Posts tagged ‘HARRISON’

Grand Maître

Jim Harrison

L’éditeur: Après une longue carrière dans la police du Michigan, L’inspecteur Sunderson est sur le point de prendre sa retraite, lorsqu’il se met à enquêter grdsur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Ses investigations ne le mènent nulle part. Une fois retraité, il n’arrive pas à oublier l’homme qui s’est auto déclaré « Grand Maître » de la secte, et, flanqué d’une improbable acolyte de seize ans, sa voisine Mona, il reprend officieusement l’enquête. Au départ, Grand Maître apparaît comme un hurluberlu inoffensif, mais au fil de leurs recherches, ils découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît.Sunderson, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers avant d’atterrir dans le Nebraska où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon, lui-même poursuivi par ses propres démons.

Un moment plein d’humour et d’autodérision avec ce flic fraichement retraité qui a bien du mal à lâcher le morceau, tous les morceaux… son métier, sa jeunesse, les femmes, sa santé….et le foi de biche ! Jouissif malgré une fin un peu abrupte.

L’ affaire qui le turlupine ici, c’est la trilogie « sexe, argent, religion »… Et oui, ce  grand gaillard aimant boire, baiser, chasser, se pose des questions drôlement existentielles … avec toujours pour décor une nature sauvage et salvatrice qu’Harrison excelle à peindre. La lumière, la route, les paysages traversés au fil des pages..Les Grands Lacs, le Nebraska, l’Arizona….déroulent un road movie  paradoxal ( le héros  détestant quitter son coin de lac et ses repères habituels) mais nécessaire à l’histoire (il poursuit le méchant !)et à notre plaisir (parcourir des paysages sublimes au volant d’une vieille bagnole! )

Pour moi, l’intrigue policière est secondaire; un  simple prétexte pour raconter la vie cabossée de cet homme qui trimbale dans son errance une mauvaise conscience de tout ce qui fait l’Amérique d’aujourd’hui …. régions défigurées, course à l’argent, violence gratuite, matérialisme pourri qu’il met constamment en perspective face à une nature seule capable de nous révéler à nous même et  à de vieilles valeurs inoxydables comme le travail, la fidélité ou le mépris de l’argent.

Un roman chaleureux et désenchanté où l’auteur a dû mettre beaucoup de lui-même ;  Harrison raconte toujours un peu la même histoire . Pourtant, il arrive à renouveler notre curiosité et notre intérêt; on est en terrain familier mais la surprise et l’enchantement du récit sont là .. les personnages, le héros, l’écriture, l’imagination, les descriptions….C’est ça le talent non ? Un style, une « patte », une atmosphère, un amour de la vie et de tout ce qu’elle peut donner…faire partie de l’Univers, du Tout qui donnera à Sunderson la force de surmonter la nostalgie de l’homme qu’il était, de la femme qu’il aimait et qui lui donne  (avec l’aide de pas mal d’alcool et de femmes appétissantes, c’est vrai..) l’énergie pour continuer à vivre en acceptant la vieillesse. Un roc griffé par la tempête mais toujours debout !lac

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11 octobre 2012 at 15 h 20 mi Laisser un commentaire

Les jeux de la nuit

Jim Harrison

Le Mot de l’éditeur : Dans la veine de ses plus grands recueils de nouvelles, Jim Harrison tisse trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l’Amérique idéale de l’écrivain, aux habitants aussi rudes que les saisons du Montana.
Les trois nouvelles des Jeux de la nuit mettent en scène autant d’existences magnifiques et rebelles, qui trouvent leur salut dans la beauté de la nature, des mots et des sens.

Un ogre qui accouche de trois nouvelles allumées et superbes , courts romans  pleins,  puissants, énergisants. Harrison, rabelaisien et  jouissif… baise, bouffe, héros borderlines  et solitaires ; et surtout  omniprésence d’une nature flamboyante et sauvage. Elle submerge le coeur des hommes, les inspire ou les console. c’est elle qui fait la loi dans ces novellas que j’ai dévorées à belles dents !

Harisson n’est pas un contemplatif ;  pas de longues descriptions  de rivières, montagnes ou forêts…on n’est pas à côté à les regarder mais dedans, en osmose totale. On s’y déplace,  sentant vibrer l’immensité du monde et son mystère. Dans un tel décor, pas question de tricher.

La première nouvelle, ma préférée,  s’intitule «  La fille du fermier« . C’est l’histoire du Sarah, fille  sauvage et solitaire nourrie aux romans de Dos Passos et d’ Henry Miller. Romanesque et pianiste elle grandit seule entre une vieille chienne acariâtre et un cheval noir. Des parents nuls et absents ;  très belle.. attirée par les hommes, entre dégoût et curiosité..pureté et provocation. Sarah à l’image du monde qui l’entoure  sauvage et instinctive. Elle fera seule l’apprentissage de la vie ; abusée par un homme, elle va chercher à se venger en prenant son temps ; l’auteur arrive à se mettre  dans la peau de cette fille de façon incroyable avec une sensibilité toute féminine,  une écriture crue et subtile, simple et si belle…elle coule comme une eau vive..Harrison dans la peau de Sarah vraiment, comme une belle histoire d’amour entre l’auteur et sa création..troublant.

La deuxième nouvelle signe  le retour de Chien brun..obsédé total entre petites culottes et viande bien saignante, cuites et fuites continuelles..mais avec un coeur gros comme ça ! Un marginal parfois violent,  un poivrot magnifique digne des héros de Kerouac, attentif au chant des oiseaux ou à la couleur des feuilles d’automne. Il vit au jour le jour, renifle les odeurs des bois, se vautre dans l’herbe..copule avec la nature, les femmes.. la même chose pour lui ; ne faire plus qu’un avec la vie, la sang qui pulse, les sens en alerte, plein de cette immensité,  loin de la moral des hommes.. mais par amour il est capable d’instinct de faire ce qu’il faut … diablement attachant !

Dans le dernier texte qui donne son titre au livre,  Fusion totale avec la nature ; histoire d’homme loup qui devient plus fort, plus grand, plus près du monde sauvage ; souffle animal, sang qui gicle ou qui pulse..appétit d’ogre, sexualité démesurée, forces décuplées. Quand s’arrondit la pleine lune,  il tue…entre imagnaire et conte fantastique avec le rêve de faire un avec toutes les créatures, les comprendre, hurler à la lune pour dire son desarroi et sa rage de vivre..par amour il décide de se soigner..mais peut-on guérir de la liberté et de l’ivresse de la vie sauvage ?   … enivrant !

un gros coup de coeur pour ce livre plein d’humanité, de souffle et d’émotions  fortes …  et puis quelle écriture !

déjà lus « Un bon jour pour mourir » et « Une odyssée américaine »

23 septembre 2010 at 15 h 19 mi Laisser un commentaire


Saraswati a dit

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