Posts tagged ‘humour’

Pétronille

Amélie Nothomb9782226258311g

Extrait : « L’ivresse ne s’improvise pas. Elle relève de l’art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.
Si la première cuite est si souvent miraculeuse, c’est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant : par définition, elle ne se reproduira pas.
Pendant des années, j’ai bu comme tout le monde, au gré des soirées, des choses plus ou moins fortes, dans l’espoir d’atteindre la griserie qui aurait rendu l’existence acceptable : la gueule de bois a été mon principal résultat. Je n’ai pourtant jamais cessé de soupçonner qu’il y avait un meilleur parti à tirer de cette quête.
Mon tempérament expérimental a pris le dessus. À l’exemple des chamans amazoniens qui s’infligent des diètes cruelles avant de mâchouiller une plante inconnue dans le but d’en découvrir les pouvoirs, j’ai eu recours à la technique d’investigation la plus vieille du monde : j’ai jeûné. L’ascèse est un moyen instinctif de créer en soi le vide indispensable à la découverte scientifique.
Rien ne me désole plus que ces gens qui, au moment de goûter un grand vin, exigent de «manger un truc» : c’est une insulte à la nourriture et plus encore à la boisson. «Sinon, je deviens pompette», bredouillent-ils, aggravant leur cas. J’ai envie de leur suggérer d’éviter de regarder de jolies filles : ils risqueraient d’être charmés.
Boire en voulant éviter l’ivresse est aussi déshonorant que d’écouter de la musique sacrée en se protégeant contre le sentiment du sublime.
Donc, j’ai jeûné. Et j’ai rompu le jeûne avec un Veuve-Clicquot. L’idée était de commencer par un bon Champagne, la Veuve ne constituait pas un mauvais choix. »

Un roman léger comme des bulles du champagne. Inattendu et exotique.. ???    oui, exotique, l’auteur le prétend …. Mais n’oublions pas qu’Amélie Nothomb est belge :o))

Une histoire d’amitié et d’ivresse…ou d’ivresse de l’amitié et d’amour immodéré du champagne et de ses effets ; ses affres et ses plaisirs. Mensonges et disputes, et toujours cet art consommé de voler tel un pinson au-dessus des contingences de l’existence. J’aime sa folie douce qui pimente un  quotidien parfois bien morose. Tout est possible, petites et grandes décisions..Traverser le Sahara, prendre le RER B, accepter de sortir le caniche noir rasé de l’horrible Viviane Westwood.

Les mots sont bien là, l’écriture à sa place, les tournures implacables..une belle mécanique bien huilée ..on est pris, on sourit, on compatit.

j’ai aussi bien ri … AAAAh Avoriaz  Acariaz et ses locations pleines d’acariens..ça m’a rappelé un séjour pourri ; impossible d’ouvrir les fenêtres et de secouer toute une literie habitée par des milliers de mini monstres dopés à l’altitude. J’ai encore ri…un peu jaune là…lors du voyage chez les Fanto, au pays des prolos…un peu caricature là non ? Ils existent encore des communistes de cet acabit ??

C’est farfelu et touchant.Sacrée personnalité cette Pétronille !

Y a pas à dire, Amélie, le champagne est son domaine…..vraiment agréable à lire …je l’ai lu si vite…trop vite, trop agréable à lire ??? J’ai raté un message ?? Quelque chose d’important, de profond ?? peu importe en fait. Voilà un auteur qui se met en scène avec délectation, fantasme sur la copine idéale, la compagne de beuverie tout terrain (double d’elle même ?)spectatrice et actrice de son oeuvre et de sa vie ?? on peut le penser pour ce roman pas compliqué mais qui l’est peut-être un peu plus que ça ??? Bon là, on va croire que j’ai abusé de la boisson….euh un peu..j’arrête..lisez, buvez, dégustez

En tout cas, j’ai détesté la fin trop brusque de l’histoire. Comme une douche froide, l’impression de boire un quart Perrier éventé au lieu d’une flûte débordante de  Ruinart 2006… Zut, arrêtez tout p.167 à « ….bon anniversaire  » !20202-650x330-bouteille-de-champagne

Publicités

28 septembre 2014 at 13 h 46 mi Laisser un commentaire

Nââândé !?

Eriko Nakamura71xIos62haL._SL1500_

L’éditeur : Nââândé ! ? (Ohlala mais que se passe t-il ! ?), c’est le cri que cette japonaise, vivant à Paris depuis dix ans, continue de pousser chaque jour ou presque dans le métro, lors d’un mariage, d’un réveillon, sur la banquette d’un taxi, dans des toilettes publiques ou chez le boucher. Le médecin ? Le « déshabillez-vous » de nos généralistes est une terrible offense pour les japonais : extrêmement pudiques, ils se font toujours examiner… en blouse. Le métro ? Mais où sont-ils les jours de grève ? À Tokyo, quand les conducteurs débrayent, le trafic est… normal. (….) Avec humour et sagacité, Eriko Nakamura fait le tour de nos façons d’être, en nous expliquant comment cela se passe chez elle. Pudeur et volonté de ne pas se faire remarquer d’un côté. Individualisme, hédonisme et sans-gêne de l’autre. Le choc est nécessairement violent… au point que certains japonais visitant la capitale pour la première fois sont victimes d’une dépression violente : « le syndrome de Paris ». 
Honte aux Parisiens. Des membres d’une association japonaise « Green Bird » forte de 150 bénévoles  (dossard vert, gants jaunes) nettoient inlassablement avec une pelle et un balai les abords de Notre Dame, du Musée d’Orsay et de la Tour Eiffel uniquement afin de rendre présentable notre capitale à leurs compatriotes qui la découvrent pour la première fois. Car Paris est une ville mythique. Idéalisée à l’extrême par un peuple admiratif d’une France romantique et chic, le choc du réel peut être fatal à certains !. Et ce n’est pas fini !
On a encore (un peu) honte pour pas mal d’autres choses dans ce petit livre mais on rit aussi beaucoup ! Voilà une bonne façon de voir à travers d’autres yeux nos …travers, et nos qualités. De même que j’ai découvert la culture japonaise sous un angle nouveau et parfois inattendu.
Pour certaines pratiques, c’est une autre « planète » où j’aimerais un jour me transporter rien que pour connaitre les toilettes, le respect des biens publics, les trottoirs propres, les visites médicales en pyjama, les réunions au quart de poil avec ordre du jour et respect du temps de parole.Par contre, je n’ai pas vraiment envie de fréquenter un métro ou le pince-fesses est une activité très prisée (Nââândé !!), des collectionneurs de petites culottes usagées ou des lolitas perverses ! Nobody is perfect !
Mai j’ai aussi appris avec plaisir que -contrairement à ce que je pensais- les Japonais, sous leur dehors strict et coincé, le sont parfois bien moins que les français quand il s’agit de faire la fête; ils savent se lâcher pour de bon loin des convenances sociales et des codes vestimentaires. Ils assument et tolèrent les ados attifés comme des personnages de manga, les clients honorables complètement saouls que des hôtesses compréhensives raccompagnent avec dignité jusqu’au taxi.
Tout cela est dit avec humour, délicatesse et « mesure »….Très plaisant!
 Photo du tableau de bord d’un avion d’un WC japonais :42057

20 mars 2014 at 16 h 07 mi Laisser un commentaire

lol Chats

Quand je regarde Poupette j’ai l’impression qu’elle a des pensées très très profondes.. thé 016Voilà une chatte qui a dû lire Ulysse de Joyce jusqu’au bout et connaît les fables de La Fontaine sur le bout des griffes. Parfois elle est nettement moins classe quand elle se  roule au fond de la baignoire en essayant d’ attraper le bout de sa queue au moins un millier de fois. A 14 ans c’est affligeant. Si vous avez un chat vous connaissez la complexité de leur caractère, leurs manies…etc..etc…On pourrait en parler pendant des heures.

Alors bien sûr « lol Chats » j’ai aimé, à cause des photos….mouais un peu, mais surtout pour les textes.

Voilà quelques images avec les légendes …à vous de les apparier :o)rachid-amp-momo

caro-amp-cedric4-3-e6cd-diaporama 1ADED97F01835EE0CCF53A6EE26A_h400_w399_m2_bblack_q99_p99_crHTEGCen vinz5-ans-nantesil-aime-e9e7-diaporama Caro & Cédric 4 et 3 ans, Dunkerque : Saisis à l’instant précis où ils viennent d’apprendre que le Père Noël n’existe pas.

Vinz 5 ans, Nantes : Il aime les ficelles et les shots de Jack Daniel’s. Il déteste le vermifuge et la new Wave.  » ma plus grande fierté, c’est mon grand père qui pose sur la pochette du premier Stray Cats »

Rachid et Momo 7 et 9 ans, la Grande Motte : ils aiment les cerfs-volants, le sable chaud et le naturisme. Ils détestent le spray antipuces et Marc Levy. « On s’est rencontré au Cap d’Agde dans les années 2000. »

Stanislas 3 ans et demi, Finistère : Stanislas aime être caressé à rebrousse-poil, plonger dans l’eau glacée et porter des colliers pour chiens. Indépendant et dominateur, il entretient néanmoins depuis quelques mois une relation d’amour/haine avec le canapé du salon.

Difficile de choisir parmi tous les portraits du livre, mais mes préférés sont Salomé et Fabrice & Léa

Salomé 1 an, Mimizan : Salomé n’aime pas les anniversaires, ce qu’elle adore, c’est lécher par terre et lire Heidegger. Ses angoisses : les aspirateurs et le temps qui passe. « 9 vies, c’est long. »

Fabrice & Léa frère et soeur 6 et 3 ans, Chatou : ils aiment gratter le papier peint et déplacer les objets par la pensée. Ils détestent les pelotes de poils d’Ewoks et qu’on dise que Léa ressemble à Jabba. « Attention au côté obscur de la litière »

Pas de photos pour ceux-là, je vous laisse imaginer leur allure :o)

51JTP8JjB1L

18 février 2014 at 7 h 17 mi Laisser un commentaire

Mon Doudou Divin

Katarina Mazettidoudou

L’éditeur :Pigiste pour la presse, Wera a épuisé tous les sujets… et son compte en banque. Quand elle tombe sur une petite annonce proposant un stage en spiritualité, elle croit tenir un article en or. La voilà inscrite pour trois semaines d’immersion à La Béatitude en compagnie d’un apprenti gourou et d’une demi-douzaine de stagiaires qui, il faut bien le dire, n’ont pas l’air particulièrement plus illuminés qu’elle. Pour quelle raison sont-ils là ? Ressortiront-ils adeptes d’une nouvelle religion, ou débarrassés de leurs préjugés ? En tout cas tous – même Wera, cachée derrière son pseudo – cynisme – sont en quête de sacré. Dialogues enlevés, portraits aussi vachards que tendres et sens de l’humour assurent la réussite de ce roman qui pointe le besoin de sens de notre société contemporaine et illustre quelques-uns des réconforts s’offrant à elle, de la confiance à la tolérance, de la générosité à… la foi, bien sûr.

On peut parler d’une certaine déception. J’avais bien aimé « Le mec de la tombe d’à coté ».… original et drôle ; j’étais même aller en voir l’adaptation au théâtre. Mais le Doudou (acheté à cause du titre et de mignonne petite grenouille) ne m’a pas emballé

Il m’a seulement permis de passer un long voyage en train sans m’ennuyer : pas compliqué, courts chapitres, un contexte original, un gourou, la recherche du sacré, une journaliste cynique et culottée…de bons ingrédients, mais la sauce ne prend pas car c’est trop long et trop répétitif. On est enfermé dans une vieille bâtisse et on tourne en rond

Oui des longueurs, du trop cuit..du mijoté qui attache. C’est vrai que l’écriture à quatre mains permet avec un ton ironique une approche intéressante de problèmes graves comme la mort, la maladie ou la foi. Mais cette réflexion « cool » sur le sens du sacré dans nos société  – qui aurait pu peut nous interpeler en profondeur – est traitée ici à la façon d’un magazine féminin ! (Attention…j’adore les magazines féminins mais j’espère toujours qu’un livre de 230 pages m’en  donnera plus !)

Bref, je n’ai vraiment pas accroché sur le sujet,  mais j’ai lu jusqu’au bout car Katarina Mazetti écrit bien. Elle a l’art de la formule et des situations cocasses, ses dialogues font mouche ! On sourit, on compatit … alors on lit…pour voir comment ça finit :o)

27 janvier 2014 at 15 h 56 mi 2 commentaires

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

Romain Puertolas9782842637767

L’éditeur : Un voyage low-cost… dans une armoire Ikea ! Une aventure humaine incroyable aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste. Une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres. Il était une fois Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer, selon les aptitudes linguales, «j’arrache ta charrue» ou «achète un chat roux»), un hindou de gris vêtu, aux oreilles forées d’anneaux et considérablement moustachu. Profession : fakir assez escroc, grand gobeur de clous en sucre . Ledit hindou débarque un jour à Roissy, direction La Mecque du kit, le Lourdes du mode d’emploi : Ikea, et ce aux fins d’y renouveler sa planche de salut et son gagne-pain en dur : un lit à clous…
 J’ai lu quelque part qu’à l’heure de midi, des milliers de chinois s’installent sur les canapés des magasins Ikea pour faire la sieste… Alors, avant la fermeture, une vérification des lieux s’impose ; certains se cachent peut-être dans les placards tout comme le fakir du petit livre jaune !
 Son histoire est amusante et complètement farfelue avec, c’est vrai, un  humour parfois tendance « Almanach Vermot ». Mais quelle imagination !
Une fable moderne sur le destin, les rencontres….. et les voyages que notre homme effectuera, de gré ou de force, avec toutes sortes de moyens de transport ..valise Vuitton, armoire, camion, bateau, montgolfière, taxi…..pas de temps mort..bel enchaînement ; c’est pas le tour du monde en 80 jours mais celui de l’Europe en quelques heures !
 Mais, on ne fait pas que se réjouir durant cette odyssée. On y croise des migrants et leur extraordinaire courage. Le monde nous parait alors tout petit, la richesse reste un rêve lointain pour tant de gens renvoyés sans raison d’un bout à l’autre de l’Europe comme des balles de flipper….Soudanais, Lybiens, beaucoup d’autres se retrouvent dans les aéroports les ports, les gares, en attente d’une vie meilleure. L’auteur intègre ce lourd problème à son récit avec beaucoup de naturel et d’humanité ; c’est grâce à ces hommes que le fakir fera « sa mue », une façon de leur rendre hommage.
Puertolas est un bon conteur; il nous refait ici le coup « des Mille et Une Nuits » avec des rebondissements, des bonheurs, de l’amour, des hasards. On voudrait que ça ne s’arrête jamais !!! et puis zut, la fin est là, bien trop tôt à mon goût !
Happy end téléphoné (dommage)….mais dans les contes, ça finit toujours comme ça non ? (redommage)

14 octobre 2013 at 7 h 34 mi Laisser un commentaire

Les mères juives ne meurent jamais

Natalie David-Weill41l2mOdJveL

L’éditeur : A son arrivée au Paradis, Rebecca rencontre sept mères d’hommes célèbres : Freud, Proust, Einstein, Romain Gary, Albert Cohen, Woody Allen et les Marx Brothers. Sept femmes aimantes, possessives, angoissées, insupportables.

Un seul sujet de conversation : leurs fils singuliers et géniaux. Ce bain d’amour maternel est-il à l’origine du talent et de la personnalité de ces illustres enfants ?

Rebecca a beaucoup de chance d’aller au paradis..plus encore d’y séjourner en compagnie de mères juives de rejetons célèbres. Ce livre est l’occasion d’en dresser des portraits pleins d’humour, d’humanité et d’érudition. De grands hommes qui ne furent à un moment de leur existence que des petits garçons dans les jupes de leur maman ! Et quelles mamans !

A l’heure du thé ou sous les frondaisons, ces dames papotent, échangent, se fâchent, et racontent pour l’éternité leur fils adoré…écrivain célèbre, mathématicien ou humoriste..elles disent la délicatesse de Proust, la  cocasserie des Marx Brothers, la fragilité de Romain ou la précocité et la tyrannie du jeune Sigmund. Leur partialité est totale, leur passion contagieuse.

Est ce grâce (à cause ?) à elles qu’ils sont devenus célèbres…par leurs soins, leur dévouement..ou grâce au milieu dans lequel ils évoluaient et à leur génie propre ? Des mères omniprésentes, étouffantes parfois, qui revendiquent cette intrusion, la regrettent rarement ; leur fierté est immense et le fait qu’elles soient au Paradis prouve bien qu’elles ont fait une très bonne action en « poussant » leur enfant aux dépens parfois des autres membres de la famille !

Nul besoin d’avoir engendré un génie ou d’être juive pour estimer que son enfant est le plus beau. N’est-ce pas l’éducation et l’amour qu’on lui donne qui feront de lui un adulte épanoui (à défaut d’un être d’exception…) ? Faut il mettre pression et exigence pour qu’il le devienne, l’ont-elles fait pour eux ou pour elles ? Autant de questions qu’on se pose au long du livre dans une atmosphère d’éternel printemps. Pendant de délicieuses soirées au coin du feu, ces dames nous donneront l’occasion de réfléchir à des destinées prestigieuses, des vies qui auraient pû être autres sans une mère directive, intrusive attentive, à la valeur et à la difficulté de l’éducation.

Une question me taraude pourtant : il n’y a ici de place que pour les hommes ..mais alors les mères de femmes célèbres, quelle place ont-elles ? Sont-elles aussi au Paradis ? Les femmes ont elles autant besoin de leur maman pour accomplir leur destinée ?casablancaAnnex-Marx-Brothers-A-Night-in-Casablanca_01

24 septembre 2013 at 13 h 07 mi Laisser un commentaire

Promenons-nous dans les bois

Bill Bryson81cKJtMcgFL._SL1500_

Quatrième de couverture : Rentré aux Etats-Unis après des années d’absence, le désopilant Bill Bryson a voulu faire un retour à la nature en s’attaquant à l’Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie. Dans cette aventure qui mêle histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon de marche son vieux copain d’école, Stephen Katz. Le problème, c’est que Katz préfère regarder des épisodes d’X-Files dans les motels. L’autre problème, c’est qu’en se promenant dans les bois on risque de croiser d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur : des ours, d’autres randonneurs, sans oublier les plantes toxiques qui vous rendent plus vert qu’un Martien. « Jamais un bouquin ne m’a fait autant rire ! » s’est exclamé Robert Redford, qui l’a élu comme livre de chevet.

A la redécouverte de son pays, Bryson ( dont j’avais apprécié « Motel Blues ») nous entraîne du Maine à la Géorgie dans une Amérique sauvage, le long de l’Appalachian Trail où il fait (plus ou moins ) bon crapahuter. Tout en cheminant, il raconte la Grande et les petites histoires des régions traversées….anecdotes macabres ou drolatiques, d’ordre géologique, écologique…. Une mine d’infos alors que la forêt nous entoure, les torrents chantent et les ours guettent…. Mais attention!! il vaut mieux avoir de l’humour face à certaines situations ou certains randonneurs parfois plus redoutables que des serpents à sonnette !

apa C’est un carnet de voyage très réjouissant (merci à Gwenaëlle de me l’avoir signalé). Il m’est arrivée de pouffer au détour d’une remarque, surtout lors de l’achat du matériel et de la préparation « psychologique » du randonneur qui prête une oreille frémissante à toutes les  choses horribles qui peuvent arriver sur le parcours, y compris dans un film comme « Délivrance » qui fut tourné là où débute le périple !

Pas du tout la même ambiance que dans « Wild », c’est sûr. Moins d’émotion et de tensions, des motivations différentes. Mais l’Appalachian Trail n’est pas une mince affaire et même si les deux compères n’en feront qu’une partie, ils sont loin d’avoir la forme olympique. Heureusement que sous la plume de Bryson même les galères se transforment comme par miracle en prétexte à se moquer ( surtout de lui-même) apprendre ou s’émerveiller car tout n’est pas rose dans cette partie du monde ; l’air de rien, le nez au vent, il trace un portrait  plein de saveur et d’émotion d’une Amérique profonde (petits villages isolés, villes endormies) attirant notre regard sur une nature sauvage en danger (tourisme effréné, paysages saccagés, arbres malades).

J’aime beaucoup sa fierté enfantine d’avoir, avec son copain Katz, alcoolique repenti (pas tant que ça en fait…) fait ce retour à la vie sauvage : « Nous avions fait 800 km depuis notre départ d’Amicalola. Il y avait de quoi être fiers. Nous étions de vrais randonneurs maintenant. Nous avions chié dans les bois et dormi avec les ours. Nous étions devenus et serions pour toujours des hommes des montagnes. »

Il retrouvera Katz plus tard pour faire une partie plus sauvage de l’AT. Mais tout comme ils ont abandonné ce tronçon, j’aurais bien fait pareil avec la dernière partie du livre ; la connivence avec son compagnon n’est plus, ils sont déçus….Moi aussi…..On le sent dans le récit qui aurait gagné à s’arrêter à la page 227 ! Ensuite,   passez votre chemin ou attendez vous à quelque chose de plus pédagogique et un brin soporifique. A part ça c’est un livre très chouette !
Robert Redford l’ a parait-il adoré et en a acquis les droits cinématographiques pour devenir Bill à l’écran. Reste à savoir qui peut jouer Katz ? bill-bryson

29 mai 2013 at 13 h 00 mi 2 commentaires

Articles précédents


Saraswati a dit

Welcome to the Magicbus !

Je participe :

SWAP :

Visiteurs :

Pour me contacter :