Posts tagged ‘RUSSIE’

Des nouvelles d’Agafia : elle va bien !

Voilà – trouvées sur le site Topworldnews.ru-  des nouvelles fraîches ! C’est le cas de le dire : elles datent de quelques jours et là où elle vit il fait un froid de loup !

Voilà ce que ça donne en russe : Власти Кемеровской области наградили известную отшельницу Агафью Лыкову медалью «За веру и добро». Думаем, сама Агафья Лыкова отнеслась к этой медали со скрытым недоумением. Потому что в ответ она попросила, чтобы ей привезли резиновые сапоги, козла, взамен умершего и петуха. А то ее совсем не поет. Как говорится, два мира — два детства. В мир Агафьи Лыковой — последней из большой семьи Лыковых, обнаруженных в конце 70-х геологом Ерофеем Седым, попасть практически невозможно.

AHAHA ! maintenant les surprises de la traduction chez Google…. « Si loin de la société  (le 25 janvier 2013 )les Autorités de zone de Kemerovo ont attribué une médaille de recluse connue Agafia Lykov « Pour la croyance et la sorte ». Nous pensons, Agaf’ya Lykov elle-même lié à cette médaille avec la confusion cachée. Parce que répondre elle a demandé qu’à cela ils apportent des bottes en caoutchouc, la chèvre, au lieu de mort et le coq. Et cela la chante pas du tout. Comme ils disent, deux mondes sont deux enfances. Au monde d’Agaf’i Lykova – Lykovy dernier de grande famille a découvert à la fin des années 70 par le géologue Erofeem Aux cheveux gris, il est pratiquement impossible de tomber. C’est possible seulement de s’étendre par l’hélicoptère. » Si vous parlez russe, faites moi signe afin de proposer une meilleure interprétation!Agafia_Likova_2013

Une vidéo nous montre Agafia (cf. Des nouvelles d’Agafia de Vassili Peskov).

Elle est en forme, habite toujours dans la forêt sibérienne, seule (?)-un barbu à maillot rayé fait une courte apparition)- Elle étudie sans cesse les textes sacrés ….à la lueur d’une frontale (seule concession à la modernité), vit en autarcie, loin de tout, va puiser l’eau dans un trou glacé avec ses pauvres mains abîmées…peut-être s’en plaint-elle dans la vidéo ?? Mais elle sourit et semble inébranlable ! Pour la rencontrer il faut prendre un hélicoptère et elle se fiche pas mal des honneurs et aurait préféré recevoir une chèvre et des bottes plutôt qu’une médaille…elle n’a pas changé et j’en suis heureuse..elle mène une vie dure mais libre et fidèle à ses principes !

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28 janvier 2013 at 14 h 28 mi 14 commentaires

Moscou-sur-Vodka

Vénédict Erofeiev

L’éditeur : Soliloque d’un pochard lyrique dans le train de banlieue qui l’emmène pour le week-end chez sa bien-aimée, récit canularesque d’une soûlerie colossale – si colossale que le voyageur se retrouve finalement à son point de départ, ce roman paraît tout à fait singulier dans une littérature soviétique qui s’est toujours voulue littérature sérieuse, traitant de problèmes sérieux. Ici, rien n’échappe à la dérision. Ni les gloires consacrées, ni les dogmes de l’histoire officielle, ni les clichés du marxisme-léninisme. L’irrespect étant le propre de l’ivrogne, celui-ci s’abandonne à la joie sacrilège de secouer tous les cocotiers. Le rire où nous entraîne ce crescendo de fantasmes n’exprime rien d’autre que le désespoir absolu auquel un univers clos réduit quiconque tente de s’évader.

Pendant toute cette improbable journée dans le train qui relie Moscou à Pétouchki, on baigne dans les vapeurs d’alcool et les élucubrations d’un hommes ivre de vodka,  de tristesse et d’amour .. C’est énorme, tragique, drôle à en pleurer ….surréaliste, absurde…érudit, iconoclaste, bourré d’allusions, de sentences, de citations..un ivrogne cultivé, féru d’antiquité, de statistiques, de politique..romantique…dégoulinant..croit aux Anges, se moque de Dieu, du Diable, y croit, n’y croit plus..dénonce l’intolérance, survole un monde d’inégalités, raconte des fables..somnole. A des morceaux d’anthologie succèdent des délires et des angoisses ; un voyage en enfer et en rébellion..l’alcool le permet….le verrou saute…feux d’artifice entre « dégueulis » et aphorismes délicats.

Le livre a circulé en samizdat sous Brejnev, recopié à la main, dactylographié..on se le refilait sous le manteau, comme une bouffée d’air frais, de liberté de penser dans un pays où c’est interdit. C’est  un crime, alors cracher sur les héros nationaux….il transforme le fameux livre de Lénine « Que faire? » en un non moins fameux « Que boire? »qui revêt pour lui une intérêt autrement plus vital!

Prend-il ou non ce foutu train..on ne sait pas vraiment mais peu importe…c’est le train de la vie et dans le wagon, tout le monde est ivre, c’est la seule façon de parler vrai des choses essentielles.

Poème épique et tragique, grosse farce pleine de clés et d’irrévérence ; un  hommage aux âmes mortes de Gogol ?

oui l’auteur était un alcoolique, mais aussi un écrivain qui concocte ici des cocktails mortels à base d’ingrédients incroyables…eau de cologne, vernis à ongle, white spirit, , déodorant, bière, vodka, vin rouge..mais aussi des cocktails de fantasmes et de rêves, de dérision et de désespoir…en  appliquant toujours les règles du sacré saint matérialisme soviétique…il en fait des graphiques, établit des statistiques, des axiomes  pour mesurer l’absurdité d’un monde où l’espoir n’est plus  » Tous les hommes de valeur, en Russie, tous les gens utiles au pays buvaient comme des trous. Tous les gens honnêtes, en Russie, buvaient.Et pourquoi buvaient-ils ? Ils buvaient de désespoir. Ils buvaient parce qu’ils étaient honnêtes. parce qu’ils n’étaient pas en mesure d’améliorer la condition du peuple…Les ténèbres de l’ignorance ne cessent de s’épaissir et la paupérisation s’accroit en valeur absolue ! vous avez lu Marx ? En valeur absolue ! autrement dit, plus ça va, plus on boit (….) Ainsi jusqu’à nos jours, jusqu’à aujourd’hui! »

Il boit pour oublier qu’il est seul à douter. En face rien que des gens sûrs d’eux, qui croient en quelque chose.. c’est une faute de douter, le doute est une porte ouverte à la critique …impossible dans cette société communiste.Verve satirique , larmes à travers le rire..tragédie antique et bouffonne qui se terminera mal..pas d’issue. Erofeiev meurt en 1990 à 52 ans.

Ce voyage dans l’âme d’un peuple et d’un homme m’a complètement sonnée.

29 octobre 2011 at 12 h 54 mi Laisser un commentaire

Limonov

Emmanuel Carrère

Le Mot de l’éditeur :« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »

Un livre passionnant, biographie pleine de sève où le héros est un véritable personnage de roman ; Limonov, voyou et écrivain, punk et fasco…un homme, un « vrai »(?), grand baiseur, grand buveur, grande gueule revendiquée aimant la bagarre, attiré par les méandres sombres de la pensée,de l’amour de la politique .  L’auteur est complètement fasciné par son sujet, on le sent admiratif, mais aussi  jaloux de cette énergie et de ce culot… il a osé lui !…Sortir de son bled pourri, partir, jouir, taper, écrire, « niquer » et se » faire niquer », faire la guerre, créer un parti politique, aller en prison, profiter du système, cracher dans la soupe..!
Histoire d’une ambition, d’une absence de scrupules…se met en danger pour mieux sentir la vie…c’est sûr, il n’est ni gentil, ni correct cet Edouard, avec son  désir permament de se mettre en avant, son admiration pour les chefs de bande, les maffieux ou l’extrême droite. Mais l’homme est plus compliqué qu’il n’y parait ; il est toujours du côté des minorités, porte à ses femmes un amour véritable et au peuple russe un attachement viscéral. Une existence hors normes, des aventures risquées qui nous font parcourir l’histoire russe de ces cinquante dernières années avec ironie et justesse…on croise Brejnev, Eltsine, Gorbatchev,  Rostropovitch, Brodsky, Soljenitsyne mais aussi …Jean Edern Hallier, Kasparov, Karadizc….bien d’autres encore..on ne lâche pas le bouquin!  Dans un style clair, sans fioriture, Carrère  raconte  et décortique  ce personnage de  salaud heroïque avec beaucoup de naturel et de sincérité…il ne sait quel parti prendre à son sujet… que penser face à une telle rage de vivre ? Sa vie, Limonov l’a écrite dans les nombreux livres qui racontent son itinéraire :  Cognac Napoléon, Autoportrait d’un bandit dans son adolescence, Le poète russe préfère les grands nègres, Le grand hospice occidental, Discours d’une grande gueule coiffée, Journal d’un raté.…Une mise en scène de l’artiste en perpétuelles performances ? Mais ses lâchetés, ses forces, sa vitalité , ses contradictions, son désir de reconnaissance, sa violence,  ne sont-elles pas aussi un peu les nôtres et celles d’une société moderne où l’argent, la célébrité et le matérialisme tendent à remplacer la morale ?
Je viens d’acheter  Journal d’un raté..pour me faire une idée de l’écrivain..Il me titille ce personnage..un rôle qu’il se donne? seulement ça ? Qu’a-t-il dans le ventre et dans la tête ??

25 octobre 2011 at 14 h 30 mi 6 commentaires

Dans les forêts de Sibérie

Sylvain Tesson

L’éditeur : Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Air pur et paysages de rêve, nature preservée et vodka a volonté ; après avoir parcouru le monde, avalé des kilomètres, bouffé du bitume et de la poussière, l’auteur décide de se poser.

L’occasion d’un voyage intérieur pour digérer ce qu’il a vu.. réflexions sur son hyperactivité d’alors et son désir d’arrêter tout, étonnements d’un homme plein de contradictions..misanthrope Tesson ? Parfois, mais aimant rire, boire et manger en bonne compagnie..la quarantaine, l’amour..plutôt un chagrin d’amour-qu’on vit en direct avec lui-me le rend très touchant.. il « devient » russe (mais je crois qu’il l’était avant)..alternant  léthargie et agitation, réflexion et action, dépression et excitation.

Le livre révèle un homme sensible mais aussi  réaliste qui appelle un chat un chat..contrairement à d’autres « hommes des bois » qu’on voit mal avouer leurs excès ! je n’arrive pas à imaginer Thoreau beuglant des chansons osées un verre à la main!  On découvre une nature vierge et sauvage, splendide Sibérie, magnifique lac Baikal – que j’ai eu le plaisir de contempler il y a quelques années – avec ses eaux hypnotiques et changeantes. Descriptions adorables de mésanges venant  picorer à sa fenêtre, traces de phoques, promenades avec ses chiens, coucher de soleil..respect et admiration de toutes formes de vie animale ou végétale qui arrivent à se développer dans cet environnement si rude ; vivre au rythme des saisons, se sentir ne faire qu’un avec ce qui nous entoure…une sensation qu’il sait partage avec nous..il trouve les mots, les lectures, les silences pour le faire, très bien.

c’est si beau, alors bien sûr on a envie de partir là-bas.      Attention ! pas si facile….Dans sa cabane, il dort  avec un couteau sous l’oreiller, se saoule de temps en temps..seul ou pas…divague doucement, dangereusement parfois mais découvre enfin le temps  de ne « rien » faire, de laisser flotter son esprit au grès des nuages et des vols de migrateurs.. un temps suspendu auquel succèdent des activités de survie , des projets spontanés, des départs précipités, visites impromptues. Une liberté d’action et de réflexion qui donne le vertige…alors Tesson se donne des repères …indispensables pour ne pas se perdre complètement.

Sa cabane reste, malgré son côté spartiate, celle d’un occidental..en bois patiné, belle lumière, couleurs fauves, étagères de vieux bois, poêle en fonte ..il a arraché tout le vieux lino et le plastique qui recouvraient les murs et le sol au grand étonnement des Russes qui se fichent complètement de l’esthétique…Tesson n’a pas encore atteint ce stade ! Mais surtout, il a choisi avec beaucoup de soins les livres qu’il a emportés ..ceux qu’il n’a pas eu le temps de lire, qu’il veut relire, des auteurs difficiles, de la philo… des compagnons qui prendront dans le silence , la solitude et l’éloignement toute leur valeur et leur dimension spirituelle.

Un hymne sincère à la nature, à la solitude qui ne trompe pas, à la chaleur humaine ou à la « connerie » aussi …quand les hommes débarquent chez lui il ne sait pas si c’est pour le  tuer ou l’inviter à prier, à boire ou à partir se promener… Extraordinaire pays où se côtoient violence et douceur, mysticisme et barbarie. Reste le cadre. Somptueux.

J’ai adoré ce voyage intérieur d’un homme qui ne nous cache rien de ses forces et de ses faiblesses.

13 octobre 2011 at 9 h 46 mi 2 commentaires

Au bord du monde

Astrid Wendlandt

Le Mot de l’éditeur : Jeune journaliste, c’est lors d’un reportage qu’ Astrid Wendlandt découvre le peuple des  Nenets, éleveurs de rennes à proximité du cercle polaire. aimantée par la force de vie de ce peuple, elle décide de partir explorer les royaumes de Borée. La jeune femme nomadise avec eux dans la toundra sauvage, partageant leur vie de longs mois pour tenter de comprendre comment la culture nenets a survécu aux tyrannies des tsars, aux collectivisations forcées et à l’anarchie qui a suivi l’effondrement du régime communiste. Pourquoi et comment n’ont-ils pas encore été engloutis par la modernité ? Le mystère des Nenets, leurs croyances et leurs coutumes invitent à penser qu’il reste encore quelques arpents de la planète où la beauté, la magie et le sacré sont à portée de main.

L’aventure au bout du monde pour cette fille courageuse et têtue ; envie de toucher du doigt son rêve, partir là haut au royaume de Borée :  » Me voici au bord du monde, enfin ! je m’approche de l’eau(…) autour de moi tout est vaporeux et blanc. Je marche aveuglée. Quelle sensation étrange. J’ai la chair de poule, je me sens perdue., j’avance dans le coton. Ai-je passé une de ces portes secrètes de l’Arctique ? Comment le savoir  (….) Le ciel est si bas que je peux voir par delà les nuages ! Mes pieds touchent terre mais j’aperçois la mer et la toundra comme si ma tête transperçait le ciel. J’ai envie de crier « 

Par trois fois elle partira au pays des Nenets, ces pasteurs du Grand Nord sibérien qui nomadisent encore  près de la mer de Barentz ; avec eux elle sillonnera la toundra, dormira sous le tchoum, partagera leur repas de renne bouilli. Malgrè le rouleau compresseur du stalinisme et les mirages de la modernité, c’est un peuple qui résiste. Certains se perdent dans la violence et la boisson,  mais ceux qui conservent leurs coutumes sont forts d’une vie libre et difficile au service des rennes, leur survie ; une planche de salut qui  permet à ce peuple secret de garder et de transmettre une culture millénaire en communion totale avec la nature et les éléments.

Astrid a l’ âme russe, mystique et pragmatique ; une baroudeuse qui affronte crânement dangers et obstacles. Elle rencontrera des brutes (son compagnon de voyage finira par la battre!) mais aussi  des gens formidables, des femmes fortes, fières de leur peuple.

Elle dresse un tableau terrible de la Russie..le gaz qui bouleverse tout, les fantômes des milliers de prisonniers du goulag engloutis dans le froid et l’oubli, l’alcool, le sol qui se réchauffe..un monde en survie,  oui mais un monde fascinant, d’une grande spiritualité…grands espaces infinis et désolés où on se perd, territoires  vertigineux dans lequel l’homme essaie  d’exister au milieu des esprits  qui habitent ces immensités gelées. Terres de chamanes.

Un livre plein de chaleur et de générosité,  écrit par une fille du Nord ; elle vient du Québec, enfant des bois et des vents qui, ressentant un appel irrésistible vers ces espaces gelés nous fait aimer et découvrir l’antique civilisation du renne qui subsiste encore là bas.

 

Lu pour le challenge « récit et carnet de voyage » de Thiphanya

Choco avait bien aimé aussi

29 avril 2011 at 13 h 22 mi 7 commentaires

Chagall en Russie tome2

Joann Sfar

L’éditeur : Par amour, le jeune peintre Chagall a décidé de construire un opéra dans son village. Tout le monde s’y met, les cosaques, Jésus, le violoniste et l’égorgeur… dans une folie exubérante. Mais la violence antisémite balaye la farandole et le folklore. Le conte yiddish se termine ici : « Ça serait indigne, quand on va dans cette époque, dans cette région, de s’en tenir au Violon sur le toit. C’est un récit sur les gens dont on ne veut plus, qui savent qu’ils vont disparaître et qui ne savent pas où se sauver. » dit Joann Sfar.

J’avais bien aimé le Tome 1 celui-ci est plus confus., moins poétique, plus dans le réel.

L’ histoire part un peu dans tous les sens, elle est pleine de symboles, de détours, de messages ; on a parfois du mal à se laisser prendre par  la farandole des personnages. Beaucoup de sang et de tueries -la peur rôde- Chagall tente de fuir par le théâtre la terrible réalité du Shtetl ; c’est  le théâtre de la mort, symbolique, fou..un théâtre où on représente le drame de la vie ; mais on n’y tue pas, on fait semblant ; hélas,  ce n’est qu’un rêve impossible ; la barbarie est omniprésente pour les Juifs à cette époque en Russie..massacres, lendemains incertains.

Entre mort, amour et ésotérisme, Chagall ne peut se réaliser que dans la fuite. Dessiner,   prendre de la distance , sauver les gens en les faisant revivre dans ses oeuvres, sublimer, les faire entrer dans ses tableaux pour qu’ils existent à jamais…et puis voler, survoler tout ce malheur pour aller vers la lumière, Dieu, les images, la couleur..De beaux dessins inspirés et suggestifs, tordus et tendres, durs et coupants avec les couleurs qu’il faut nous font entrer dans la tête de l’artiste….

une BD où il faut aller au delà de l’histoire un peu trop compliquée parfois ; il faut surtout regarder les images, rentrer dans la ronde et les obsessions du peintre telles que nous les suggèrent Sfar.

7 avril 2011 at 20 h 31 mi 4 commentaires

Laitier de nuit

Andreï Kourkov

Présentation de l’éditeur: Maître-chien à l’aéroport de Kiev, Dima a volé ce qu’il pensait être des ampoules de drogue. Résultat: d’affreux truands sont à ses trousses. Curieux, il teste la substance sur son chat qui se prend désormais pour Superman, attaquant un pitbull enragé et des criminels armés. Ces ampoules circulent au marché noir dans toute la ville, provoquant moult situations rocambolesques. Que contiennent-elles donc?

Bien loufoque, on sourit  mais comme  engourdi par le froid ukrainien et surtout par  la longueur de l’histoire ; une  histoire interminable et lactée qui parle de mère nourricière, de fromage salvateur et de bain de lait humain rajeunissant…. autres ingrédients de ce gâteau légèrement bourratif :  un maître chien malhonnête, une mère exemplaire et courageuse dotée de seins généreux, des ménages aux vies un peu bizarres, un pharmacien génial, des politicards véreux mais touchés par la grâce ou par les effets d’un drôle de médicament, la religion comme une panacée ; Unité de lieu, de temps (froid et neigeux) de ton…humour et tendresse, fantaisie et bons sentiments. Beaucoup d’imagination et une écriture vivante et drôle  qui auraient dû engendrer un très bon livre !

C’est vrai qu’il nous donne l’impression de bien connaître Kiev et ses habitants, leurs galères, les prérogatives des gouvernants, les trafics, les coins sympas, les parcs. Mais la fin est bien trop normale et le  récit trop délayé;  alors on a moins envie de continuer, ne voyant pas trop où l’auteur veut en venir.. on tourne en rond.

Dommage que ce soit trop répétitif car certaines propositions de réformes  sont  intéressantes.  Quelle bonne idée de faire gouverner « une société de psychopathes par des psychiatres » ou de faire siéger des somnambules au Parlement qui, du coup, se réunirait uniquement la nuit quand les bonnes gens dorment.

Par contre j’ai adoré les animaux de l’histoire…surtout les chats qui ici sont terribles !

3 mars 2011 at 16 h 34 mi Laisser un commentaire

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