Posts tagged ‘DEPARDON’

La porte des Larmes : retour vers l’Abyssinie

Raymond Depardon

Jean-Claude Guillebaudporte  

L’éditeur : Leur amour partagé pour l’Ethiopie a plusieurs fois conduit Jean-Claude Guillebaud et Raymond Depardon en Abyssinie. C’est avec émotion qu’ils redécouvrent un pays dont La beauté demeure intacte, malgré des années de guerre et de bouleversements politiques. L’écrivain confie ses souvenirs, le photographe saisit une civilisation et un paysage d’une beauté stupéfiante.

L’Ethiopie toujours

J’avais emporté ce livre pendant mon voyage.

Des mots sincères qu’éclairent des photos de Depardon, peu de photos ; deux hommes reviennent sur les lieux où ils ont vécu pour raconter, filmer la guerre, la famine, où ils ont aimé, souffert.

Complètement fascinés par ce pays multiple où les femmes semblent posséder un pouvoir, une essence différente, spécifique…Il y a dans le récit un passage très sensuel ; ils sont sur le toit du vieux train qui relie Djibouti à Addis, il fait très chaud ; des jeunes femmes montent à leurs côtés, leur sourient, les regardent avec insistance …elles s’endormiront tout contre eux, les effleurant seulement…Au matin, elles quitteront le train sans même un regard pour eux.

l’Ethiopie a changé depuis 20 ans mais a gardé  la même magie malgré les destructions, les massacres, les famines. Paysages sublimes, femmes coiffées comme les pharaonnes de l »Egypte ancienne… un parfum de nostalgie et d’éternité…silhouettes hiératiques, dignité, profils purs, vêtements éclatants de ceux qui habitent pourtant des taudis crasseux.

Impressions de voyages racontées avec sensibilité. Moments d’harmonie ou de gêne quand, quittant le confort du 4×4 et marchant sur la route à côté de ceux qu’on croise habituellement « de loin », on les voit tels qu’ils sont ; pauvres et meurtris… femmes qui portent de lourds fardeaux de bois, paysans exténués par leur journée de travail. On touche le réel au delà de l’ exotisme et de l’esthétique d’un paysage extraordinaire ou d’une femme particulièrement belle sous son châle blanc..Nos sens sont abusés par la beauté des choses ..Qui n’a pas vécu ça en voyage et comme il est parfois douloureux de revenir à la réalité!

Que penser, comment connaître un pays ? Question de temps…le temps court du reportage, du scoop, du terrain, de l’info qui doit passer, de l’opinion que le journaliste doit se faire, vite, trop vite ; et le temps long du voyageur, sans pression pour expliquer, éclairer de façon plus vraie les évènements. Guillebaud s’interroge alors sur son travail de reporter, sur sa fiabilité.

Les photos de Depardon sont lumineuses, pleines de retenue, appuyant le texte, faisant pencher la balance

16 décembre 2012 at 12 h 56 mi Laisser un commentaire

La solitude heureuse du voyageur

Raymond Depardonsolo

Présentation de l’éditeur :  » La Solitude heureuse du voyageur est un choix de photographies tiré de mes voyages, rempli de déserts, de villes et de chambres d’hôtel. Comme pour  » Notes « , mon premier livre fondateur, il y a toujours la place d’une femme aimée au bord du cadre, comme si je photographiais mon désir et que le paysage me renvoyait un moi enfin apaisé.  » R. D.

De retour d’un étonnant voyage dans le sud éthiopien, dont je parlerai plus tard…le temps de réintégrer mon enveloppe normale (??) ..je parlerai d’abord de ce petit livre que j’avais emmené avec moi.

Depardon commente ses photos..il en regrette certaines, a la nostalgie de beaucoup, du temps qui passe, des rencontres..comme celle avec Massoud, son jeune guide inconnu alors..il s’étend sur leur signification, sur le moment où il a appuyé sur le déclencheur

En miroir, il parle de lui, de son état d’esprit d’alors..amour d’une femme qui le quitte,  regret de la ferme du Garet, là où il est né et où il a passé toute son enfance. Prégnance de cette enfance paysanne. Il pense à sa mère, à son père, à la cour de la ferme..ses cadrages reflètent parfois l’architecture de cette ferme, de la cour..rond, fermé..il y pense sans arrêt..Quand il photographie des combattants Nouristanais en Afghanistan, il retrouve  les bûcherons de son enfance.

J’ai aimé quand il mêle sa vie, ses sentiments, ses regrets et ses réflexions aussi sur la signification des photos…photos de guerre de famine..a-t-on le droit de photographier l’horreur, la faim..témoignage, voyeurisme..la photo est toujours un vol dans lequel tu mets beaucoup de toi..il a souffert pour certains clichés..marche dans la neige, fatigues, mines..risques fous pris pour témoigner

C’est l’envers du décor, du métier de correspondant de guerre..sans gloriole..une photo, c’est le résultat de beaucoup de choses..on le comprend bien ici.

Il parle vrai, il parle bien, il se confie.

.. Cette belle confession à la fin du livre…« Mon souhait, c’est d’y aller avec la femme que j’aime, parce que j’ai toujours eu cette idée qui me restera sans doute toute ma vie, d’emmener une femme désirée, une femme croisée dans la rue, pour la regarder dans une chambre d’hôtel, à la tombée du jour, se confier, écouter, être amoureux. Cela me vient d’une adolescence que je n’ai passée ni à Villefranche, ni à Paris mais en voyage, dans des chambres d’hôtel, et qui m’a donné l’envie d’une revanche. Comme si je pouvais aussi habiter l’espace du voyage. »solsoli

30 novembre 2012 at 10 h 20 mi Laisser un commentaire

Afriques

Raymond Depardonafriques

l’éditeur : Depuis plus de vingt ans Raymond Depardon a parcouru tout le continent africain auquel il a consacré plusieurs films. Il a réalisé ainsi une grande quantité de photographies dont 350 inédites sont présentées ici.  Ces photographies couvrent toute l’Afrique, à travers une présentation non pas par pays mais par associations originales. Ces associations privilégient un rythme soutenu, sans temps d’arrêt, des enchaînements qui montrent la vie au travers de sujets très variés : portraits, villes, paysages, religions, activités sociales et métiers mais aussi des conflits et la misère.  A travers ses photographies, Raymond Depardon ne livre aucun jugement, aucune thèse. Ce qui relie entre elles ces prises de vue, c’est l’impulsion de l’œil, simplement un regard de photographe et de grand voyageur sur les paysages et les hommes qui peuplent ce continent.

Pourquoi des Afriques ?  « Depuis 1960, je n’ai cessé de photographier l’Afrique. Mais que de lieux, de temps différents ! Une vie toute entière ne suffirait pas à prétendre connaître cette Afrique. Aujourd’hui, les prétextes, les raisons de ces voyages sont oubliés. C’est pour cela que j’avais envie de faire ce livre, pour rendre la liberté à toutes ces photographies et enfin réunir toutes ces Afriques, celles des pistes, des sourires, des famines et des guerres civiles. Je voulais oser ces quatre cents pages de photographies sous respiration. Je voulais étouffer devant l’immense Afrique (…).   Je me souviens de chaque lieu, de chaque temps. J’ose le désordre, il le faut. »

En noir et blanc, grand format. Un cadeau qu’on m’a fait. Mieux que les mots, pas de mots. Des photos qui racontent, parlent, disent l’amour de Depardon pour ce continent. Sans concessions, on y voit la guerre, la famine, les enfants qui rient, des mères, des paysages, des animaux, des rues sales..des paysages secs.DER1994005W00010/24A

Et puis toujours cette distance qu’il cherche à trouver ; la bonne, pas trop près, pas trop loin non plus

Longtemps par timidité il n’a pas voulu photographier les gens, mais ils ont senti quel homme il était..ils se sont laissés faire, l’ont oublié ou lui ont souri.afr2

L’argentique fait des merveilles, saturations,dents blanches, sourires magnifiques, soldats endormis, enfants gris de poussière, lumière crue, voiles blancs, peau mat, noir noir, noir gris, noir clair, contrastes aveuglants.

Gestes arrêtés, temps qui passe doucement ou qui nous renvoie au temps de sa photo.

afr4On devine des histoires derrière les images;

la règle du jeu ici, c’était répondre à cette question « Comment ça va avec la douleur ? » le mot douleur en Afrique n’est pas employé comme chez nous…Grande douleur. Non, ici on parle de petites douleurs, petites misères..comme mal au dos, rhumatismes…ça signifie « comment ça va? » ;  une utilisation plus douce, comme avant, à la campagne chez lui, dans la ferme de son père. Ce père qui cherchait toujours le mot juste. Alors lui cherche toujours l’image juste, qui est bien lui, qui lui correspond.

afri1en ce moment, je découvre « Errances »..un autre voyage, pour bientôt

7 novembre 2012 at 13 h 36 mi Laisser un commentaire


Saraswati a dit

Welcome to the Magicbus !

Je participe :

SWAP :

Visiteurs :

Pour me contacter :