Posts tagged ‘JAPON’

Nââândé !?

Eriko Nakamura71xIos62haL._SL1500_

L’éditeur : Nââândé ! ? (Ohlala mais que se passe t-il ! ?), c’est le cri que cette japonaise, vivant à Paris depuis dix ans, continue de pousser chaque jour ou presque dans le métro, lors d’un mariage, d’un réveillon, sur la banquette d’un taxi, dans des toilettes publiques ou chez le boucher. Le médecin ? Le « déshabillez-vous » de nos généralistes est une terrible offense pour les japonais : extrêmement pudiques, ils se font toujours examiner… en blouse. Le métro ? Mais où sont-ils les jours de grève ? À Tokyo, quand les conducteurs débrayent, le trafic est… normal. (….) Avec humour et sagacité, Eriko Nakamura fait le tour de nos façons d’être, en nous expliquant comment cela se passe chez elle. Pudeur et volonté de ne pas se faire remarquer d’un côté. Individualisme, hédonisme et sans-gêne de l’autre. Le choc est nécessairement violent… au point que certains japonais visitant la capitale pour la première fois sont victimes d’une dépression violente : « le syndrome de Paris ». 
Honte aux Parisiens. Des membres d’une association japonaise « Green Bird » forte de 150 bénévoles  (dossard vert, gants jaunes) nettoient inlassablement avec une pelle et un balai les abords de Notre Dame, du Musée d’Orsay et de la Tour Eiffel uniquement afin de rendre présentable notre capitale à leurs compatriotes qui la découvrent pour la première fois. Car Paris est une ville mythique. Idéalisée à l’extrême par un peuple admiratif d’une France romantique et chic, le choc du réel peut être fatal à certains !. Et ce n’est pas fini !
On a encore (un peu) honte pour pas mal d’autres choses dans ce petit livre mais on rit aussi beaucoup ! Voilà une bonne façon de voir à travers d’autres yeux nos …travers, et nos qualités. De même que j’ai découvert la culture japonaise sous un angle nouveau et parfois inattendu.
Pour certaines pratiques, c’est une autre « planète » où j’aimerais un jour me transporter rien que pour connaitre les toilettes, le respect des biens publics, les trottoirs propres, les visites médicales en pyjama, les réunions au quart de poil avec ordre du jour et respect du temps de parole.Par contre, je n’ai pas vraiment envie de fréquenter un métro ou le pince-fesses est une activité très prisée (Nââândé !!), des collectionneurs de petites culottes usagées ou des lolitas perverses ! Nobody is perfect !
Mai j’ai aussi appris avec plaisir que -contrairement à ce que je pensais- les Japonais, sous leur dehors strict et coincé, le sont parfois bien moins que les français quand il s’agit de faire la fête; ils savent se lâcher pour de bon loin des convenances sociales et des codes vestimentaires. Ils assument et tolèrent les ados attifés comme des personnages de manga, les clients honorables complètement saouls que des hôtesses compréhensives raccompagnent avec dignité jusqu’au taxi.
Tout cela est dit avec humour, délicatesse et « mesure »….Très plaisant!
 Photo du tableau de bord d’un avion d’un WC japonais :42057
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20 mars 2014 at 16 h 07 mi Laisser un commentaire

Les evapores

Thomas B. Reverdy41tZInmmjDL

L’éditeur : Trois cartons et une valise, c est tout ce que Kaze a emporté avec lui cette nuit-là. Et, également, les raisons de sa fuite. Comment peut-on si facilement disparaître ? Ici, au Japon, on en a légalement le droit. D un disparu, on dit simplement qu il s est « évaporé ». Mais Yukiko, elle, ne veut pas renoncer
à chercher son père,qu elle a pourtant quitté depuis des années pour vivre à San Francisco. Elle demande à Richard , son ancien amant, de partir avec elle à la recherche de Kaze. Par amour pour elle, ce détective privé mènera l enquête dans un Japon « parallèle », celui du quartier des travailleurs pauvres de Sanya à Tokyo, repaire pour des milliers d évaporés, et des camps de réfugiés autour de Sendai. Peut-on se débarrasser de son passé ?Ces questions sont au coeur de ce roman qui, sous ses dehors de roman policier et d histoire d amour, mène une véritable enquête existentielle. De façon poétique et sensible, Thomas B. Reverdy explore la part d ombre en chacun de nous et met en scène toutes les variations possibles de notre désir de fuite.

Un roman japonais prenant et original.

Kaze, disparu dans son propre pays : « évaporé » comme  beaucoup le font là-bas. Ils ne donnent aucune nouvelle pendant des années ou plus jamais. La honte et le déshonneur les font changer de vie ou mourir. Mieux vaut ne pas savoir. La famille ne les cherche pas, la police non plus

Mais Yukiko vit aux USA depuis longtemps. Plus vraiment japonaise, pas encore américaine. Elle reviendra chercher ce père disparu et renouera tout naturellement avec sa vie d’avant, ses amis, ses habitudes, les goûts, les odeurs de son pays natal. Des racines profondes et indestructibles.

De très beaux passages sur Kyoto, les quartiers méconnus de Tokyo, les démunis, les paumés, les vies parallèles et clandestines. L’auteur décrit un Japon rarement présenté ainsi.

Subtile beauté des paysages, des femmes japonaises. Portrait d’un pays, après Fukushima, en proie au doute et à la corruption et qui malgré sa modernité semble toujours habité par son passé, ses codes, ses traditions. Mystère de la langue, des signes, de la musique des mots. Rôle de l’oubli, de l’appartenance. Recherche d’une identité à travers un désir de fuite réelle ou imaginée.

Comme Richard l’Américain, l’Occidental, on se sent étranger, maladroit face à ces situations singulières. On ne comprend pas mais on se sent aussi paradoxalement en phase avec le héros disparu dans sa recherche d’une existence nouvelle – C’est attirant – Sera-t-il plus heureux et apaisé ? A-t-on droit à une deuxième chance ? Aura-t-on le courage de regarder sa vie en face, et là sans demi mesure, si le bilan est négatif, partira-t-on sans se retourner ?

Un roman qui soulève bien des questions dérangeantes sur un ton un peu désespéré. Troublant

4 décembre 2013 at 9 h 37 mi Laisser un commentaire

La nostalgie heureuse

Amélie Nothombla-nostalgie-heureuse

L’éditeur : « Tout ce que l’on aime devient une fiction. » Amélie Nothomb Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française. La nostalgie heureuse est son 22ème roman.
Les trois seuls livres que j’ai lus d’Amélie Nothomb parlaient du Japon…  heureux hasard.
 J’ai aimé les trois et ce court roman ne m’a pas déçue ; on la  découvre touchante, à cheval entre deux cultures, deux sensibilités. Singulière et mal à l’aise, fragile et complexe. Quelle fille singulière. Tout comme ce pays qui sera toujours foncièrement différent de nous par cette distance qu’il impose par rapport aux choses et aux gens même les plus proches. Pour masquer une impatience ou une violence peut être. Est ce le Japon qui l’a rendue ainsi ? Sans cette petite enfance au loin aurait-elle été différente ? mais les distances s’abolissent d’elles mêmes face aux retrouvailles avec sa chère nounou qui l’a élevée jusqu’à ses 5 ans, quand ses parents s’installent à Pékin où son père a été nommé ambassadeur.
Nostalgie heureuse, des souvenirs hors du temps, à jamais en elle. Pas de tristesse mais un plongeon dans un passé heureux ou malheureux comme on peut l’être à 5 ans ; certaines choses étonnantes ou insignifiantes  peuvent vous marquer à vie : des lieux, des odeurs, des voix, des couleurs. Un bagage dans lequel on peut puiser pour vivre mieux, comprendre, faire le lien.
Des mots simples, peu de pages…suffisant pour « titiller » notre mémoire personnelle et repenser nous aussi à nos propres souvenirs…peut-être moins exotiques !

8 octobre 2013 at 9 h 54 mi 7 commentaires

La chambre rouge

Edogawa Ranpoedo

L’éditeur : Un homme mutilé aux prises avec les perversions de sa femme, une « chaise humaine » prodiguant des caresses à ses victimes, des confessions criminelles dans une « chambre rouge », une intrigue machiavélique autour d’une « pièce de deux sen »… On trouvera dans ces cinq récits une même atmosphère et un goût pour les mises en scène fantastiques et obsessionnelles : une logique implacable qui fait du crime une voie esthétique, où s’entremêlent perversions sexuelles, cruauté raffinée et délires mentaux. Edogawa Ranpo (1864-1965) est considéré comme le fondateur de la littérature policière au Japon. Ranpo Edogawa est aussi un anagramme d’Edgar Allan Poe qu’il admirait.

Ranpo_EdogawaCe livre écrit vers 1920 dans un style très moderne est d’un naturel étonnant vu le sujet ; cela lui confère une fausse naïveté propre à nous égarer ! C’est là son talent..Il nous parle de crime comme s’il évoquait une oeuvre d’art ou un prodige de l’intelligence. Attention ! Il n’est question ici que de perversions, de meurtres et de délires très japonais (?). « La chenille » dans le genre érotico-glauque en est une illustration et nous place en situation de voyeur inconfortable qui m’a rappelé un peu Mygale de Jonquet. Dépravation sexuelle, monstruosité et sadisme sont décrits de façon clinique, sans fausse pudeur. Des estampes plutôt hard !la_chenille_image

« La chaise humaine » étonnante et tordue est ma nouvelle préférée. Je me prends alors  à imaginer avec effroi ce que peut ressentir le fauteuil dans lequel je m’abandonne parfois un livre à la main…L’auteur, malicieux nous mène par le bout du nez, on croit comprendre l’intrigue, démasquer le meurtrier et ses mobiles….

« La chambre rouge » est angoissante à souhait. Mise en scène impeccable : tout semble possible dans  l’esprit d’un être dérangé qui pour s’évader de la monotonie quotidienne se jette dans une boulimie de meurtres impunis. Le crime parfait, moral (un comble !) machiavélique, et raffinement suprême..personne ne s’en doute, au contraire ! On suffoque,on est pris dans l’engrenage..là encore, on est berné !

Les dernières histoires plus « psychologiques », moins « Grand Guignol », parlent de duperie, de vengeance dont le but est toujours de prouver qu’on est le meilleur dans le pire.. Des machinations diaboliques où l’âme humaine se révèle bien sombre . Des scénarios menés avec beaucoup de rouerie

Un petit livre très particulier, formidable d’imagination et de manipulation ! C’est noir mais si bien construit qu’on ne peut être qu’admiratif devant tant d’ingéniosité …Voilà un auteur qui déploie son art avec la profondeur d’un stratège du jeu de Go ! Je lirai encore bien volontiers Edogawa Ranpo !

7 février 2013 at 7 h 53 mi 2 commentaires

Je veux devenir moine zen

Miura Kiyohiro

Le Mot de l’éditeur : Lorsque votre fils âgé de huit ans, un enfant comme les autres, dissipé à l’école et turbulent à la maison, gavé de hamburgers et de séries télévisées, vous annonce qu’il veut devenir moine zen, comment ne pas tomber des nues ? Pourtant, ce ne sont pas des paroles en l’air et Ryôta laissera derrière lui sa maison, sa famille et jusqu’à son propre nom pour accomplir sa vocation. Un livre comme un kôan zen : d’une simplicité désarmante, il raconte avec une allégresse et un humour dévastateurs comment la décision d’un petit garçon va bousculer toutes les certitudes de ses parents, changer leur rapport au monde et les éveiller malgré eux à des vérités qu’ils n’avaient jamais soupçonnées. Ce roman largement autobiographique a obtenu en 1988 au Japon le prestigieux prix Akutagawa.

Un petit livre plein de sagesse qui raconte combien la vocation d’un jeune garçon va bouleverser la vie d’une famille. Où est la faute ? Pourquoi Ryôta, après avoir accompagné son père à une séance de Zazen, a décidé de tout quitter pour devenir moine. Un couple vacille sous la nouvelle : la mère, meurtrie,  se replie dans le silence, le père lutte, réplique, cherche à le faire renoncer, accable ceux qui l’encouragent dans cette voie.

Une écriture simple et lumineuse..chaque mot à sa place. On est sidéré par la force de la vocation d’un enfant dont le caractère est à l’opposé de celui d’un moine, sidéré par l’intensité de cet appel qui l’amènera à renoncer à tout ce qu’il aimait avant….. Pas de débat philosophique compliqué ici, mais le simple récit  du cheminement des âmes et des esprits vers un apaisement et une compréhension de l’autre . Cette histoire est comme un symbole des difficultés de la communication dans un couple, de l’amour filial surtout, de l’avenir qu’on souhaite aux siens. Il faut leur faire confiance, qu’ils tracent leur route seuls ; c’est leur vie, même si elle est différente de celle qu’on avait imaginée, même s’ils partent loin en corps ou en esprit. Les enfants ne nous appartiennent pas, ils changent, partent mais restent dans notre coeur.

C’est parfois douloureux et long à accepter mais il est bon de les savoir heureux là où ils sont, avec qui ils sont.

Une lecture qui m’a beaucoup touchée car au-delà de l’histoire de cet enfant, Miura Kiyohiro aborde avec des mots justes l’éveil au changement et les difficultés à accueillir les surprises de la vie avec confiance….et « zénitude »zen

12 janvier 2013 at 8 h 58 mi Laisser un commentaire

Tokyo

Mo Haydertokyo

L’éditeur : Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher. Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d’une nurse à la silhouette monstrueuse… Mœurs inavouables, violence, écrasant secret… Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey. Le but de son voyage ? Retrouver un mystérieux film à l’existence contestée datant de l’invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l’aider. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions…

Haletant…et c’est peu dire !

Chine 1937 . Massacre des habitants de Nankin par l’armée japonaise…tortures, viols….Inhumain.

Grey est une jeune anglaise étrange ; marquée dans sa chair et dans son âme, elle est obsédée par cet évènement . La solution à son mal-être réside dans la réalité d’un fait particulièrement horrible qui a eu lieu durant ce massacre…Personne ne peut croire à une telle chose ! La progression en parallèle de deux récits ( celui d’un vieux professeur témoin de l’inimaginable qui en détient une trace irréfutable, et celui de Grey qui, retrouvant cet énigmatique document, dénouera le noeud de sa folie.) rend la lecture très prenante..l’intérêt va crescendo dans les deux histoires. C’est très habile.tokyo

Ici, Tokyo est une  ville oppressante aux lumières blafardes. Immeubles  impersonnels. Grey habite une vieille demeure délabrée en troublante compagnie …une maison hantée …les esprits, les kamis rodent, la taraudent, lui parlent..Il y a surtout ce jardin humide et sauvage plein d’herbes folles et de plantes envahissantes, pourrissantes (à l’image de ce qui est sa tête ?)…Un refuge autant qu’un piège.

Galerie de personnages effrayants, noire comédie, récit sous tension permanente dans un univers en pénombre..non dit ..bruit, lumières qui clignotent,  club à hôtesses,  modernes geishas au service des hommes. Parmi la clientèle des Yakuzas, un vieil homme et une nurse comme les figures grimaçantes du théâtre No. D’étranges morts tels des sacrifices, une catharsis macabre mais salutaire qui finira en une explosion de douleurs et de vérités, avec des révélations finales assez, assez..je n’en dirai pas plus…

A vous de lire et de frissonner ! Le mélange de raffinement dans certains détails et de sous-entendus encore plus parlants que des descriptions obscènes donne à ce thriller une ambiance réellement troublante.

 

5 janvier 2013 at 14 h 55 mi 4 commentaires

Certaines n’avaient jamais vu la mer

Julie Otsukamer

L’éditeur : Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un choeur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre et la détention dans les camps d’internement – l’État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l’oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n’avaient jamais existé.
On en sort complètement sonné !
Un roman qui rend justice à toutes celles qui n’ont jamais pu parler, témoigner, crier, pleurer, protester ; Un long calvaire qui commence sur un bateau qui les emmène loin de chez elles..certaines n’ont pas 15 ans
elles sont si nombreuses, si différentes, si apeurées,si naïves, si pleines d’espoir et de rêves
Les mots déversent un torrent de malheurs, de plaintes polies et rentrées avec quelques bulles de frêle bonheur quand le mari promis n’est pas un monstre, que le maître est moins brutal que les autres, que les enfants travaillent bien à l’école, qu’il y a à manger tous les jours, que les amandiers refleurissent au printemps.
Ainsi sont toutes ces voix venues du passé…elles n’auraient jamais pu parvenir jusqu’à nous sans ce livre absolument touchant même si j’ai terminé cette odyssée saoulée et  totalement submergée…. J’ai eu beaucoup de mal à lire jusqu’au bout. Trop douloureux ?  Trop noir ? Trop honte pour ceux qui leur ont imposé cela ? Aucun espoir…L’auteur nous martèle en continue des vérités brutales et implacables..tout le temps, toute leur vie
Tellement d’inhumanité subie dans le silence de tous.
Tant de courage et de dignité pour trouver des raisons de vivre, travailler, toujours pour les autres, pour soi…. partir chassés par la guerre, tout laisser pour des camps comme des prisons, repartir à zéro.
Rayées de l’histoire. Pas de traces.
Un livre entêtant.
usa

6 novembre 2012 at 8 h 16 mi 6 commentaires

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