Grand Maître

11 octobre 2012 at 15 h 20 mi Laisser un commentaire

Jim Harrison

L’éditeur: Après une longue carrière dans la police du Michigan, L’inspecteur Sunderson est sur le point de prendre sa retraite, lorsqu’il se met à enquêter grdsur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Ses investigations ne le mènent nulle part. Une fois retraité, il n’arrive pas à oublier l’homme qui s’est auto déclaré « Grand Maître » de la secte, et, flanqué d’une improbable acolyte de seize ans, sa voisine Mona, il reprend officieusement l’enquête. Au départ, Grand Maître apparaît comme un hurluberlu inoffensif, mais au fil de leurs recherches, ils découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît.Sunderson, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers avant d’atterrir dans le Nebraska où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon, lui-même poursuivi par ses propres démons.

Un moment plein d’humour et d’autodérision avec ce flic fraichement retraité qui a bien du mal à lâcher le morceau, tous les morceaux… son métier, sa jeunesse, les femmes, sa santé….et le foi de biche ! Jouissif malgré une fin un peu abrupte.

L’ affaire qui le turlupine ici, c’est la trilogie « sexe, argent, religion »… Et oui, ce  grand gaillard aimant boire, baiser, chasser, se pose des questions drôlement existentielles … avec toujours pour décor une nature sauvage et salvatrice qu’Harrison excelle à peindre. La lumière, la route, les paysages traversés au fil des pages..Les Grands Lacs, le Nebraska, l’Arizona….déroulent un road movie  paradoxal ( le héros  détestant quitter son coin de lac et ses repères habituels) mais nécessaire à l’histoire (il poursuit le méchant !)et à notre plaisir (parcourir des paysages sublimes au volant d’une vieille bagnole! )

Pour moi, l’intrigue policière est secondaire; un  simple prétexte pour raconter la vie cabossée de cet homme qui trimbale dans son errance une mauvaise conscience de tout ce qui fait l’Amérique d’aujourd’hui …. régions défigurées, course à l’argent, violence gratuite, matérialisme pourri qu’il met constamment en perspective face à une nature seule capable de nous révéler à nous même et  à de vieilles valeurs inoxydables comme le travail, la fidélité ou le mépris de l’argent.

Un roman chaleureux et désenchanté où l’auteur a dû mettre beaucoup de lui-même ;  Harrison raconte toujours un peu la même histoire . Pourtant, il arrive à renouveler notre curiosité et notre intérêt; on est en terrain familier mais la surprise et l’enchantement du récit sont là .. les personnages, le héros, l’écriture, l’imagination, les descriptions….C’est ça le talent non ? Un style, une « patte », une atmosphère, un amour de la vie et de tout ce qu’elle peut donner…faire partie de l’Univers, du Tout qui donnera à Sunderson la force de surmonter la nostalgie de l’homme qu’il était, de la femme qu’il aimait et qui lui donne  (avec l’aide de pas mal d’alcool et de femmes appétissantes, c’est vrai..) l’énergie pour continuer à vivre en acceptant la vieillesse. Un roc griffé par la tempête mais toujours debout !lac

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Pour seul cortège La foire aux chevaux

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