Posts tagged ‘MUSIQUE’

Jeangot 1. Renard Manouche

Joann Sfar

Clément Oubreriesfar

L’éditeur : Jeangot Renart naît dans une roulotte et adopte très vite un petit hérisson du nom de Niglaud. Devenus amis alors que la tradition aurait voulu que Niglaud finisse dans l’estomac de Renart, les deux compères font la manche pour survivre, jouent de la guitare, courent le guilledou et le cachet dans le Paris de l’Entre-deux-guerres…

Jeangot Renart… Django Reinhart…Ici Sfar est seulement scénariste mais les dessins d’Oubrerie lui « ressemblent » drôlement (s’il avait tenu le crayon, les lignes auraient peut être été moins nettes..) Ils sont superbes avec des  couleurs marron-beige-bleutées douces, vintages qui donnent bien l’ambiance de la zone, du Paris de l’époque, des orchestres de bistrots..un bestiaire pétillant de vie, des notes qui volent, ambiance jazz garantie, une bio qui swingue !

D’abord, faut savoir que chez les Manouches, y a des Traditions :

1. Quand il n’y a plus de poules, on mange les hérissons (la BD en donne même la recette…)

2. Les cadeaux de naissance sont sacrés...Niglaud, hérisson de son état en est un..du coup, il sauve sa peau et devient le Jeangot05meilleur pote du ptit Jeangotniglaud et du coup, c’est lui qui raconte…C’est parti pour une aventure délirante et certainement totalement véridique, avec des ptites bêtes drôlement humaines, genre Benjamin Rabier en plus hard..comme le dit Oubrerie sur son Blog :  » Ce sera du lourd, il faudra éloigner les enfants !«  … Un peu cru parfois avec des notions curieuses sur l’anatomie féminine. Faut dire qu’à cette époque les deux compères n’avaient que 12 ans et les infos sur le sujet ne couraient pas les rues ! Mais ils sont sacrément débrouillards pour tout y compris la musique..surtout Renart qui apprend tout seul à l’instinct. Niglaud  le colle tant bien que mal, mais son rôle ici est de raconter alors qu’il joue comme un pied on s’en fiche un peu ! En plus, il raconte plutôt bien…mais avec parfois des arrêts dans le récit -des trucs bizarres -au milieu du livre.. Entracte spatio-temporel : solo de 3 pages du hérisson – devenu propriétaire d’ un magasin de guitares- qui a bien du mal à répondre aux réclamations de ses clients…. Du coup il ferme la boutique, debranche son téléphone et revient à sa biographie.. alors, ça repart de plus belleJeangot-2

Coup d’arrêt malin qui permet au lecteur de reprendre ses esprits pour peaufiner ses découvertes sur la vie du vrai Django, car plein de détails dans cette BD sont (un peu) réels..le feu dans la roulotte, Renart à l’hôpital,l’abandon du banjo pour la guitare, sa drôle de façon de jouer avec seulement trois doigts vu qu’il avait perdu l’usage des 2 autres suite au feu dans la roulotte..

Mais tandis que Jeangot continue son chemin, c’est Niglaud qui a la vedette dans les dernières pages de ce Tome I. Pauvre Niglaud qui, tout en demandant à son éditeur si ce serait de bon aloi, dans la présente BD, de parler d’un gars qui doit faire caca dans un papier journal pour récupérer sa dent en or (???????), se fait bousculer par ledit éditeur Gallimard qui le presse de faire le tome 2 !

S’il est aussi barré et jouissif que le premier, je suis preneuse… De la musique plein les yeux et les oreilles !

Merci aux Editions Gallimard et à Babelio pour ce moment jazz manouche !

tous les livres sur Babelio.com
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17 mars 2013 at 10 h 45 mi Laisser un commentaire

Lang Lang à Pleyel avec le New York Philharmonic

Après Calacas, direction la salle Pleyel et le New York Philharmonic

Je revendique mon éclectisme ! Et puis on avait bien envie de voir et d’écouter « en vrai » Lang Lang.  L’étoile filante qui parcourt la planète se posait à Paris pour un peu plus de 30 minutes de concert !

Le Philharmonic est  dirigé depuis 2009 par Alan Gilbert qui l’a engagé dans l’exécution d’oeuvres de compositeurs américains et de musique contemporaine ; c’est aussi une histoire de  famille..papa et maman sont violonistes dans l’orchestre dirigé par leur fils !

J’aime la musique.  Pas spécialiste du tout, je dirai simplement ici ce que j’ai ressenti au niveau des émotions et de la chaleur qui se dégageait de cette soirée. Alan Gilbert est un homme souriant, la mâchoire carrée, énergique et vibrant ; il  occupe tout l’espace avec un plaisir évident à diriger auquel répond le plaisir non moins évident des musiciens à jouer.

Premier morceau « Feria » de Magnus Lindberg…..Là, j’avoue, je zappe, je n’ai pas aimé, pas compris, des sons forts, pas d’harmonie, abstraction musicale..n’évoque rien..pas envie d’en savoir plus ; c’est mal, je sais…tant pis !

Ensuite, devant nos yeux, l’orchestre se lève, on range les chaises, les partitions, les violonistes partent, changent de côté, un piano surgit sur la scène comme par magie des entrailles du théâtre….J’ai pensé alors  à certains dessins de Sempé qui montrent  les musiciens en coulisse, le monsieur qui place les partitions et se trompe, les blagues qu’ils se font…. tout ça dans la décontraction la plus totale…puis apparait Lang Lang., comme le piano, subitement. Petit, souriant, tendu, la mèche noire, ramassé dans son costume, prêt à bondir sur son instrument !

Il s’installe, je ne le vois que de profil :  Bartok, concerto pour piano n°2. Concentration maximum, complicité totale avec le chef d’orchestre, d’emblée, on le sent. La part belle est faite aux cuivres ;  le piano… les doigts voltigent comme indépendamment du pianiste…. virtuosité, technicité, puissance … On est entraîné et hypnotisé par  son jeu.. on devine une partition hyper compliquée et technique qu’une jeune femme prend garde à bien tourner au bon moment. Il est parti dans son monde, nous avec ; pas trop de mimiques, plutôt sobre.

Le début du deuxième mouvement est magnifique. Les cordes donnent effectivement comme il est dit dans le livret « un effet lunaire et glacé » sur fond de timbale ;  Lang Lang poursuit son martelage inspiré : il prend le temps de regarder, presque d’avaler sa partition ou est-ce une attitude pour mieux coller et se fondre dans sa musique.

Dernier mouvement puissant, grande cohérence, fusionnel avec l’orchestre. Alan Gilbert y est pour beaucoup. C’est déjà fini ! Nombreux rappels. Le pianiste salue, remercie, détendu, en nage, ses yeux noirs enveloppent la salle. Il revient pour Liszt,  montrer qu’il sait aussi effleurer les touches. Un peu cabotin là? …. Ici s’arrêtera sa prestation.

Le concert se termine par la Symphonie n°5 de Prokofiev...c’est « épique et méditatif »( cf.livret) . L’orchestre donne toute sa force et son talent sous la baguette d’un chef généreux et expressif. Beaucoup de jubilation dans leur jeu. Mais j’ai déploré que, la symphonie à peine terminée, beaucoup de gens se précipitent vers la sortie. Pourquoi ne pas profiter encore de cet orchestre et prendre le temps de les saluer ? Snobisme ? Un train à prendre? Du lait sur le feu ? Manque de correction ? Histoire de dire simplement « J’y étais » ???

Heureusement la majorité est restée ! Des rappels. Ils ont joué la Marche de Radetzky, puis un autre morceau au style différent…. une colle pour moi : César Frank ? Gershwin ? J’ai demandé à mon voisin, mais comme il n’avait même pas reconnu la marche précédente je me suis dit que je n’étais  si nulle que ça 🙂 Si quelqu’un peut me renseigner à ce sujet…. C’est fait ! (voir les commentaires) Il s’avère donc qu’il ne faut jamais se moquer de ses voisins et  que le niveau de ma culture musicale correspond à l’indice des températures actuelles : – 10, -15 ! Mais je ne demande qu’à apprendre 🙂

PLEYEL ….  Je n’y étais pas retournée depuis plus de 30 ans, au temps de « Connaissances du Monde » quand des alpinistes (Mazeaud, Rebuffat..etc..) et des explorateurs  nous contaient de vive voix et films à l’appui leurs fantastiques tribulations en Himalaya, en Papouaisie ou en Antarctique!  Tout ça n’existe plus, mais j’ai eu grand plaisir à renouer avec cette belle salle modernisée  pour y passer une excellente soirée.

8 février 2012 at 14 h 39 mi 6 commentaires

Et puis un jour j’ai entendu Bob Dylan

Alain Rémond

Présentation de l’éditeur :Contrairement à ce que le titre laisse penser, Alain Rémond parle ici essentiellement de lui. Dans cet essai autobiographique partiel et partial, il revient sur celui qui a marqué sa jeunesse, et même toute sa vie, sur le choc émotionnel éprouvé à l’écoute des premières chansons de Bob Dylan, sur la façon dont il a vieilli avec lui, avec ses errements musicaux, ses fulgurances et ses impasses. Alain Rémond nous fait partager les concerts, parfois sublimes, souvent ratés d’une star bougonne qui tourne toujours frénétiquement sur toutes les scènes du monde.

Un livre pour les fans, tous les fans et pas seulement ceux de Dylan, un livre pour comprendre ce que c’est d’être accro à un artiste, dépendant, dingue, à l’affût…capable de parcourir la terre entière pour le voir en concert, dépenser des sommes folles pour un disque, collectionner  revues, photos, interviews, bandes pirates..et plaisir suprême, frémissement de tout le corps, serrer la main de l’idole, réussir à aligner deux mots pour lui dire qu’on l’aime..

« Avec Dylan, je suis sauvagement subjectif. Je suis de son côté. je lui passe tout (presque tout). Je lui pardonne tout (presque tout). Je n’ai aucune distance. alors qu’il le faudrait, je le sais bien. C’est comme une maladie. Grave, si ça se trouve. une névrose obsessionnelle. Il faudrait que je me soigne. Mais je n’en ai pas la moindre envie. si c’est une maladie, je la chéris. »

Comment l’auteur en est-il arrivé là ?… parce que Dylan lui colle à la peau, à ses désirs secrets, à ses attentes ; c’est le temps de l’adolescence, de la  générosité et de la contestation..liberté, rébellion, adieu vieille Europe ! Tracer sa route, se construire loin de toute contrainte !

Dylan c’était ça, l’époque s’y prêtait c’est vrai..ses chansons, son aura malgré ses crises et ses ratages..et puis ils aiment tous les deux  Rimbaud ! Alain Rémond se projette totalement sur le chanteur, sa façon de vivre, ses chansons qui lui laissent une empreinte indélébile ; un maître à penser, un repère existentiel dans une période clé où il se cherche. La rencontre de sa vie !

L’homme aux semelles de vent ! On les suit tous les deux, à travers  les époques, les bides, les échecs, les succès, les moments de grâce  qui donnent la chair de poule….  « Like a Rolling Stone »,  » Mister Tambourine-man », la voix, l’harmonica, la silhouette filiforme et la voix aigrelette…ça plane toujours..même quand, l’âge venant, le piano remplace la guitare pour cause de rhumatismes (!), l’auteur jubile toujours autant en écoutant son idole; certes, il faut accepter de le voir  vieillir avec soi tout en gardant au fond du coeur  les moments d’éternelle jeunesse que prolongent et ravivent ses mélodies.

Qu’importe la personnalité de Dylan,  son caractère de chien, égocentrique, macho, menteur..on n’en a rien à faire sinon tomber à genoux devant » Last Thoughts on Woody Guthrie « ou » Desolation row, ou Ring them bell « !

Livre barré, généreux, fièvreux, amoureux, hommage à un grand artiste. Quand Dylan chante, Rémond croit dur comme fer que c’est  pour lui tout seul, pour oublier, rêver, partir dans un autre univers, de l’autre côté du miroir dans une communion unique et intense comme révélé à soi même par la magie d’un texte ou d’une ambiance ; se laisser embarquer sur un bateau ivre,  retrouver ses émotions de jeunesse et son esprit de révolte !

« A travers le martèlement fou et mystique

De la grêle sauvage qui déchire tout

Le ciel libère son poème dans le plus pur

étonnement

Et les cloches de l’église

le souffle au loin dans la brise (….)

Et nous regardions briller les carillons de la liberté  » (Chimes of Freedom)

bon à vrai dire, je suis aussi fan de Dylan – c’était un peu mon époque – pas raide dingue comme Alain Rémond mais encore bien remuée en écoutant ses chansons qui n’ont pas pris une ride..elles !

lisez, écoutez,  ça fait vibrer

merci à BOB (Dylan) et aux Editions JBZ & Cie pour ce livre


31 mars 2011 at 8 h 06 mi 7 commentaires

Amazone

Maxence Fermine

Le Mot de l’éditeur :  Un radeau sur le fleuve rouge. Dessus, un piano blanc, et Amazone, un musicien de jazz noir, vêtu de blanc, qui tire de l’instrument des accords mélancoliques?   Pour la poignée d’aventuriers en déroute échoués à Esmeralda, sur les bords du rio Negro, le spectacle est pour le moins inattendu. Qui pourrait imaginer que l’irruption de cet étrange naufragé va les entraîner dans un rêve ?
Pourtant, le colonel Rodrigues, rescapé d’un coup d’Etat manqué, Cerveza, le barman suisse, et Mendes, l’Indien yanomani vont bel et bien se laisser embarquer dans une histoire d’aventures, d’amour et de folie, où l’auteur de L’Apiculteur et d’Opium retrouve les chemins du réalisme magique cher aux romanciers sud-américains.

Un roman fou,  un conte sauvage. Au milieu du fleuve large et boueux, un homme noir avec un piano blanc. Comme si le monde autour de lui n’existait pas, les yeux clos, il joue un air de jazz avec une virtuosité incroyable. Alors même la jungle se tait. D’où vient-il ? Où va-t-il ?….C’est là toute l’histoire. Les chapitres de cette odyssée se nomment : Nulle part, Hasards, Regrets, Chance, Errance, Folie ; car ici, tout se joue sur un coup de dé.  Le destin sait ce qu’il fait….. Ainsi les hommes d’Esmeralda, sous le charme de la musique ou des promesses d’aventures décideront de suivre le piano ou le pianiste -peu importe car ils ne font qu’un- pour s’enfoncer toujours plus loin sur le fleuve, jusqu’au bout du rêve. Aller au bout de ses rêves, d’un amour fou, d’un chagrin immense. Pourtant ceux qui vivent dans cette  forêt sont des hommes perdus, ivres de chaleur et d’alcool. Ils n’attendent plus rien. Mais l’étrangeté et la magie  du piano blanc vont les sortir de leur torpeur pour leur redonner le goût de vivre et de lutter.

 Chapitres courts, haletants, écriture « virile » qui dit l’essentiel ; chaque mot pesé, chaque note calibrée…des couleurs saturées, une atmosphère moite. Il fait si chaud, le temps ne compte pas, seule existe la musique  à l’unisson de la jungle et de son mystère.

Un roman  d’amour et de musique.. notes hommages,  tendres, ensorcelantes..le vrai héros ici, c’est le piano..on ne sait qui décide des notes et des morceaux…le pianiste ou l’instrument ?

Offert par Kloelle  lors d’un swap Littérature et Musique, voilà un livre prenant, très fort, pour qui aime les mots et les notes, les légendes et les forêts profondes  ; il m’a rappelé certains passages des films de Werner Herzog la brutalité en moins…à cause de la musique sans doute … Magique!

8 janvier 2011 at 20 h 54 mi 14 commentaires

SWAP d’automne

L’automne, les feuilles qui tombent, les impôts qui déboulent, le feu qu’on allume dans la cheminée…. et deux SWAPS pour rythmer cette saison que j’aime !

Le premier est organisé par Hathaway et Lectrissima.  Le thème  « Nouvelle Génération « …..Tout à fait pour moi 😉    Des vitamines avant la pluie et le froid. Inutile de vous précipiter…les inscriptions sont closes depuis hier ! Quoique, si vous insistez….

Le second vient de Montréal…c’est  Lucie qui le propose sur son blog  « Clavier bien tempéré » …  et là chic ! On peut s’inscrire jusqu’au 4 octobre   🙂 Le thème : « Musique et littérature ».. Attention c’ est une pro, une passionnée de musique….ça va faire mal !

Allez vite sur leur site voir comment participer à l’aventure !

28 septembre 2010 at 14 h 24 mi 3 commentaires

Les Arts Florissants à Lessay

Non, non, ce blog n’est pas devenu un blog de critique musicale…je n’en ai ni l’intention, ni la compétence ! je voudrais seulement partager avec vous un beau moment d’harmonie et de fête à l’occasion des concerts d’ été donnés à l’Abbaye de Lessay…encore un beau coin pas loin de chez moi, qui prend en ces jours de pleine lune, la musique aidant, des allures mystérieuses.

Des légendes courent sur cette lande de Lessayoù se déroule encore chaque année en septembre une foire millénaire …. millénaire comme l’est l’abbaye.

Vendredi dernier, nous sommes allés fêter le trentième anniversaire des Arts Florissants dans le cadre des XVII Heures Musicales de l’Abbaye de Lessay

Dans ce cadre prestigieux à l’accoustique impeccable, nous avons goûté un magnifique moment sous la « baguette » de William Christie le pionnier de la redécouverte de la musique baroque en France ; au programme, des oeuvres de Jean Philippe Rameau : Anacréon et Pygmalion avec des chanteurs exceptionnels..Alain Buet, Ed Lyon, Sophie Karthauser et Emmanuelle de Negri

je ne suis pas spécialiste de musique, mais parfois amateur de belles voix, de lieux habités. La musique donne  des émotions plus immédiates et plus violentes que  la lecture et  on y raconte aussi des histoires :  Pygmalion amoureux de sa statue ou Anacréon qui chante le vin et l’amour.. Une musique qui nous replonge dans l’ambiance du grand siècle de Louis XIV avec rythme et panache . Des musiciens emmenés par un chef lumineux et énergique..on sent une vraie complicité..et des chanteurs à la diction  impeccable ;  prouesses vocales de Sophie Karthauser ; très belle voix de baryton d’Alain Buet doté d’une  présence impressionnante.

Mais, j’ai surtout appécié la délicatesse et la sensibilité du jeune ténor Ed Lyon (quel nom!!!) et la sensualité , les dons de comédienne et la voix si pleine d’Emmanuelle de Négri.

véritable ovation à la fin du concert !

un plaisir qu’on renouvellera en Août …toujours du baroque…j’adore !

 

25 juillet 2010 at 14 h 36 mi Laisser un commentaire


Saraswati a dit

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