Posts tagged ‘Essai’

Grands-parents, à vous de jouer

Marcel Ruforufo

Présentation de l’éditeur: Clinicien avant tout, dans ses livres Marcel Rufo s’appuie sur ses rencontres avec ses patients et leur famille pour éclairer et faire le lien avec la théorie psychiatrique ou psychanalytique. Dans ce nouveau livre, il a choisi de réfléchir à partir d’une expérience personnelle : les relations qu’il a eues, petit, avec son unique grand-mère, une femme extravagante, autoritaire, d’origine italienne. Replongeant dans cette histoire, il développe ce que le pédopsychiatre qu’il est devenu peut maintenant en comprendre. Comment ce petit garçon introverti a pu devenir un pédopsychiatre extraverti, un grand communicant à l’aise avec les médias… On voit là que rien n’est jamais joué au niveau de l’enfance. Dans un troisième temps, pas encore grand-père, il se projette dans l’avenir et écrit à son petit-fils ou sa petite-fille imaginaire, en se mettant dans la position quasi idéale du grand-père parfait qu’il imagine devenir et ne sera sans doute jamais.

Vu le titre, j’attendais autre chose.

C’est certes émouvant de connaître sa grand-mère adorée, les étapes de sa construction et de sa vocation, l’Italie, les relations familiales..tout ça forcément bien analysé 😮 … C’est intéressant mais cette autobiographie « expliquée » (pour les nuls en pédopsychiatrie) occupe une bien trop grande partie du livre .

Ensuite, on peut enfin découvrir, sous forme épistolaire (là je dis bravo ! belle idée de réhabiliter les « vraies » lettres comme moyens de communication plutôt que SMS et autres mèls parfois sacrément impersonnels et décevants) des conseils de bon sens assez « conservateurs » quant aux relations entre grands-parents et petits-enfants pour toutes sortes de problèmes …drogue, sexualité, séparation des parents, jalousie, école, obésité…etc. Venant de lui j’ai trouvé étonnante la tonalité plutôt « traditionnelle » de son discours. Mais il n’y a peut-être pas d’autre solution après tout …..Je suis restée un peu sur ma faim, mais pas mécontente non plus d’observer qu’en la matière même les pédopsychiatres en pointe militent pour une éducation avec limites à ne pas dépasser et respect des autres  …..  » Plutôt que de comprendre les enfants, il faut les éduquer( …) donc les frustrer » .

Rien de nouveau sous le soleil ! Et quand on voit aujourd’hui combien Françoise Dolto est contestée et aussi combien l’enfant roi laisse certains parents complètement démunis, on se dit que le discernement et le feeling ont encore la cote….Les parents parfaits n’existent pas..Les enfants non plus…Quant aux grands-parents, c’est une autre histoire  ;o)

Disons que c’est un livre dont on peut se passer.fessee_125908090373909800

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18 janvier 2013 at 13 h 36 mi Laisser un commentaire

Et puis un jour j’ai entendu Bob Dylan

Alain Rémond

Présentation de l’éditeur :Contrairement à ce que le titre laisse penser, Alain Rémond parle ici essentiellement de lui. Dans cet essai autobiographique partiel et partial, il revient sur celui qui a marqué sa jeunesse, et même toute sa vie, sur le choc émotionnel éprouvé à l’écoute des premières chansons de Bob Dylan, sur la façon dont il a vieilli avec lui, avec ses errements musicaux, ses fulgurances et ses impasses. Alain Rémond nous fait partager les concerts, parfois sublimes, souvent ratés d’une star bougonne qui tourne toujours frénétiquement sur toutes les scènes du monde.

Un livre pour les fans, tous les fans et pas seulement ceux de Dylan, un livre pour comprendre ce que c’est d’être accro à un artiste, dépendant, dingue, à l’affût…capable de parcourir la terre entière pour le voir en concert, dépenser des sommes folles pour un disque, collectionner  revues, photos, interviews, bandes pirates..et plaisir suprême, frémissement de tout le corps, serrer la main de l’idole, réussir à aligner deux mots pour lui dire qu’on l’aime..

« Avec Dylan, je suis sauvagement subjectif. Je suis de son côté. je lui passe tout (presque tout). Je lui pardonne tout (presque tout). Je n’ai aucune distance. alors qu’il le faudrait, je le sais bien. C’est comme une maladie. Grave, si ça se trouve. une névrose obsessionnelle. Il faudrait que je me soigne. Mais je n’en ai pas la moindre envie. si c’est une maladie, je la chéris. »

Comment l’auteur en est-il arrivé là ?… parce que Dylan lui colle à la peau, à ses désirs secrets, à ses attentes ; c’est le temps de l’adolescence, de la  générosité et de la contestation..liberté, rébellion, adieu vieille Europe ! Tracer sa route, se construire loin de toute contrainte !

Dylan c’était ça, l’époque s’y prêtait c’est vrai..ses chansons, son aura malgré ses crises et ses ratages..et puis ils aiment tous les deux  Rimbaud ! Alain Rémond se projette totalement sur le chanteur, sa façon de vivre, ses chansons qui lui laissent une empreinte indélébile ; un maître à penser, un repère existentiel dans une période clé où il se cherche. La rencontre de sa vie !

L’homme aux semelles de vent ! On les suit tous les deux, à travers  les époques, les bides, les échecs, les succès, les moments de grâce  qui donnent la chair de poule….  « Like a Rolling Stone »,  » Mister Tambourine-man », la voix, l’harmonica, la silhouette filiforme et la voix aigrelette…ça plane toujours..même quand, l’âge venant, le piano remplace la guitare pour cause de rhumatismes (!), l’auteur jubile toujours autant en écoutant son idole; certes, il faut accepter de le voir  vieillir avec soi tout en gardant au fond du coeur  les moments d’éternelle jeunesse que prolongent et ravivent ses mélodies.

Qu’importe la personnalité de Dylan,  son caractère de chien, égocentrique, macho, menteur..on n’en a rien à faire sinon tomber à genoux devant » Last Thoughts on Woody Guthrie « ou » Desolation row, ou Ring them bell « !

Livre barré, généreux, fièvreux, amoureux, hommage à un grand artiste. Quand Dylan chante, Rémond croit dur comme fer que c’est  pour lui tout seul, pour oublier, rêver, partir dans un autre univers, de l’autre côté du miroir dans une communion unique et intense comme révélé à soi même par la magie d’un texte ou d’une ambiance ; se laisser embarquer sur un bateau ivre,  retrouver ses émotions de jeunesse et son esprit de révolte !

« A travers le martèlement fou et mystique

De la grêle sauvage qui déchire tout

Le ciel libère son poème dans le plus pur

étonnement

Et les cloches de l’église

le souffle au loin dans la brise (….)

Et nous regardions briller les carillons de la liberté  » (Chimes of Freedom)

bon à vrai dire, je suis aussi fan de Dylan – c’était un peu mon époque – pas raide dingue comme Alain Rémond mais encore bien remuée en écoutant ses chansons qui n’ont pas pris une ride..elles !

lisez, écoutez,  ça fait vibrer

merci à BOB (Dylan) et aux Editions JBZ & Cie pour ce livre


31 mars 2011 at 8 h 06 mi 7 commentaires

Composition française, retour sur une enfance bretonne

Mona Ozouf

Le Mot de l’éditeur : La France a toujours vécu d’une tension entre l’esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l’universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l’avoir ressenti au cours d’une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. À la maison, tout parlait de l’appartenance à la Bretagne. L’école, elle, au nom de l’universelle patrie des droits de l’homme, professait l’indifférence aux identités locales. Quant à l’église, la foi qu’elle enseignait contredisait celle de l’école comme celle de la maison.
 En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n’ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s’est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace ?  À quelles conditions combiner les attachements particuliers et l’exigence de l’universel ? En d’autres termes, comment vivre heureusement la «composition française» ?

Un livre double..Dans une première partie, des souvenirs d’enfance, des impressions de jeunesse et dans la seconde, des réflexions historiques et institutionnelles sur l’unité et la diversité de la France . Une seconde partie intéressante certes mais très didactique et parfois pesante ; Mona Ozouf, en professeur consciencieux, expose longuement l’histoire de la centralisation et de ses contrepoids : centralisme outancier des Jacobins, création du departement, de la commune,  enjeux de l’école laîque..etc…Tout le cheminement pour arriver à la France d’aujourd’hui qui n’a pas encore vraiment réussi cette composition française mais qui, plus que jamais, se doit de maintenir en équilibre toutes ces données . Je n’ai pas accroché à cet aspect du livre, pas sur le fond mais sur la forme -très dogmatique- impression curieuse de passer du romanesque  à un cours en bonne et due forme ! Je n’ai pas apprécié la rupture de ton.

 Par contre, j’ai été touchée par l’ hommage rendu à sa Bretagne natale, à ce père nationaliste trop tôt disparu, à cette grand-mère impressionnante, à sa mère, institutrice tiraillée entre l’école laïque et les traditions religieuses, entre les coutumes du village et le nécessaire recul que requiert l’enseignement de la République. J’ai de loin préféré cette partie du livre où, assez froide au début, l’auteure se laisse peu à peu aller au plaisir d’écrire : des passages tendres ou drôles sur les gens du  village, l’église et son confessionnal, ses déceptions, les joies que lui procurent l’ école, une école de la fraternité et de l’égalité….A Plouha, elle est au carrefour de trois mondes : église, maison, école. Lequel chosir? Comment les concilier puisqui’ils font tous partie d’elle ?Troublée, mais l’héritage  breton au plus profond de son coeur, elle partira pour Paris ; après la littérature celte, elle découvrira les grands auteurs classiques … à la maison on ne lisait que des auteurs bretons. Elle deviendra historienne et philosophe. J’ai trouvé ce volet  autobiographique  bien plus  démonstratif que les considérations historiques.

En fait, ce n’est que pour étayer sa thèse, qu’elle a évoqué ses souvenirs d’enfance. J’aurais aimé qu’elle continue sur ce même registre qui m’a d’avantage  éclairée que la suite du livre, le registre de l’émotion et du vécu ;  mais l’auteure avait un autre  but  en écrivant, celui  de passer du particulier au général, de l’émotion à la raison alors que le mien, en la  lisant était de penser que l’émotion et la passion distillées  dans un ouvrage sont bien plus convaincantes qu’une froide démonstration..mais ça n’engage que moi !

merci à BOB et aux éditions Folio pour ce livre

 

13 janvier 2011 at 19 h 39 mi 1 commentaire


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