Posts tagged ‘NEW YORK’

Crépuscule

Michael Cunningham

Le Mot de l’éditeur : Au cœur d’un New York insomniaque, un roman éblouissant sur l’art, le désir, le couple, la mort. Le grand retour de Michael Cunningham pour une œuvre d’une douloureuse beauté. Peter et Rebecca Harris ou le couple new-yorkais par excellence : lui est galeriste, elle est éditrice, ils ont la quarantaine fringante, un superbe loft à Soho, une fille en route pour l’université, des amis brillants. En un mot, la quintessence de la réussite et du bonheur. Jusqu’à l’arrivée de Mizzy, le frère de Rebecca, jeune beauté androgyne de vingt-trois ans au charme ambigu.  Fasciné, envieux de la liberté de Mizzy, troublé par ce prince gracieux et décadent qui lui rappelle tant son défunt frère, Peter va tout remettre en question, ses artistes, sa carrière, son mariage, le monde qu’il avait mis tant de soin à se construire…

New York  la nuit, miroitement de l’eau noire, noctambules ivres, quand la silhouette anonyme du voisin de l’immeuble d’en  face vous  ramène à votre  propre solitude. Les héros sont ici des gens ordinaires qui ont plutôt bien réussi. L’irruption du frère de Rebecca  va remettre en question  les fondements même de l’existence de Peter de sa femme.  Dans un style intimiste, profond et douloureux, l’auteur nous tend le miroir parfait de nos faiblesses et de nos interrogations..Mizzy est  délicieusement dangereux, il attire Peter comme un gouffre ouvert sur  des blessures anciennes et des penchants refoulés.

Symbole de jeunesse, de liberté, d’insouciance..un goût d ‘éternité.Tout brûler, tout quitter pour un regard, une promesse qui ne sera pas tenue..c’est quoi le bonheur ?? L’aventure ou la tendresse d’une épouse, la satisfaction d’un métier qu’on aime ou l’expérience d’une passion qui vous brûle ?

Roman envoûtant et fort qui raconte si bien la complicité d’un couple qui se connaît depuis  longtemps. On se dit (presque) tout. Certes, le mystère est parti, mais la routine est  comme un  nid où se reposer des hypocrisies et des faux semblants. Une belle vie en somme.  Il suffit pourtant d’en entrevoir une autre pour balancer ce qu’on a mis des années à construire…même sa galerie d’Art lui pèse..L’occasion pour l’auteur de  réflexions drôles et  ironiques sur les riches clients  et leurs  lubies, sur les artistes… charlatans  géniaux ou authentiques créateurs.. Un monde de fric où il est difficile d’être sincère.

Peter le héros est proche de nous par ses contradictions et  ses silences.  Il parle de ce qu’on a tous dans un coin de notre tête, de ce quelque chose qui un jour ou l’autre nous fera ou pas dévier de notre route ordinaire.

un magnifique roman qui sème le doute.

ny                       New York par Bérénice Abbott

Lu dans le cadre du Challenge New York 2012 organisé par Emily

14 mars 2012 at 19 h 10 mi 2 commentaires

Le Temps des Possibles : Greenwich Village, les années 60

Suze Rotolo

Le Mot de l’éditeur : «Suze Rotolo et moi avons dû nous croiser d’innombrables fois dans ces rues de Greenwich Village à l’époque où, après la Beat Génération, ce quartier est devenu La Mecque pour les jeunes, les originaux, les artistes doués. C’était une époque magique. Aujourd’hui, les lieux légendaires ont tous été rasés et remplacés par des immeubles d’habitation, mais l’esprit du Village demeure très présent chez Suze Rotolo. »(Joyce Johson) Elle grandit dans une famille d’ouvriers communistes italiens de Queens. En 1961, elle rencontre Bob Dylan dans Greenwich Village et partage avec lui les années où, de simple chanteur de folk, il devient le porte-parole de toute une génération.

Faire un billet sur ce livre me permet, presque un an après sa mort, de rendre hommage à une fille formidable, intelligente,  débrouillarde, cultivée et complètement désintéressée ; elle a vécu dans une Amérique encore puritaine, anticommuniste et ségrégationniste ; elle essaya de faire changer tout ça, et surtout elle permit à Dylan de se réaliser pleinement..ils furent amants, amoureux fous l’un de l’autre ; le succès les sépara mais c’est pour elle, surtout grâce à elle qu’il écrivit ses plus belles chansons d’amour.

Oui c’est un peu mon époque et ma musique, mais le livre va au-delà ;  cette fille représente bien ce que peut être une jeunesse porteuse de générosité, de fantaisie, de liberté et de talent . Ce devait être une fille épatante cette Susie ; les  hippies arriveront un peu plus tard, mais à New York, Greenwich village est encore un quartier ouvrier, authentique ; tu peux manger et te loger pour pas cher…. Des petites scènes, des bars étroits et enfumés où se produisent toutes sortes de musiciens..jazz, folk .. c’est  là que débute Bob Dylan…Greenwich, fantastique laboratoire de créativité sur fond de guerre froide et d’intolérance.

Suze a des parents communistes militants, pas d’argent mais une grande ouverture intellectuelle et artistique. Elle  fera découvrir à Dylan Baudelaire, Verlaine, Artaud, Cézanne, Kandinsky, mais aussi William Blake et Brecht. Il lit beaucoup, s’éveille à la politique…grâce à Suze.

Quelle époque incroyable ! Une atmosphère d’attente et de bouillonnement intellectuel et musical vraiment bien rendue dans ce bouquin ; le style est imagé, simplement sincère et attachant. Beaucoup d’émotion, de précisions, de noms connus qui ne l’étaient pas alors, de confidences, de questionnements.

«Nous étions à la recherche de poésie, et nous la trouvions l’un dans l’autre. Nous étions tous les deux ultra-sensibles, ce qui rendait notre relation aussi belle que difficile»

  Elle est de tous les combats pour la liberté. Les choses bougeaient, on pouvait les faire bouger : sit-in contre le président Eisenhower et la chasse aux sorcières,  marches pour les droits civiques sur Washington, visites aux  prisonniers américains au Vietnam, voyage à Cuba malgré l’interdiction d’aller là-bas.

Mais en 1963, ne pouvant plus supporter d’être «la nana de Dylan» qui connait un succès grandissant, elle le quitte. Enceinte, elle avorte. . Depuis quelques mois,  Joan Baez est apparu dans sa vie du chanteur.

Suze Rotolo, c’est la fille au bras de Bob Dylan sur la pochette de The Freewheelin’ Bob Dylan . Elle raconte comment cette photo a été prise :  spontanéité, tendresse, la veste en daim de Bob bien trop légère pour le froid glacial et elle, boudinée dans son manteau. Pas de plan « com », la photo reflète ce qu’ils sont alors : amoureux, bohèmes . Pour elle, il y a eu une vie après Bob car elle avait « ses propres talents » mais elle restera pour moi la muse adorable et géniale qui a inspiré les plus belles chansons  de Dylan   dont Boots of spanish Leather et Don’t Think Twice, It’s all Right, The  Times They Are A Changin’

Lu grâce a un swap (merci Thypanie !) et dans le cadre du  Challenge New York 2012, organisé par Emily car je pense que même si ce quartier a bien changé depuis, le livre reflète bien le climat de créativité, de liberté et d’énergie que peut encore dégager une telle ville..on peut encore la voir avec les yeux de Suze..la ville de tous les possibles!

29 janvier 2012 at 14 h 07 mi 5 commentaires

Netherland

Joseph O’Neil

Le Mot de l’éditeur : Hans et Rachel vivent à New York avec leur jeune fils lorsque surviennent les attentats du 11 Septembre. Quelques jours plus tard, ils se séparent, et Hans se retrouve seul, perdu dans Manhattan, où il ne se sent plus chez lui. Il fait la connaissance de Chuck, un homme d’affaires survolté qui rêve de lancer le cricket à New York. Sur des terrains de fortune, Hans tente d’échapper à la mélancolie. Le charisme de Chuck draine une foule de joueurs du dimanche, tous venus d’ailleurs – de Trinidad, de Guyane ou de plus loin encore -, tous persuadés que l’Amérique reste le pays des possibles.
Alors que le monde ne croit plus en rien, eux continuent d’espérer. Au milieu de ces exilés, Hans retrouve un second souffle. Mais qui est Chuck ? Il faudra des années avant que le mystère qui entoure sa véritable identité se dissipe.

New York  après le 11 septembre à travers la fin d’une histoire d’amour; le choc des attentats sur le héros, son couple, sa ville d’adoption.  Une ville dans laquelle il se sentait bien avant, quand  tout n’était qu’énergie et ambition. Par un effet miroir, au lendemain de la catastrophe, tout se désagrège pour Hans ; A la recherche d’un nouveau souffle, sa femme retournée en Angleterre,  il s’entiche alors d’un homme mystérieux,  Chuck. Chuck, un émigré à  l’image d’une Amérique de tous les possibles, mais aussi des interdits qu’on doit contourner et des combines qu’on doit monter pour réussir.

Le héros joue au cricket, beaucoup, souvent ..très longues descriptions fastidieuses mais qui nous donnent l’occasion de découvrir  les nombreuses nationalités qui peuplent cette mégalopole  ; on vient aux USA du monde entier pour une vie meilleure, NY reste un Eldorado, une ville  increvable, encore porteuse de rêves et de force.

Un style classique, un ton mélancolique, nostalgique…qui veut donner à travers une histoire personnelle le  » pouls » de cette  ville blessée…telle qu’on la sent quand on aime, puis  détestée quand on n’a plus la pêche. NY n’est pas pour les losers ! Il parait que le Président Obama a beaucoup apprécié ce livre… On ne doit pas avoir tout à fait les mêmes goûts ! Un roman bien écrit c’est vrai mais trop lent, ponctué de réflexions parfois pesantes…à force d’intérioriser, on perd le rythme d’une histoire qui aurait pu être plus percutante ;  le climat de NY après les attentats y est-il pour quelque chose ? Les Américains l’ont peut-être ressenti de cette façon.

Alors que les problèmes existentiels du  héros ne m’ont pas convaincue, j’ai aimé la façon dont il parle de New York, parcs, quartiers typés, atmosphère désuète et surréaliste de l’hôtel Chelsea. Cette grande ville nous semble plus proche, pulse, inquiète, déborde ; c’est la véritable héroïne du roman ! Contrairement à Hans, tiède, désenchanté..en décalage complet avec cette cité frénétique et omniprésente.

Lu dans le cadre du Challenge  » New York  » organisé par Emilie

17 janvier 2012 at 18 h 59 mi 1 commentaire

Sempé à New York

Sempé

Le Mot de l’éditeur :  Dès son adolescence à Bordeaux, Sempé rêvait de pouvoir intégrer la famille des dessinateurs du New Yorker, le prestigieux magazine américain dont il admirait l’esprit. Ce rêve devenu possible, en 1978, il se rend régulièrement à New York pour travailler avec une équipe qui lui laisse une totale liberté. Bien que Français, Sempé dessine cent une couvertures et autant de «cartoons» en pages intérieures, ce qui est sans précédent dans l’histoire d’un magazine américain.  Ces dessins new-yorkais, dont de nombreux inédits, sont ici rassemblés pour la première fois et accompagnés d’un entretien avec Marc Lecarpentier, ancien directeur de la rédaction et président de Télérama. Ils expriment le bonheur de vivre dans une ville unique, avec ses chats insouciants et ses humains minuscules, sa frénésie, ses nuages, son gigantisme, ses jazzmen et ses jardins oubliés.

Les couleurs d’abord, celles de l’automne, dorées, évanescentes, chaudes…ensuite le dessin..un petit homme pédalant sur un minuscule vélo dans l’immensité de cette ville inhumaine, un chat se prélassant sur un lit douillet entouré de plantes vertes sur fond d’immeubles verticaux et froids…Voilà Sempé à New York, il a réalisé son rêve, dessiner pour le célèbre New Yorker; il est heureux, on le sent ! il aime cette ville, la fait sienne  et nous invite à partager cet attachement. Dessiner New York , la vie, les petits riens qui font tout..les danseuses et les musisciens de Jazz. Légèteté, poésie..que dire d’autre sinon vous inviter à feuilleter ce bel album plein de finesse et douceur. Il montre, suggère, jamais ne juge…ce n’est pas forcément drôle ; on sourit plus qu’on ne rit, d’un sourire  compréhensif, entendu, complice..on cherche, rien d’extraordinaire, ou tout ..comme la crème sur le vrai lait..ce qui fait qu’une journée commence bien ;  il retient ces instants d’harmonie et de bonheur, l’indicible que les poètes nous font entrevoir ; ces moments existent partout dans le monde pour qui sait ouvrir les yeux…….  Et puis les couleurs sont si belles !

A savourer à toute heure du jour sur un air de Cole Porter ou de Gerschwin….

 

7 janvier 2011 at 16 h 22 mi 7 commentaires


Saraswati a dit

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