Posts tagged ‘KEROUAC’

Sur ma route

Carolyn Cassadycass

Quatrième de couverture : « Carolyn Cassady est l’une des dernières survivantes de cette bande de « clochards célestes », vilipendés, haïs par l’Amérique laborieuse et puritaine autant qu’adulés par une génération qui fit du chef-d’oeuvre de Kerouac, Sur la route, leur oriflamme de papier. […] Carolyn Cassady raconte sa vie de bric et de broc, de bringues et de brindezingues, un livre touchant où suintent la pauvreté, l’insouciance du lendemain et, surtout, cette amitié si particulière entre Neal Cassady, son mari (modèle de Dean Moriarty), héros de « Sur la route », et Jack Kerouac, le meilleur pote, qui allait devenir l’amant ale Carolyn. » Fabrice Gaignault.

Elevée dans la crainte et le respect des convenances, rien ne prédestinait Carolyn à épouser ce chien fou de Neal Cassady et sa tribu…Allen Ginsberg, Kerouac et les autres. C’est l’histoire d’un amour destructeur, d’une déglingue lucide, le roman  d’une femme forte et courageuse qui a su garder ses principes et son courage au milieu de la tourmente…et quelle tourmente ! Un tourbillon qui va transformer sa vie plus souvent en enfer qu’en paradiscar !

Elle raconte L’Amérique de  la  « Beat Generation »..liberté, sexe, drogue, alcool..une époque dingue et passionnante (en lisant, j’ai pensé à Suze Rotolo qui dans« Le temps des possibles » raconte les débuts de Dylan dans les années 60 à Greenwich Village . Deux femmes « raisonnables » follement amoureuses, pas dupes de la mégalomanie des hommes et de leurs excés mais témoins »privilégiés » d’une époque fabuleuse  qu’elles restituent toutes deux avec justesse et sensibilité.)

Belles idées..mais vie pourrie pour Carolyn qui aura trois enfants avec Neal . Elle deviendra ensuite la maitresse de Kerouac.cassdy Elle sera toujours là pour eux, même dans les pires moments.

Elle supportera tout de « ses » hommes..absences, infidélités, mensonges, addictions.. ils partent, reviennent..elle est fascinée, mais aussi dégoûtée, malheureuse. Elle tient bon, galère pour nourrir ses enfants,assume un quotidien pas glorieux c’est sur..moins que les poèmes, les voyages en bagnole, les envolées littéraires..Courage…elle pleure souvent, crie, part, revient, participe à leur folie, rit, critique, lit, discute des heures avec Kerouac. Elle est intelligente, cultivée, curieuse.

tumblr_m7azdiyxw81ry39wso1_400  Un livre pour  connaître plus intimement Neal, Jack, Ginsberg, Kesey et tous ces autres poètes, écrivains qui ont marqué cette aventure. Ils sont passés chez elles, se sont confiés, lui ont parlé. L’envers du décor, le prix de la liberté ?.. Neal paumé, suicidaire, en mal d’amour, instable et égoïste, toujours en train d’échafauder des plans foireux….Kerouac plus tendre mais tout aussi fuyant et invivable. L’atmosphère de l’époque est bien là… rejet des contraintes, insouciance, vraie bohème..éclairage intéressant sur les interactions qui existaient au sein de ce cercle réduit de »clochards célestes »..jalousies, amour/amitiés..importance des lettres, des voyages..Ils avaient ce quelque chose de génial et de tragique qui ont fait de l’Amérique des années 50 un espace de folle liberté où l’argent avait si peu d’importance. Ils allaient au bout de leurs désirs, prenaient tous les risques . Un monde d’hommes..Les femmes étaient compagnes de beuveries, mamans, confidentes d’un jour, consolatrices, muses kerouac(pour le meilleur), maîtresses, épouses (pour le pire). De sacrés machos !

Pour les amoureux de « La Route » .

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9 janvier 2013 at 20 h 59 mi Laisser un commentaire

Les clochards célestes

Jack Kerouac

Les premières lignes : « Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Etendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L’omnibus qui m’emportait me permettrait d’arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m’emmènerait jusqu’à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir. »

Dès les premiers mots, on a envie de prendre son sac à dos et de suivre Ray et Japhy sur la route. Ce roman en grande partie autobiographique nous replonge dans les années 60 quand s’établissaient de nouveaux rapports homme/ nature, liés à une autre  compréhension de la nature de l’homme lui-même (influence du bouddhisme ) Ray, le vagabond devient le « clodo du dharma », le moine bouddhiste itinérant. Kerouac (Ray Smith dans le livre) à la manière des sages chinois de l’ancien temps, erre sur les routes américaines parfois accompagné d’autres clochards célestes, notamment le poète Gary Snyder ( Japhy Ryder). Il se retrouve à Berkeley, berceau du mouvement hippy en compagnie de tous ces intellectuels à contre-courant, engagés dans une lutte pacifique contre l’Amérique bien pensante . Un des plus beaux moments du livre, c’est l’ascension du Matterhorn Peak par Ray, Japhy et Morley (qui tient de fantastiques discours surréalistes ). L’escalade est une quête spirituelle empreinte de « lyrisme » lorsque Kerouac nous décrit les magnifiques paysages de montagne traversés , les entrecoupant de discussions sur la société , l’abrutissement télévisuel (déjà) récitant des poèmes et parlant bouddhisme.
Mais tout n’est pas rose quand on est clochard céleste : rejet, manque de confort, incompréhension…. La liberté a un prix !!  Finalement, Ray retournera à San Francisco pour y retrouver Japhy avant de partir travailler un été comme guetteur sur le Desolation Peak dans un paysage sauvage et grandiose .. Tout ce livre est un hommage à la « Beat generation » qui marque la naissance d’un mouvement contestataire mêlant errance, retour à la nature, révolution sexuelle et rejet de la société moderne. On est alors frappé par l’actualité des thèmes abordés ici surtout par rapport à la crise actuelle : rejet de la consommation à outrance, des biens matériels…ce sont déjà de fervents écologistes défenseurs de la pureté de la nature et de sa fragilité
J’ai adoré le ton sauvage et spontané du livre plein de fraîcheur , d’humour, de poésie…et de recettes de cuisine pour randonneurs avisés..les descriptions (montagnes, cascades, animaux..) sont un enchantement : une grande paix s’en dégage… un ami, un poème ou le chant d’un oiseau peuvent suffire à rendre heureux. L’essentiel est ailleurs…et on apprend en passant , au fil des errances des choses bien intéressantes sur soi-même…
J’ai repris cet article de mon ancien blog pour  le  challenge « 100 ans de littérature américaine » organisé par Bouh
Il y aura d’autres Kerouac…c’est mon chouchou..et il y en a déjà un sur ce blog….Big sur…et bientôt un autre : Les anges vagabonds
LUS  : 2 /10

 

21 janvier 2010 at 9 h 05 mi 8 commentaires

Big Sur

Jack Kerouacbig

Quatrième de couverture : Le héros de ce roman, Jack Duluoz ou Ti jean, n’est autre que Jack Kerouac, l’auteur de Sur la route. Au bord de la folie, le Roi des Beatniks cherche à fuir l’existence de cinglé qu’il a menée pendant trois ans et part pour San Francisco. Il se réfugie au bord de la mer, à Big Sur, dans une cabane isolée. Après quelques jours de bonheur passés dans la solitude à se retremper dans la nature, Duluoz est à nouveau saisi par le désespoir et l’horreur. Aussi revient-il à San Francisco où l’attendent le monde, les beatniks, l’érotisme. Mais il ne retrouve pas la paix pour autant.

Avec  Les clochards célestes,  Kerouac nous menait tout droit  au Paradis, mais là c’est un aller direct pour les Ténèbres ! On embarque pour un voyage au bout de la folie….distorsion du temps et de l’esprit qui éclate en mille morceaux.

L’auteur raconte ses visions d’épouvante lors d’un  delirium dû à trop d’alcool ingurgité.. parano, schyzo…sarabande infernale des images et des voix qu’il entend…  l’écriture vous gicle à la figure comme une lave en fusion..mots percutants, effrayants pour décrire son chemin de croix.

Il nous livre un éprouvant récit de cette descente aux enfers…  angoissant et prenant cet enfermement au sein d’ une région  magnifique dans laquelle il était venu initialement retrouver calme et sérénite. On passe de la quiétude aux « sublimes horreurs »..à l’image de son âme tourmentée, avec des évocations parfois très romantiques.

Jack tente de fuir ,  mais ses vieux démons le reprennent dès qu’il se retrouve avec ses vieux potes de la Route…Coddy, les filles, l’alcool, le trip, les nuits à déclamer, à dire tout et n’importe quoi pour  se croire en communion avec l’univers..il voudrait  quitter cette dégaine de beatnik qui a fait son succès, impossible..il est  prisonnier de son imageBigSurBridge800

Superbe portrait  de ce coin de Californie,  Big Sur,  d’une sauvagerie propice à l’introspection et au pétage de plombs… Kerouac a réussi  à mettre des mots sur ce qui ne se dit pas , sur ce qui se vit et qu’on ne peut partager, la  solitude infecte et suicidaire, l’ incapacité à « être » simplement bien avec lui-même avec les autres . Hanté par la mort,  il ne trouve  pas le bonheur. pourtant, il  a tout essayé, sexe, drogue, alcool, vitesse ;  il  s’est eclaté en tellement de morceaux..incapable de recoller les bouts..poignant ..la chute de l’ange , quête d’un absolu, ..il croit pouvoir toujours prendre un nouveau départ ailleurs en chevauchant la ligne blanche de la route…encore la route…il  retrouvera sa mère puis repartira..

c’est un livre très fort et très désespéré.

waouhhhhhh , après ça  on a besoin de respirer et de passer à autre chose….de plus léger..JackKerouacNealCassidy

Neal Cassidy et Jack

Lu (enfin…récupéré ..) dans le cadre du challenge « 100 ans de littérature américaine » organisé par Bouh

29 octobre 2009 at 19 h 36 mi 8 commentaires


Saraswati a dit

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