Posts tagged ‘Randonnée’

Sur le chemin des Ducs

Bernard Ollivier51OKTl+MKYL

L’éditeur : Retenu, depuis trop longtemps à son goût, loin des sentiers, Bernard Ollivier, en marcheur et en amoureux de la nature, est reparti sur une route de pèlerinage peu connue, le chemin des Ducs de Normandie, allant de Rouen au Mont-Saint-Michel. Sur les traces de l’histoire, dans des départements qu’il connaît bien pour y avoir vécu, l’auteur de Longue marche dit son goût pour l’aventure moderne et intime de la randonnée. Tout au long des kilomètres parcourus en duo pour la première fois de sa longue carrière de marcheur solitaire , il constate les changements de sa Normandie natale. La fermeture des usines et l’exode rural n’altèrent pas l’éternelle beauté de ses bocages, de ses vallées. Lieu de mémoire et de légendes, la Normandie demeure mystérieuse, gardienne de trésors qu’elle ne partagera, au creux d’un chemin, qu’avec ceux qui sauront lui donner du temps.
Une jolie balade un peu nostalgique sur les chemins normands.
C’est l’automne, le paysage est magnifique ; bocage, forêt dorée, chemins creux, vieilles maisons
Le rythme est lent…ce n’est plus le même marcheur que celui de la Route de la Soie ! Il prend son temps sur le chemin des souvenirs et de l’histoire de France. C’est aussi son histoire car il est d’ici..De l’émotion à parcourir les lieux de son enfance, à noter les changements.
Le chemin n’a pas été parcouru d’une traite et je trouve que c’est dommage..le souffle manque un peu, l’enthousiasme semble retomber à chaque interruption. Par contre, j’ai aimé partager avec lui ses impressions sur les bienfaits de la marche, la difficulté à reprendre la vie « normale » après une longue randonnée.
Et puis, on apprend des choses bien sûr..mais je suis un peu déçue..la traversée de la baie ne l’enthousiasme guère…On a le sentiment que parfois, il se répète
Heureusement, son humour est toujours vif et il y a cet amour des arbres et de la nature qui illumine cette marche et la rend attachante.
Merci à Babelio et aux Editions Phébus pour cette lecture.

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13 juillet 2013 at 20 h 05 mi Laisser un commentaire

Promenons-nous dans les bois

Bill Bryson81cKJtMcgFL._SL1500_

Quatrième de couverture : Rentré aux Etats-Unis après des années d’absence, le désopilant Bill Bryson a voulu faire un retour à la nature en s’attaquant à l’Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie. Dans cette aventure qui mêle histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon de marche son vieux copain d’école, Stephen Katz. Le problème, c’est que Katz préfère regarder des épisodes d’X-Files dans les motels. L’autre problème, c’est qu’en se promenant dans les bois on risque de croiser d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur : des ours, d’autres randonneurs, sans oublier les plantes toxiques qui vous rendent plus vert qu’un Martien. « Jamais un bouquin ne m’a fait autant rire ! » s’est exclamé Robert Redford, qui l’a élu comme livre de chevet.

A la redécouverte de son pays, Bryson ( dont j’avais apprécié « Motel Blues ») nous entraîne du Maine à la Géorgie dans une Amérique sauvage, le long de l’Appalachian Trail où il fait (plus ou moins ) bon crapahuter. Tout en cheminant, il raconte la Grande et les petites histoires des régions traversées….anecdotes macabres ou drolatiques, d’ordre géologique, écologique…. Une mine d’infos alors que la forêt nous entoure, les torrents chantent et les ours guettent…. Mais attention!! il vaut mieux avoir de l’humour face à certaines situations ou certains randonneurs parfois plus redoutables que des serpents à sonnette !

apa C’est un carnet de voyage très réjouissant (merci à Gwenaëlle de me l’avoir signalé). Il m’est arrivée de pouffer au détour d’une remarque, surtout lors de l’achat du matériel et de la préparation « psychologique » du randonneur qui prête une oreille frémissante à toutes les  choses horribles qui peuvent arriver sur le parcours, y compris dans un film comme « Délivrance » qui fut tourné là où débute le périple !

Pas du tout la même ambiance que dans « Wild », c’est sûr. Moins d’émotion et de tensions, des motivations différentes. Mais l’Appalachian Trail n’est pas une mince affaire et même si les deux compères n’en feront qu’une partie, ils sont loin d’avoir la forme olympique. Heureusement que sous la plume de Bryson même les galères se transforment comme par miracle en prétexte à se moquer ( surtout de lui-même) apprendre ou s’émerveiller car tout n’est pas rose dans cette partie du monde ; l’air de rien, le nez au vent, il trace un portrait  plein de saveur et d’émotion d’une Amérique profonde (petits villages isolés, villes endormies) attirant notre regard sur une nature sauvage en danger (tourisme effréné, paysages saccagés, arbres malades).

J’aime beaucoup sa fierté enfantine d’avoir, avec son copain Katz, alcoolique repenti (pas tant que ça en fait…) fait ce retour à la vie sauvage : « Nous avions fait 800 km depuis notre départ d’Amicalola. Il y avait de quoi être fiers. Nous étions de vrais randonneurs maintenant. Nous avions chié dans les bois et dormi avec les ours. Nous étions devenus et serions pour toujours des hommes des montagnes. »

Il retrouvera Katz plus tard pour faire une partie plus sauvage de l’AT. Mais tout comme ils ont abandonné ce tronçon, j’aurais bien fait pareil avec la dernière partie du livre ; la connivence avec son compagnon n’est plus, ils sont déçus….Moi aussi…..On le sent dans le récit qui aurait gagné à s’arrêter à la page 227 ! Ensuite,   passez votre chemin ou attendez vous à quelque chose de plus pédagogique et un brin soporifique. A part ça c’est un livre très chouette !
Robert Redford l’ a parait-il adoré et en a acquis les droits cinématographiques pour devenir Bill à l’écran. Reste à savoir qui peut jouer Katz ? bill-bryson

29 mai 2013 at 13 h 00 mi 2 commentaires

Immortelle randonnée

Jean-Christophe Rufin41cyKCdVGlL

L’éditeur : Jean-Chistophe Rufin a suivi à pieds, sur plus de 800 km, le « Chemin du Nord » jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
« Chaque fois que l’on m’a posé la question « Pourquoi êtes-vous allé à Santiago ?», j’ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’y engager ? On est parti, voila tout. »
Galerie de portraits savoureux, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d’autodérision plein d’humour et d’émerveillement, « Immortelle randonnée » se classe parmi les grands récits de voyage littéraires.

Ambassadeur, Académicien, bourlingueur, alpiniste, fondateur de « Médecins sans frontières »….Qu’est-ce-qui a pris à Jean-Christophe Rufin de partir sur les chemins de Compostelle ? Peur d’avoir le grosse tête, désir de faire le point, moment d’égarement ? Etrange attitude d’un « mondain » qui, sans trop savoir pourquoi, finit par succomber, »victime » d’un appel irrationnel, d’une quête dans laquelle il nous entraîne avec humour et émotion.

Il part et peu à peu s’allège au propre comme au figuré. Les anciennes priorités rétrogradent, de nouvelles apparaissent – si simples – manger, marcher, dormir, partager. Et cheminant,  place à la foi ( un temps seulement), à l’histoire et puis enfin au plaisir d’être sur terre de profiter de la pluie, du soleil, de la mer. Ne plus penser, jouir simplement de faire partie du Tout. Voilà ce qu’il raconte, comme étonné d’avoir ressenti avec force la légende du chemin, l’authenticité de ses effets.

C’est plein d’ironie sur lui, les autres .. les tribus de Compostelle. Il y a les Vrais de Vrais (chaussettes-qui-puent et pieds cornés) , les Faux « un peu » (petit sac, petit parcours ou logistique qui suit) les purs, les fous, les gourmands, les « Tartarin » . Beaucoup d’anecdotes mais aussi de vrais moments d’émotion quand il décrit les paysages, les petits matins..compagnons de voyage, nuits blanches, découragement….On suit les étapes de son initiation au fil d’un  chemin parfois bien moche, souvent magique toujours inattendu.

Il dit bien la difficulté de fermer cette parenthèse après des jours avec soi-même, dans une nature qui enveloppe et rend à une totale vacuité. Mais il gardera toujours en lui le souvenir d’avoir mis ses pas dans ceux de millions d’autres. Une certaine idée du temps qui passe, de ce qui à travers les siècles et les cultures reste inchangé. C’est cela que j’ai aimé dans ce livre, il nous parle de lui mais aussi de nous tous, de ce fil qui relie tous ceux qui ont parcouru le Chemin.

23 mai 2013 at 9 h 22 mi 2 commentaires

Wild

Cheryl Strayedwild

L’éditeur : Marcher pour survivre et partir seule pour avaler 1700 kilomètres du « chemin des crêtes du Pacifique », un parcours de grande randonnée abrupte et sauvage de l’Ouest américain. Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile un sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour affronter les fantômes de son passé, elle choisit instinctivement de s’en remettre à la nature. Elle affronte les rigueurs des déserts puis des sommets et se fond dans la beauté grandiose et solitaire des paysages. Au long du chemin, elle va renouer avec elle-même pour finalement retrouver sa voie. Franche, dynamique, un brin déjantée, la jeune femme nous livre un récit touchant, une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Un chouette bouquin qui donne la gnaque !

photo-topo- Une fille de 25 ans sur les sentiers escarpés des Rocheuses, du Mexique à l’Oregon ; une nature sauvage et changeante, des conditions éprouvantes. Ses seuls compagnons…un  énorme sac qu’elle nomme affectueusement  Monster et un fantastique courage …comme un ultime coup de pied pour ne pas rester au fond d’un océan de larmes..une mère adorée morte d’un cancer à 50 ans, une vie brisée, la drogue, la mal être, les questions sans réponses.

la souffrance physique pour oublier la souffrance morale..la dépasser  pour exister enfin au monde ..un monde d’une beauté époustouflante qu’elle nous fait partager avec des descriptions très belles, très imagées, comme les décors panoramiques d’un théâtre géant..émerveillement devant toute une nature préservée qui palpite et qu’elle redécouvre dans la douleur.. ampoules, blessures, soif, peurs, faim. Une quête initiatique racontée sans emphase mais avec des mots qu’on comprend…marcheur ou pas. C’est parfois drôle, toujours juste et touchant.

strayed  Incroyablement tenace, elle trouve les ressources pour continuer quoiqu’il arrive. Mais Cheryl est une solitaire qui aime la compagnie ; les épreuves rapprochent et sur le chemin, on est tous égaux. Elle y fera des rencontres formidables, nouera de véritables relations de partage, de joie et de sensualité.

J’ai aimé ses mots simples et vrais, qui donnent l’impression d’être à ses côtés pour voler au dessus des montagnes, se désaltérer à l’eau glacée d’un lac, admirer une biche, chanter pour oublier sa peur, connaître une insatiable faim de tout.CAYO-PCT-2407.ou simplement goûter au plaisir simple d’enfiler un vêtement propre ou de prendre une douche chaude !

Sensibilité d’une écriture à l’unisson de ce qu’elle ressent et de ce qui l’entoure..Beaucoup de force émane de son aventure. Au fil de ses pas, on la voit renaître. Amoureuse des livres qu’elle emporte avec elle, elle les brûlait après les avoir lus. Pas de trace. Il faut tourner la page,  tailler sa route..tendue vers l’avenir. Ce récit lumineux donne l’envie de faire des projets, d’aller à l’essentiel, de tenir bon….et de découvrir ces paysages sauvages qu’en son temps John Muir avait déjà célébrés. Une leçon de vie. Un livre à garder et à offrir !

On parle d’en faire un film et l’adaptation du roman serait confié à Nick Hornby …. à suivre

« Depuis que j’avais pressé la détente en posant le pied sur la neige, tous mes sens étaient en éveil. Malgré mes hésitations, je sentais que je faisais le bon choix en continuant comme si l’effort en lui-même était ce qui importait le plus.. Comme si la beauté intacte de la nature qui m’entourait pouvait me rendre intacte moi aussi, en dépit de tout ce que j’avais perdu, de tout ce qu’on m’avait enlevé, de toutes les choses regrettables que j’avais fait subir tant aux autres qu’à moi-même (…). Moi qui doutais de tout, j’avais une certitude : la nature sauvage me nimbait de sa clarté. »

15 mars 2013 at 14 h 18 mi 7 commentaires

Ethiopie Pays Hamer (4)

          « Le Saut du Taureau » marque l’entrée de l’initié dans le monde des adultes. Vêtu sans apparat, il a défait ses tresses.  On amène les vaches, chacun se prépare  pour la cérémonie. DSC_8214DSC_8220DSC_8202DSC_8244DSC_8212

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28 décembre 2012 at 7 h 17 mi Laisser un commentaire

Voyages avec un âne dans les Cévennes

Robert Louis Stevenson

Photographies  Nils Warolin

l’éditeur : Photographe, découvrant voici plusieurs années les Cévennes et la beauté libre de leurs paysages, Nils Warolin a séjourné à de nombreuses reprises dans cette région, y retrouvant les traces de Robert Louis Stevenson. Parcourir ce pays sauvage et secret, presque inchangé depuis le voyage de l’écrivain écossais en septembre 1878, du Monastier (en Haute-Loire) jusqu’à Saint-Jean-du-Gard (non loin d’Alès), c’est partager une approche sensuelle et poétique de la nature où le voyage dans le monde se double d’un itinéraire intérieur. Stevenson ramena de cette marche sur le chemin des bergers, dans l’ombre encore de la guerre des Camisards, un texte devenu mythique ; les photographies de Nils Warolin restituent cette superbe traversée initiatique de douze journées d’automne au coeur des vastes plateaux volcaniques du Velay, des crêtes dénudées du mont Lozère et des vallées des montagnes cévenoles.

Un des plus beaux et des plus authentiques livres écrits  sur le plaisir de la marche  ; ravissement de dormir à la belle étoile, de parcourir chemins et montagnes en toute liberté ; un précis de bonheur et de curiosité…des gens, des lieux, des croyances..tout regarder sans juger seulement être parmi les hommes et les choses cotoyer  les arbres, les animaux,  les couleurs du levant, les flammes du couchant, le monde ; ne faire qu’un avec lui.

Stevenson chemine avec  Modestine à travers  le pays des Camisards ; prétexte à raconter cette guerre,  revoir les lieux, évoquer les souvenirs …on apprend, oui, mais surtout, on respire, on grimpe,  on sent, on frissonne, on transpire avec lui..hâte d’arriver en haut de la colline pour voir ce qui l’attend ensuite !

Une langue, belle évidente, accessible, qui nous parle toujours avec autant de justesse …humour (écossais), tendresse, philosophie, religion, la vie, les femmes… Tout en marchant, il réfléchit, se raconte, s’épanche, éprouve, rêve… la tête libre et fraîche, pas d’érudition ici, c’est léger et  profond, spontané. Les mots  n’ont pas vieilli, ils nous parlent encore si bien la langue de ceux qui marchent  la tête dans les étoiles

Des anecdotes savoureuses : Modestine qui  sourit quand le bât tombe à terre, la perplexité des paysans devant ce premier sac de couchage, des déceptions, des difficultés à trouver un chemin, de l’ombre, un terrain plat pour se reposer; mais surtout de grandes joies presqu’enfantines, la beauté des paysages, et surtout leur diversité..forêts profondes du Gevaudan, châtaigniers de Lozère, vignes du sud ; tout change..maison, lumière, religion, odeur, caractères des habitants.

A lire, relire emmener, savourer, mieux qu’un topo guide, un manuel de vie  ; un régal décuplé par les magnifiques photos de Nils Warolin.

 » Voyager en se laissant traverser, toute résistance brisée, par le poème du monde, jusqu’à ressentir l’éclat diamantin de la pure sensation -ce sentiment presque miraculeux quand il vous semble, tout à coup, que vous ne faites plus obstacle. » Michel Le Bris (préface à « L’Esprit d’aventure » de Stevenson)

D’une pierre deux coups 😉 Lu dans le cadre des challenges Nature Writing et Récit et carnet de Voyage

13 avril 2011 at 15 h 00 mi 7 commentaires


Saraswati a dit

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