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Ce genre de choses

Jean Rochefort51eMSbq-T0L

Avant-propos « C’est Harold Pinter, cet ami Nobel, compagnon du whisky, qui, dans son théâtre et dans sa vie, écrivait ou disait souvent : «Ce genre de choses.»
«Elle a six ans et demi, elle court dans un pré où il y a des coquelicots, en cueille un, s’aperçoit que sur sa tige il y a comme des petits poils, elle éclate de rire, ce genre de choses.»
«Elle voulait le quitter, ne le supportait plus, ses colères, son égoïsme, elle prend en hâte quelques affaires, ouvre la porte, court presque dans l’escalier, il la rattrape et dans l’escalier la pousse, elle se relève et repart en courant. Lui s’appuie sur la rambarde et pleure, ce genre de choses.»
Je raconte cela à Vincent Delerm, cet amoureux de l’écoute. Après un moment de réflexion, il est deux heures du matin : «Ce genre de choses, ce sera le titre du livre…», dit-il. »

Avec ses pantalons jaunes et sa moustache qui frise, l’improbable Jean Rochefort nous livre ici des petites choses de sa vie. Surtout pas une autobiographie ! Simplement quelques instants choisis, des anecdotes mises en scène avec humour et dérision.

En courts chapitres émaillés de  dialogues hilarants, il fait revivre les grandes heures de Cinecitta avec Toto, Sandra Milo, Mastroianni, les séries B, Maciste et les autres. Le conservatoire avec ses potes Marielle et Belmondo – Belmondo qui a toutes les filles qu’il veut, Marielle qui les fait fuir avec son rire caverneux – quant à lui…. Les tournages, son enfance bretonne pendant la guerre. Il jongle avec le temps, les amitiés, les émotions. Le lisant, on le voit parler avec ce phrasé si particulier, cet air de chien battu et de faux-cul parfois.

L’amour des chevaux qu’il partagera « en live » avec la reine d’Angleterre, la détestation des dictatures et des intellectuels qui les ont défendus…Sartre, Aragon. Petite et grande histoire, car il en croisé des gens célèbres, d’autres moins..   Delphine Seyrig, Noiret, Sagan, Khomeini, Doudou la Rafale, Schoendoerffer, Edouard Baer, Pat le rat… Sans se prendre au sérieux…jamais. De la distance, l’oeil toujours pétillant, pas méchant…allez un peu taquin quand même.

C’est réjouissant, décousu, barré…un hymne à l’amitié et à la fantaisie !

jean-rochefort-interview-cheval-relation-passionnelle-10(photo « Cheval Savoir »)

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5 décembre 2013 at 8 h 58 mi Laisser un commentaire

Martini Shoot

F.G. Haghenbeck51qh7bqepUL

Présentation de l’éditeur : Sunny Pascal, amateur de tequila et de planches de surf, gagne sa vie en lavant les grands d’Hollywood des scandales les plus incroyables. En cette année 1963, un nouveau contrat l’emmène à Puerto Vallarta, dans son Mexique natal, sur le tournage du nouveau film de John Huston, La Nuit de l’iguane, qui réunit sur une même plage le sulfureux couple d’Elizabeth Taylor et Richard Burton, la sublime Ava Gardner, la capricieuse Sue Lyon et tout un staff haut en couleur. Entre deux cocktails bien corsés, Sunny devra veiller à ce que ce casting de marque ne s’entre-tue pas avant le clap de fin. Une gageure lorsque l’on sait que le réalisateur a offert à chacun un pistolet en or muni de balles en argent gravées à leur nom… Un polar noir et glamour campé sur le mythique tournage de La nuit de l’iguane de John Huston.

Un polar alcoolisé, une ambiance à la Raymond Chandler sur fond de balles en argent, de coups fourrés et de sensualité torride. Un hommage aux détectives mythiques des années 50 …. Boissons fortes, pépés, gringos pas nets, mexicains corrompus jusqu’à l’os, chantages, spéculation immobilière..Que du bonheur !

Critique acerbe du cinéma hollywoodien des années 60…blanchiment d’argent, Lolitas, drogue, alcool qui coule à flots. L’action se situe pendant un tournage mythique dans la tièdeur de Puerto Vallarta..Mexique, iguanes..belles bêtes..comme Ava, sensuelle et impériale, Burton et Liz en pleine passion, Huston géant imbibé génial et violent..un producteur plutôt louche sur les bords. Tous les ingrédients d’un polar électrique dont chaque chapitre porte le nom d’un coktail du plus connu – Cuba Libre, Martini dry, Lagon bleu – au plus exotique..Kamikaze, Negroni, Salty dog… avec recettes et explications de l’origine des dits breuvages saupoudrées de la musique la mieux indiquée pour les siroter en bonne compagnie au bar de la plage devant une mer d’émeraude.

C’est drôle, violent bien écrit ( sur une Remington ou une vieille Underwood pour sûr )…très visuel, en plans rapides ou érotiques (censure Hollywood s’entend), des plans dignes de Sergio Leone..de la sueur et du sang, de l’ironie. Un régal

On replonge illico dans l’ambiance moite et vénéneuse de « la Nuit de l’iguane » ; du coup, je l’ai revisionné..pas pris une ride … Ava toujours aussi magnétique ..Burton alcoolique pas anonyme c’est sûr avec Liz Taylor pas loin derrière, Deborah Kerr plutôt inquiètante. Et il me semble même bien y avoir aperçu la longue silhouette de Sunny Pascal.

Sunny, un détective cool, grand buveur, amateur de femmes fatales, qui ne s’en laisse pas compter même devant des pointures comme Burton ou Huston, pas toujours net..du nez, de la gueule , prend des coups, les rend, pige vite, tire bien, et un vrai gentleman avec les femmes ! J’aime

16 mai 2013 at 16 h 51 mi Laisser un commentaire

Des Hommes et des Dieux

Synopsis : Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L’armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour…

Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

   Un moment lumineux. J’ai aimé les silences, les visages filmés au plus près. Les hésitations et puis la peur. Peu à peu, ils vont la vaincre, l’intérioriser, la faire « leur »…Pas besoin d’être croyant pour apprécier ce film baigné de tolérance et d’humanité..Beauté et clarté des chants à capella…vie simple des moines, comme un documentaire épuré…le  jour et  la nuit au rythme des prières,des travaux quotidiens et de l’aide apportée à leurs voisins musulmans. Et puis le grand mystère de la foi pour ceux qui ne l’ont pas : est-ce elle qui leur  donne cette détermination et la force de ne pas renoncer ?  Pas seulement ; ils doutent, songent à partir..ce ne sont que des hommes, mais ils resteront avec la certitude de ceux qui savent leur cause juste et qui la défendront jusqu’au bout.

Un film parfois violent qui malgrè tout laisse une impression de paix et de sérénité.

Les acteurs..Michaele Lonsdale, le médecin  ..un homme libre et bon, Lambert Wilson le guide lumineux et sensible complètement habité par ce rôle…..Amédé, frêle et attendrissant comme un enfant..et puis tous les autres naturels, touchants, vrais.

Silhouettes blanches qui s’effacent dans le blanc de la neige..en cortège vers la mort ou vers une nouvelle naissance

Un film qui ne rend pas triste, au contraire…savoir qu’il  il existe des gens comme ça rend  la vie plus belle et donne de l’espoir ! Et si ce n’était pas que du cinéma ?

2 octobre 2010 at 16 h 41 mi 4 commentaires

AVATAR

Bon c’est vrai qu’on m’a un peu traînée pour aller voir le film, pas vraiment fan de SF, j’en suis restée à Star Wars, Dune ou Alien, c’est dire ! …mais l’ambiance de Noël et  la pression des plus jeunes ont eu raison de ma molle résistance !

La salle est pleine…. trois  heures qu’on ne voit pas passer.  L’intrigue est simplette mais, peu importe, les méchants sont vraiment méchants et pas beaux …des militaires  bornés et les gentils sont adorables. Le héros, marine au crâne rasé  au début du film, devient sympa au fur et à mesure que ses cheveux repoussent !! comme quoi..

Le décor est génial, un monde imaginaire envahissant et prenant, les  images somptueuses  ont l’air vraies ! on oublie toute la technologie qu’il y a derrière ..même les personnages..humains, trop humains.. le regard, les cheveux, les mouvements, les sentiments. On se projettent facilement sur ces  Navis, tribu écolo-chamanique  en phase avec une  nature luxuriante et mystérieuse … et surtout, quels fantastiques  décors ! Il  m’ont rappelé ceux  de  « Six saisons sur Ilo » une BD de Bourgeon.. sans l’érotisme. Un univers merveilleux et terrible, esthétiquement époustouflant  qui vous enveloppe totalement . Pas de 3 D dans ce cinéma….mais je crois que j’aurais eu peur d’être au milieu de  ce monde « flottant », montagnes en suspension, chemins vertigineux.. on peut y chevaucher des animaux fabuleux,  voler sur des dragons sauvages,   les arbres sont immenses, les fleurs lumineuses..notre âme  d’enfant est titillée ! Une véritable féérie ….qui fait passer un message aussi   : écologie, impérialisme américain, toute puissance de l’argent, arrogance des blancs qui dévastent et tuent les populations indigénes..mais pour moi, ce n’est  vraiment pas le point fort du film.

Et puis, Il fallait bien que je me mette à la page car je me suis inscrite  au Swap SF organisé par Loula et GeishaNellie….nulle en littérature SF mais curieuse d’en savoir un peu plus  sur des mondes imaginaires, le film m’a mise  en appétit !

30 décembre 2009 at 9 h 18 mi 8 commentaires

Stallone

Emmanuèle Bernheim

Présentation de l’éditeur : Lise va, au cinéma, voir Rocky III, l’Œil du Tigre de et avec Sylvester Stallone. Elle en ressort bouleversée, et décide, comme le héros du film, de se reprendre en main. Grâce à Stallone, la vie de Lise va changer… Une histoire folle, le roman bref et fiévreux d’une obsession…..

« Désormais, elle irait voir tous les films de Stallone. Tous. Elle n’en raterait aucun. Elle en faisait aujourd’hui le serment. Et elle n’attendrait pas qu’ils passent à la télévision. Non. Elle irait les voir en salle, elle paierait sa place. Elle lui devait bien cela. Car c’était grâce à lui que sa vie allait changer. »

Un drôle de petit livre percutant, incisif…ou comment un film et un héros de cinéma peuvent redonner la force de se réaliser enfin. C’est ce qui arrive à  Lise :  elle reprend ses études de médecine, quitte son fiancé pour un rêve qui ,malgrè les obstacles deviendra réalité.

A la limite, qu’importe le film…ici c’est  Rocky III….L’important c’est la pertinence de l’image,  la force du propos et la portée émotionnelle de l’intrigue par rapport à sa propre vie et à ses désirs ..rôle important de la musique aussi..ici elle est agressive, rythmée,  donne envie de se battre, d’aller jusqu’au bout.

ça me rapelle Ally Mc Beal ; les acteurs avaient  coutume de se repasser dans la tête des airs qui leur permettaient d’affronter la vie en vainqueurs..ahhhhh Barry White !!

La nouvelle d ‘Emmanuèle Bernheim est courte avec un goût de pas assez…dommage, mais c’est plutôt  la démonstration  qui importait à l’auteure, je pense …vite, elle voulait raconter sans fioritures cette fulgutante passion pour Stallone.

L’héroïne ne réfléchit pas, elle est portée par ses films  jusqu’à l’obsession…elle pense qu’ elle doit aller voit TOUS les films de Stallone  pour ne pas que le charme se brise…comme des piqures de rappel. Et aussi parce qu’elle a une dette envers lui.

Je n’aime pas Rocky (je préfère Rambo ;o) mais je crois qu’on a tous des films « culte »qui donnent la pêche ou des musiques qu’on trimballe comme des viatiques contre la tristesse ou l’inaction. Ce petit livre m’a fait repenser à tout ça…au besoin d’un monde idéal, de savoir qu’on est pas seul à galérer, que certains réussissent, les exemples sont là… les  fables ou des contes de l’enfance sont maintenant remplacés par les héros de cinéma ou les stars de la chanson. Peu importe, du moment qu’ils comblent notre imaginaire !

« pam pampampam pampampam, son coeur battait au rythme des premières notes d’Eyes of the tiger »

28 novembre 2009 at 8 h 42 mi 2 commentaires


Saraswati a dit

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