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L’arrière-saison

Philippe Besson

« Au commencement, il y a cette peinture d’Edward Hopper qu’on peut voir à Chicago. J’ai dû l’apercevoir à plusieurs reprises avant de m’en procurer une reproduction, un dimanche d’ennui. Un soir, sans intention particulière, j’ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d’un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Alors, çà s’est imposé à moi, sans que j’aie rien cherché. J’ai eu l’envie impérieuse de raconter l’histoire de cette femme et des trois hommes autour d’elle, et d’un café de Cape Cod. »

Qui  n’a pas rêvé un jour de donner la parole aux personnages d’un tableau…  Philippe Besson  l’a fait avec une oeuvre d’Edward Hopper dont les toiles se prêtent admirablement  à cet exercice de style : ambiance intimiste, instants familiers et quotidiens, portraits réalistes  d’une certaine Amérique nostalgique et révolue.

L’auteur  part du dessin, des couleurs, de l’ambiance de l’oeuvre pour aller au-delà des apparences, broder, inventer.  Dans ce huis clos, chez Phillies, vieux bistrot désuet à deux pas de l’océan, c’est une histoire d’amour qui cesse et une qui recommence peut-être..La femme en rouge, c’est Louise,  il y a Ben le serveur et puis deux hommes qu’on voit et un troisième qui ne viendra jamais..Louise,  personnage central du tableau et du récit. Louise ,30 ans, une vie professionnelle brillante mais sentimentale ratée. Elle nous livre ses  réflexions sur les hommes, l’amour, la passion, la rupture, les amants et les maris, la liberté et les habitudes qui lient ou qui détruisent.

Des Personnages du roman, mon préféré est  Ben, le barman…discret, fin, « en dehors », comme nous devant le tableau..il n’ose pas interferer dans les retrouvailles ou les disputes..mais Ben est un deus ex machina, le révélateur des âmes et des sentiments.On ne sait rien sur lui mais lui sait et sent tout. C’est vrai que dans le roman, il y a  parfois   des longueurs dans l’évocation des états d’âme , des redondances de sentiments et de mots…le temps passe lentement, comme délayé, délavé..un climat très mélancolique de début d’automne s’ installe ici dans ce bar, dans cette ville de Cape Cod, lieu de villégiature de la bonne société américaine, port ou s’echouent  aussi les âmes perdues et les illusions vaines..chez Phillies…bistrot mythique..on voudrait qu’il existe vraiment. On sait qu’il ne changera jamais ..immuable comme la toile qui fixe pour toujours cette histoire éternelle de femme quittée et retrouvée.. où l’on boit parfois trop pour oublier  un amour perdu, faire le point….une histoire hors du temps.

La fin est jolie car on peut l’imaginer jolie ou du moins…on sait que ça se passera encore chez  Phillies ou il n’y a que des habitués ; on n’aura quà pousser la porte en faisant tinter cette horrible sonnette pour retrouver Louise, Ben, Carter et Stephen…Quant à Norman, il ne viendra plus…

merci  Martine pour ce livre ..tendre et un peu triste… offert à l’occasion du swap « Un livre un peintre »

8 janvier 2010 at 9 h 54 mi 11 commentaires


Saraswati a dit

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