Des nouvelles du front

22 février 2014 at 8 h 49 mi 2 commentaires

Nicolas Chaudun61hQYjPTm4L._SL1464_

L’éditeur : Dans un bobinard propret de la rive droite, Ugo, une jeune recrue de la Wehrmacht, échappe de peu à la tuerie perpétrée par un gang de patriotes exterminateurs. Sa survie, l’adolescent la doit à une novice dans le métier, plus impressionnable que ses consoeurs. Celle-ci paiera. On la retrouvera fille à soldats, ballottée dans le ressac du front de l’Est. Comme Ugo, dépassé, à la fois transi d’amour et renégat. Le mensonge et le pardon, les certitudes aveugles, l’appétit de la vie mais aussi son mépris, on n’embrasserait pas d’un seul regard toute la palette de pulsions que déchaîne la guerre, la vraie. Au fond, l’homme ne mène-t-il pas en permanence sa guéguerre ? Larvée, civile, sainte, sociale, la guerre sourd de partout. Elle naît de rien et se nourrit de peu. L’hystérie de touristes pris au piège des Journées du patrimoine, les dérèglements d’un vieux conservateur poussé à la porte de son musée d’anatomie pathologique. Il n’y a que la dérision et l’humour pour en conjurer les horreurs. Ces cinq nouvelles en sont truffées. Mais attention, ce rire-là ne chante pas ; il grince, comme celui que le pendu cracherait à la face de son bourreau.

Des nouvelles appliquées à être noires et ricanantes pour ne pas trop souffrir de l’absurdité de nos existences. C’est la vie côté conflit, ridicule ou pathétique. Des situations parfois drôlatiques ou touchantes qui tournent mal par incompréhension, bêtise, malchance, orgueil. La plus longue nouvelle  » Le festin des Cordeliers » est digne de Freaks, sorte d’opéra ou plutôt de tragédie grotesque sur fond d’homoncules difformes et de bocaux de formol..Un art consommé de raconter, distiller la lie et la pourriture, la grande peur des autres, de soi, de la vérité, les idées toutes faites. Car tout ici est affaire de mésentente, de secrets cachés, d’apparences à sauvegarder. Les hommes sont seulement les marionnettes d’un scénario qui les dépassent….. Petits, si petits, faibles, ballottés par des évènements parfois si anodins. Certains en crèvent, d’autres en réchappent, tous s’interrogent. Sinistre loterie.

Un livre grinçant avec le masque de la dérision et de l’humour noir. Un livre flippant même. Même quand on rit à certains passages, ce n’est pas un rire tranquille…Le style est maitrisé, la langue recherchée, parfois terriblement savante, type « cabinet de curiosité »…. Mais les hommes ne sont ils pas des monstres après tout ?

Merci à Babelio et aux Editions« Le Passage «  pour ce livre assez déroutant.

Publicités

Entry filed under: nouvelles. Tags: .

Alcina à l’opéra Garnier Stage « osier » 2

2 commentaires Add your own

  • 1. Nicolas Chaudun  |  28 mai 2014 à 16 h 30 mi

    Je tombe seulement sur cette critique déjà ancienne. La critique d’un véritable lecteur; et même s’il elle ne constitue pas à proprement parler un éloge, elle me va droit au cœur… Il vous faudrait intégrer la rédaction d’un grand titre de presse, cela nous éviterait bien des déconvenues. Meric donc à vous… et au prochain !
    Nicolas Chaudun

    Réponse
  • 2. saraswati  |  7 juin 2014 à 12 h 25 mi

    Ravie de lire le commentaire d’un auteur ! Au prochain donc, avec plaisir….

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Saraswati a dit

Welcome to the Magicbus !

Je participe :

SWAP :

Visiteurs :

Pour me contacter :


%d blogueurs aiment cette page :