Posts tagged ‘INDE’

Bollywood Express

Jeudi soir à Rennes, embarquement pour une Inde de pacotille mais combien généreuse et pleine d’énergie !

Un spectacle produit à Mumbai  « 100% Bollywood » déluge de bling et de kitsch!

On parcourt le pays à bord d’un train. Alliance du cinéma et de la danse : l’écran en fond de scène s’intègre parfaitement à l’histoire.  Quelle pêche ! On frappe des mains, on se trémousse sur sa chaise tels des adorateurs de Shiva, un tika vous pousse entre les deux yeux ; histoire débile à l’eau de rose..On s’en fiche ! Mais de l’humour, des méchants, des super-gentils, un prince, une belle journaliste …Wouahhhhhhh n’en jetez plus !

Tout est prétexte à des danses effrénées combinant modernité et postures anciennes. Rythme prenant. Les hommes dotés d’abondantes chevelures noires, pantalons moulants et tenues scintillantes, découvrent des torses musclés face à des filles voluptueuses et sensuelles mais sacrément dynamiques. Dépaysant et euphorisant. Tout le monde avait le sourire en sortant de la salle dans la grisaille et le crachin.

En Inde, le cinéma est fait pour oublier la morosité et les soucis du quotidien….ça tombe bien et c’est une bonne idée commerciale d’avoir apporté ce spectacle chez nous. Vive Ganesh dieu dodu et bienveillant ! A nous les Taj Mahal en plastique blanc sur fond rose et les beautés  sucrées du Pendjab ! Happy Diwali !…Les lumières de Noël me paraissent du coup bien ternes à côté de toute cette profusion de couleurs ;o)

A la sauce Geek, la magie de Bollywood ça peut être aussi ça :o)

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14 décembre 2013 at 10 h 10 mi Laisser un commentaire

Le chemin de Sarasvati

Claire Ubac

Le Mot de l’éditeur : Les filles ? Des êtres stupides. Des bouches inutiles à nourrir. Les marier ? La dot coûte cher. Mieux vaut les tuer dans l’oeuf. Les intouchables, les « hors castes » ? Des parasites. Bons à rien. Arriérés. Condamnés aux basses besognes. Il faut les fuir à tout prix..Dans l’Inde de tous les possibles, mais aussi des préjugés tenaces, les routes de deux parias se croisent. Elle, Isaï, était venue en cachette assister aux funérailles de sa mère. Lui, Murugan, d’un geste respectueux, a replacé une fleur tombée du brancard. Leur premier dialogue s’est fait en rythme et en musique. Chanter, jouer, ils en rêvent tous les deux. Ils osent partir. Leur traversée du pays sera semée d’embûches et de mauvaises rencontres. Mais Sarasvati, la déesse au luth, veille sur eux..

Je ne pouvais pas laisser passer un titre pareil ! Normalement, c’est un livre pour les ados mais une telle histoire, bien menée, documentée et d’un style très vivant,  peut être lue avec beaucoup de plaisir par les adultes !

On y découvre l’Inde d’aujourd’hui à travers l’itinéraire aventureux de deux enfants de basse caste..un intouchable et un être doublement maudit, une fille, une orpheline élevée ou plutôt exploitée  par l’horrible tante Cobra..On ne dira pas assez la malédiction de naître fille dans certains pays ! Ce livre, entre réalisme et poésie,  le raconte bien. Et ce n’est que déguisée en garçon qu’Isaï arrivera à s’en sortir.

Les deux enfants décident de fuir. On va les  suivre aux quatre coins de cet immense pays..tentations, dangers, rencontres, bonté, vices, pièges. L’auteur dresse un tableau sans concessions de l’ Inde éternelle et moderne où se cotoient paysages d’une grande beauté et villes tentaculaires. On apprend beaucoup sur la vie quotidienne des hommes et des dieux..cuisine, vêtement, couleurs, odeurs…hommes et bêtes..mendiants et millionnaires. Des difficultés insurmontables parfois pour nos deux héros  liés par la révolte et la tendresse.

Mais l’amour et le talent – avec un coup de pouce de Sarasvati – auront raison des obstacles..Happy end bien sûr, « à la Bollywood »! mais dans ce pays extraordinaire ce coup de baguette magique parait tout à fait réaliste. On se dit pourquoi pas ? Il suffit de croire à son rêve et il se réalisera.

 Une  lecture vive et acidulée pour un livre très démonstratif qui fait bien prendre conscience aux plus jeunes de la situation des  filles et des parias dans certains pays. A recommander à cet âge où on est très sensible aux injustices et aux histoires d’amour…et à ceux qui ont gardé cet esprit !

Ecriture lumineuse comme l’est son auteure Claire Ubac que j’ai eu le bonheur de rencontrer ; spontanée, chaleureuse, elle sait nous toucher. Que la Déesse au luth veille sur elle et lui souffle d’autres  jolies histoires comme celles-là !

Aurore avait bien aimé aussi ! 

23 août 2010 at 12 h 44 mi 7 commentaires

Le vendeur de saris

Rupa Bajna

Présentation de l’éditeur : Comme tous les matins, Ramchand est en retard. Il se hâte dans les rues étroites d’Amritsar, qui le mènent au magasin de saris, au cœur de la vieille ville. Là, au milieu des cotonnades du Bangladesh et des soieries de Bénarès, Ramchand et les autres employés passent leurs journées à rouler et à dérouler des kilomètres d’étoffe à l’intention des femmes aisées de la ville. Une course offre un jour à Ramchand l’occasion de sortir de la routine. Il découvre alors un autre univers, et se prend à rêver d’une vie meilleure. Armé de deux vieilles grammaires anglaises, il tente de raviver l’espoir nourri dans son enfance. Mais ses efforts, en lui ouvrant de nouvelles perspectives, le confrontent à la cruauté et à l’injustice dont dépend son existence même. Le Vendeur de saris dépeint un monde où espoir et violence sont inextricablement mêlés.

une critique sans concessions de la sociéte indienne à travers une galerie de personnages à laquelle on croit dès le début, surtout Ramchand, le héros de l’histoire, Ramchand le vendeur de saris, orphelin malchanceux , sans éducation qui se contente de son humble vie de célibataire.

Il travaille dans le magasin de saris de Bhimsen Seth . Dans cette boutique renommée, c’est le royaume des femmes…. riches, intellectuelles, étudiantes..elles n’y viennent  jamais seules pour faire leurs achats et  en profitent pour discuter, se fâcher, potiner, se jauger. Desciptions très vivantes de ce  monde où  les patrons sont lointains et paternalistes ,  les employés soumis et obséquieux . Un microcosme intéressant qu’ on observe avec l’oeil de Ramchand, petit vendeur invisible qui aura l’occasion ici et croiser ceux « d’en haut » qui se moqueront ou l’écraseront. Ceux « d’en bas » ne viennent jamais là, il les rencontrera dans la vraie vie…. les  sans travail, mais surtout les femmes, exploitées, battues, violées. Il prendra pitié …. sa rage montera au fur et mesure qu’il ouvrira les yeux sur ce monde corrompu  ..une prise de conscience  qu’on accompagne pas à pas  … mais à quoi servent les bons sentiments quand on n’a  rien à manger ? … Rupa Baywa nous fait vraiment partager avec  conviction sa rage et sa résignation.

Elle  raconte sans pathos cette société  cruelle où l’argent remplace ou multiplie l’effet des castes…pas moyen de changer son destin … même en étudiant, en discutant. Dès le départ, les dés sont pipés . C‘est un cercle vicieux….le pire est réservée aux femmes comme toujours….pauvre Kamla incomprise et sacrifiée. Là aussi pas de digressions mésérabilistes, mais la vérité toute crue !

Voilà un roman un brin trop manichéen mais qui restitue bien la vie quotidienne, l’ambiance du bazar, des petites échoppes , des femmes qui marchandent , des chalands qui déambulent…. les petits livreurs de thé, l’odeur  des pakoras, la foule,  la chaleur accablante, les beaux quartiers  avec pelouses et piscine avec tout à côtés les taudis avec leurs égoûts à ciel ouvert…la misère et le violence qui couvent, qu’on sent parfois derrière la résignation des gens. Un roman triste aussi mais  j’ espère bien qu’un jour Ramchand ouvrira à nouveau ses livres pour étudier…en fait, j’en suis certaine!..et l’inventaire de toutes les étoffes du magasin de saris est un ravissement, en le lisant on sent leur douceur nous caresser la peau

15 avril 2010 at 16 h 19 mi 3 commentaires


Saraswati a dit

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