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Le Temps des Possibles : Greenwich Village, les années 60

Suze Rotolo

Le Mot de l’éditeur : «Suze Rotolo et moi avons dû nous croiser d’innombrables fois dans ces rues de Greenwich Village à l’époque où, après la Beat Génération, ce quartier est devenu La Mecque pour les jeunes, les originaux, les artistes doués. C’était une époque magique. Aujourd’hui, les lieux légendaires ont tous été rasés et remplacés par des immeubles d’habitation, mais l’esprit du Village demeure très présent chez Suze Rotolo. »(Joyce Johson) Elle grandit dans une famille d’ouvriers communistes italiens de Queens. En 1961, elle rencontre Bob Dylan dans Greenwich Village et partage avec lui les années où, de simple chanteur de folk, il devient le porte-parole de toute une génération.

Faire un billet sur ce livre me permet, presque un an après sa mort, de rendre hommage à une fille formidable, intelligente,  débrouillarde, cultivée et complètement désintéressée ; elle a vécu dans une Amérique encore puritaine, anticommuniste et ségrégationniste ; elle essaya de faire changer tout ça, et surtout elle permit à Dylan de se réaliser pleinement..ils furent amants, amoureux fous l’un de l’autre ; le succès les sépara mais c’est pour elle, surtout grâce à elle qu’il écrivit ses plus belles chansons d’amour.

Oui c’est un peu mon époque et ma musique, mais le livre va au-delà ;  cette fille représente bien ce que peut être une jeunesse porteuse de générosité, de fantaisie, de liberté et de talent . Ce devait être une fille épatante cette Susie ; les  hippies arriveront un peu plus tard, mais à New York, Greenwich village est encore un quartier ouvrier, authentique ; tu peux manger et te loger pour pas cher…. Des petites scènes, des bars étroits et enfumés où se produisent toutes sortes de musiciens..jazz, folk .. c’est  là que débute Bob Dylan…Greenwich, fantastique laboratoire de créativité sur fond de guerre froide et d’intolérance.

Suze a des parents communistes militants, pas d’argent mais une grande ouverture intellectuelle et artistique. Elle  fera découvrir à Dylan Baudelaire, Verlaine, Artaud, Cézanne, Kandinsky, mais aussi William Blake et Brecht. Il lit beaucoup, s’éveille à la politique…grâce à Suze.

Quelle époque incroyable ! Une atmosphère d’attente et de bouillonnement intellectuel et musical vraiment bien rendue dans ce bouquin ; le style est imagé, simplement sincère et attachant. Beaucoup d’émotion, de précisions, de noms connus qui ne l’étaient pas alors, de confidences, de questionnements.

«Nous étions à la recherche de poésie, et nous la trouvions l’un dans l’autre. Nous étions tous les deux ultra-sensibles, ce qui rendait notre relation aussi belle que difficile»

  Elle est de tous les combats pour la liberté. Les choses bougeaient, on pouvait les faire bouger : sit-in contre le président Eisenhower et la chasse aux sorcières,  marches pour les droits civiques sur Washington, visites aux  prisonniers américains au Vietnam, voyage à Cuba malgré l’interdiction d’aller là-bas.

Mais en 1963, ne pouvant plus supporter d’être «la nana de Dylan» qui connait un succès grandissant, elle le quitte. Enceinte, elle avorte. . Depuis quelques mois,  Joan Baez est apparu dans sa vie du chanteur.

Suze Rotolo, c’est la fille au bras de Bob Dylan sur la pochette de The Freewheelin’ Bob Dylan . Elle raconte comment cette photo a été prise :  spontanéité, tendresse, la veste en daim de Bob bien trop légère pour le froid glacial et elle, boudinée dans son manteau. Pas de plan « com », la photo reflète ce qu’ils sont alors : amoureux, bohèmes . Pour elle, il y a eu une vie après Bob car elle avait « ses propres talents » mais elle restera pour moi la muse adorable et géniale qui a inspiré les plus belles chansons  de Dylan   dont Boots of spanish Leather et Don’t Think Twice, It’s all Right, The  Times They Are A Changin’

Lu grâce a un swap (merci Thypanie !) et dans le cadre du  Challenge New York 2012, organisé par Emily car je pense que même si ce quartier a bien changé depuis, le livre reflète bien le climat de créativité, de liberté et d’énergie que peut encore dégager une telle ville..on peut encore la voir avec les yeux de Suze..la ville de tous les possibles!

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29 janvier 2012 at 14 h 07 mi 5 commentaires


Saraswati a dit

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