à la mesure de leur pari …. Faire Grand, Enorme, tous les deux, loin de tout ; car il s’agit bien d’une authentique équipée qu’on aurait même du mal à suivre tellement c’est intense et bourré d’imprévus !

Un trip plein de tendresse, d’humour et de philosophie..une leçon de vie, qu’on doit empoigner quels que soient les problèmes..le voyage comme une libération, une thérapie ; pas un conte de fée…loin de là..mais une fable riche de chaleur et d’émotions.

J’ai beaucoup aimé ce livre si vivant qui donne la gnaque, l’envie d’aller à contre courant, de faire ce qu’on a envie quand on le sent, se laisser porter par la vie. C’est bien raconté, sans pathos ; l’intérêt ne faiblit jamais.

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19 juin 2013 at 6 h 39 mi 2 commentaires

Promenons-nous dans les bois

Bill Bryson81cKJtMcgFL._SL1500_

Quatrième de couverture : Rentré aux Etats-Unis après des années d’absence, le désopilant Bill Bryson a voulu faire un retour à la nature en s’attaquant à l’Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie. Dans cette aventure qui mêle histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon de marche son vieux copain d’école, Stephen Katz. Le problème, c’est que Katz préfère regarder des épisodes d’X-Files dans les motels. L’autre problème, c’est qu’en se promenant dans les bois on risque de croiser d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur : des ours, d’autres randonneurs, sans oublier les plantes toxiques qui vous rendent plus vert qu’un Martien. « Jamais un bouquin ne m’a fait autant rire ! » s’est exclamé Robert Redford, qui l’a élu comme livre de chevet.

A la redécouverte de son pays, Bryson ( dont j’avais apprécié « Motel Blues ») nous entraîne du Maine à la Géorgie dans une Amérique sauvage, le long de l’Appalachian Trail où il fait (plus ou moins ) bon crapahuter. Tout en cheminant, il raconte la Grande et les petites histoires des régions traversées….anecdotes macabres ou drolatiques, d’ordre géologique, écologique…. Une mine d’infos alors que la forêt nous entoure, les torrents chantent et les ours guettent…. Mais attention!! il vaut mieux avoir de l’humour face à certaines situations ou certains randonneurs parfois plus redoutables que des serpents à sonnette !

apa C’est un carnet de voyage très réjouissant (merci à Gwenaëlle de me l’avoir signalé). Il m’est arrivée de pouffer au détour d’une remarque, surtout lors de l’achat du matériel et de la préparation « psychologique » du randonneur qui prête une oreille frémissante à toutes les  choses horribles qui peuvent arriver sur le parcours, y compris dans un film comme « Délivrance » qui fut tourné là où débute le périple !

Pas du tout la même ambiance que dans « Wild », c’est sûr. Moins d’émotion et de tensions, des motivations différentes. Mais l’Appalachian Trail n’est pas une mince affaire et même si les deux compères n’en feront qu’une partie, ils sont loin d’avoir la forme olympique. Heureusement que sous la plume de Bryson même les galères se transforment comme par miracle en prétexte à se moquer ( surtout de lui-même) apprendre ou s’émerveiller car tout n’est pas rose dans cette partie du monde ; l’air de rien, le nez au vent, il trace un portrait  plein de saveur et d’émotion d’une Amérique profonde (petits villages isolés, villes endormies) attirant notre regard sur une nature sauvage en danger (tourisme effréné, paysages saccagés, arbres malades).

J’aime beaucoup sa fierté enfantine d’avoir, avec son copain Katz, alcoolique repenti (pas tant que ça en fait…) fait ce retour à la vie sauvage : « Nous avions fait 800 km depuis notre départ d’Amicalola. Il y avait de quoi être fiers. Nous étions de vrais randonneurs maintenant. Nous avions chié dans les bois et dormi avec les ours. Nous étions devenus et serions pour toujours des hommes des montagnes. »

Il retrouvera Katz plus tard pour faire une partie plus sauvage de l’AT. Mais tout comme ils ont abandonné ce tronçon, j’aurais bien fait pareil avec la dernière partie du livre ; la connivence avec son compagnon n’est plus, ils sont déçus….Moi aussi…..On le sent dans le récit qui aurait gagné à s’arrêter à la page 227 ! Ensuite,   passez votre chemin ou attendez vous à quelque chose de plus pédagogique et un brin soporifique. A part ça c’est un livre très chouette !
Robert Redford l’ a parait-il adoré et en a acquis les droits cinématographiques pour devenir Bill à l’écran. Reste à savoir qui peut jouer Katz ? bill-bryson

29 mai 2013 at 13 h 00 mi 2 commentaires

No Angel

Jay Dobyns61QlezIKlaL._AA1500_

L’éditeur : Récit autobiographique, co-écrit par Nils Johnson-Shelton, No Angel raconte deux années d’un voyage à hauts risques. Agent fédéral chargé d’infiltrer les Hell’s Angels de l’Arizona, avec pour objectif de prouver qu’ils se livrent au trafic d’armes et de drogue, Jay Dobyns perd peu à peu de vue le but de sa mission. Tel Joe Pistone, alias Donnie Brasco, infiltré dans la Mafia new-yorkaise, Jay devient le violent «Bird» qui lentement se détache de sa famille, s’éloigne de lui-même.No Angel nous parle de l’engagement total d’un homme pour sa mission et fait vaciller la frontière entre le Bien et le Mal.

Retour sur le blog en compagnie des Hell’s Angels..

Comme j’aime regarder « Sons of Anarchy »,  j’ai sauté sur le bouquin

Vraiment pas de la littérature mais le récit hallucinant d’une infiltration à risques pleine d’adrénaline et de suspense. Un truc de mec avec pourtant des états d’âme et un incroyable dédoublement de personnalité.

Jay_DSC4147jay-dobynsJay, un flic sympa, bon pére de famille va devenir « Bird »; Bird est  dangereux, froid, efficace, plus vrai qu’un vrai Hell’s ! Imprégné de leur culture, admiratif malgré lui de ces brutes en blouson, cette enquête au long cours va le marquer profondément et révéler la part d’ombre que tout homme porte en lui..car les Hell’s sont fascinants…des affreux, c’est sûr, mais c’est un monde doté d’une organisation qui force le respect.

Ils ont des codes, des règles d’honneur, des interdits, des délires, sont capables de faire preuve de loyauté, de sang froid,de courage..Il devient l’un deux pour le meilleur et aussi (presque) pour le pire. Trafics d’armes, drogues, filles, règlements de compte, viol..il leur fera croire qu’il adhère à ces sales combines, mais ne trempera jamais dedans. Il fera son boulot jusqu’au bout pour les coincer ; toujours sur le qui-vive, il devient complètement parano car ils sont imprévisibles,violents, dingues..Ces tatoués qui vont vrombir leur moto ne respectent rien sauf leurs frères ; malgré l’angoisse et la pression, il tiendra le coup grâce à son entourage et à un gros travail d’introspection

Le jeu est dangereux, la marge est mince entre l’admiration pour un homme et la prise en compte de ses actions illégales.web-hells-angelet puis les Hell’s mènent une vie libre de toute contrainte, faite de plaisirs interdits et d’émotions fortes. Une vie qui attire terriblement Bird.

 Passionnant, de bout en bout.

On est complètement immergé dans cette tribu mythique. Une récit véridique, un flic  hors normes ; on suit tout le processus d’infiltration et de montée de la confiance..il faut un sacré courage pour mener cette action et cette double personnalité arrive presque à le détruire…

On the road again…Prochain bouquin toujours sur la route, mais après les Anges à moto, ce sera à pied avec un Immortel sur les chemins de Compostelle !

24 avril 2013 at 18 h 52 mi 2 commentaires

Wild

Cheryl Strayedwild

L’éditeur : Marcher pour survivre et partir seule pour avaler 1700 kilomètres du « chemin des crêtes du Pacifique », un parcours de grande randonnée abrupte et sauvage de l’Ouest américain. Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile un sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour affronter les fantômes de son passé, elle choisit instinctivement de s’en remettre à la nature. Elle affronte les rigueurs des déserts puis des sommets et se fond dans la beauté grandiose et solitaire des paysages. Au long du chemin, elle va renouer avec elle-même pour finalement retrouver sa voie. Franche, dynamique, un brin déjantée, la jeune femme nous livre un récit touchant, une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Un chouette bouquin qui donne la gnaque !

photo-topo- Une fille de 25 ans sur les sentiers escarpés des Rocheuses, du Mexique à l’Oregon ; une nature sauvage et changeante, des conditions éprouvantes. Ses seuls compagnons…un  énorme sac qu’elle nomme affectueusement  Monster et un fantastique courage …comme un ultime coup de pied pour ne pas rester au fond d’un océan de larmes..une mère adorée morte d’un cancer à 50 ans, une vie brisée, la drogue, la mal être, les questions sans réponses.

la souffrance physique pour oublier la souffrance morale..la dépasser  pour exister enfin au monde ..un monde d’une beauté époustouflante qu’elle nous fait partager avec des descriptions très belles, très imagées, comme les décors panoramiques d’un théâtre géant..émerveillement devant toute une nature préservée qui palpite et qu’elle redécouvre dans la douleur.. ampoules, blessures, soif, peurs, faim. Une quête initiatique racontée sans emphase mais avec des mots qu’on comprend…marcheur ou pas. C’est parfois drôle, toujours juste et touchant.

strayed  Incroyablement tenace, elle trouve les ressources pour continuer quoiqu’il arrive. Mais Cheryl est une solitaire qui aime la compagnie ; les épreuves rapprochent et sur le chemin, on est tous égaux. Elle y fera des rencontres formidables, nouera de véritables relations de partage, de joie et de sensualité.

J’ai aimé ses mots simples et vrais, qui donnent l’impression d’être à ses côtés pour voler au dessus des montagnes, se désaltérer à l’eau glacée d’un lac, admirer une biche, chanter pour oublier sa peur, connaître une insatiable faim de tout.CAYO-PCT-2407.ou simplement goûter au plaisir simple d’enfiler un vêtement propre ou de prendre une douche chaude !

Sensibilité d’une écriture à l’unisson de ce qu’elle ressent et de ce qui l’entoure..Beaucoup de force émane de son aventure. Au fil de ses pas, on la voit renaître. Amoureuse des livres qu’elle emporte avec elle, elle les brûlait après les avoir lus. Pas de trace. Il faut tourner la page,  tailler sa route..tendue vers l’avenir. Ce récit lumineux donne l’envie de faire des projets, d’aller à l’essentiel, de tenir bon….et de découvrir ces paysages sauvages qu’en son temps John Muir avait déjà célébrés. Une leçon de vie. Un livre à garder et à offrir !

On parle d’en faire un film et l’adaptation du roman serait confié à Nick Hornby …. à suivre

« Depuis que j’avais pressé la détente en posant le pied sur la neige, tous mes sens étaient en éveil. Malgré mes hésitations, je sentais que je faisais le bon choix en continuant comme si l’effort en lui-même était ce qui importait le plus.. Comme si la beauté intacte de la nature qui m’entourait pouvait me rendre intacte moi aussi, en dépit de tout ce que j’avais perdu, de tout ce qu’on m’avait enlevé, de toutes les choses regrettables que j’avais fait subir tant aux autres qu’à moi-même (…). Moi qui doutais de tout, j’avais une certitude : la nature sauvage me nimbait de sa clarté. »

15 mars 2013 at 14 h 18 mi 7 commentaires

Sur ma route

Carolyn Cassadycass

Quatrième de couverture : « Carolyn Cassady est l’une des dernières survivantes de cette bande de « clochards célestes », vilipendés, haïs par l’Amérique laborieuse et puritaine autant qu’adulés par une génération qui fit du chef-d’oeuvre de Kerouac, Sur la route, leur oriflamme de papier. […] Carolyn Cassady raconte sa vie de bric et de broc, de bringues et de brindezingues, un livre touchant où suintent la pauvreté, l’insouciance du lendemain et, surtout, cette amitié si particulière entre Neal Cassady, son mari (modèle de Dean Moriarty), héros de « Sur la route », et Jack Kerouac, le meilleur pote, qui allait devenir l’amant ale Carolyn. » Fabrice Gaignault.

Elevée dans la crainte et le respect des convenances, rien ne prédestinait Carolyn à épouser ce chien fou de Neal Cassady et sa tribu…Allen Ginsberg, Kerouac et les autres. C’est l’histoire d’un amour destructeur, d’une déglingue lucide, le roman  d’une femme forte et courageuse qui a su garder ses principes et son courage au milieu de la tourmente…et quelle tourmente ! Un tourbillon qui va transformer sa vie plus souvent en enfer qu’en paradiscar !

Elle raconte L’Amérique de  la  « Beat Generation »..liberté, sexe, drogue, alcool..une époque dingue et passionnante (en lisant, j’ai pensé à Suze Rotolo qui dans« Le temps des possibles » raconte les débuts de Dylan dans les années 60 à Greenwich Village . Deux femmes « raisonnables » follement amoureuses, pas dupes de la mégalomanie des hommes et de leurs excés mais témoins »privilégiés » d’une époque fabuleuse  qu’elles restituent toutes deux avec justesse et sensibilité.)

Belles idées..mais vie pourrie pour Carolyn qui aura trois enfants avec Neal . Elle deviendra ensuite la maitresse de Kerouac.cassdy Elle sera toujours là pour eux, même dans les pires moments.

Elle supportera tout de « ses » hommes..absences, infidélités, mensonges, addictions.. ils partent, reviennent..elle est fascinée, mais aussi dégoûtée, malheureuse. Elle tient bon, galère pour nourrir ses enfants,assume un quotidien pas glorieux c’est sur..moins que les poèmes, les voyages en bagnole, les envolées littéraires..Courage…elle pleure souvent, crie, part, revient, participe à leur folie, rit, critique, lit, discute des heures avec Kerouac. Elle est intelligente, cultivée, curieuse.

tumblr_m7azdiyxw81ry39wso1_400  Un livre pour  connaître plus intimement Neal, Jack, Ginsberg, Kesey et tous ces autres poètes, écrivains qui ont marqué cette aventure. Ils sont passés chez elles, se sont confiés, lui ont parlé. L’envers du décor, le prix de la liberté ?.. Neal paumé, suicidaire, en mal d’amour, instable et égoïste, toujours en train d’échafauder des plans foireux….Kerouac plus tendre mais tout aussi fuyant et invivable. L’atmosphère de l’époque est bien là… rejet des contraintes, insouciance, vraie bohème..éclairage intéressant sur les interactions qui existaient au sein de ce cercle réduit de »clochards célestes »..jalousies, amour/amitiés..importance des lettres, des voyages..Ils avaient ce quelque chose de génial et de tragique qui ont fait de l’Amérique des années 50 un espace de folle liberté où l’argent avait si peu d’importance. Ils allaient au bout de leurs désirs, prenaient tous les risques . Un monde d’hommes..Les femmes étaient compagnes de beuveries, mamans, confidentes d’un jour, consolatrices, muses kerouac(pour le meilleur), maîtresses, épouses (pour le pire). De sacrés machos !

Pour les amoureux de « La Route » .

9 janvier 2013 at 20 h 59 mi Laisser un commentaire

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