Jayne Mansfield 1967

13 novembre 2011 at 19 h 22 mi 7 commentaires

Simon Liberati

L’éditeur :   « Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle. »

Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une « Hollywood movie star » de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symbol des années 50. Simon Liberati ressuscite Jayne Mansfield, l’actrice méconnue la plus photographiée au monde, fouille amoureusement dans les recoins les plus ténébreux de sa vie, retrace ses dernières heures en plein été hippie, qui disent aussi le crépuscule de l’âge d’or hollywoodien. Au programme : perruques-pouf, LSD 26, satanisme, chihuahuas, amants cogneurs, vie desaxée, mort à la James Dean, cinq enfants orphelins et saut de l’ange dans l’underground.

Une oraison funèbre et morbid chic dans la droite ligne de Truman Capote et Kenneth Anger.

 Une fascination morbide pour ce roman entre biographie, enquête policière et déclaration d’amour ; une machine à remonter le temps et les sentiments doublée d’un questionnement sur les enchainements troublants qui ont conduit à cette mort brutale.

Ca commence comme une série américaine : un accident de la route, comme un tableau hyper-réaliste… bleu métallisé de  la Buick , rouge du sang qui a giclé, blond de  la perruque de Jayne. Brouillard… victimes broyés et parmi elles, Star des années 50, une « une vamp blonde avec une mentalité de bébé »..maintenant un morceau de viande recouvert d’un tissu bleu électrique…toujours ces couleurs criardes , kitsch, irréelles..tragédie  ridiculement absurde.

Flashback..deux ans avant, l’auteur raconte la  descente aux enfers de cette femme-enfant au QI de Nobel, qui parlait cinq langues.. droguée à la célébrité..alcool, LSD, elle collectionnait les amants violents, faisait partie d’une secte satanique. Jayne comme la fin d’une époque, celle des grands studios qui fabriquaient des stars. Au moment de l’accident, elle  ne tourne plus depuis longtemps, mais continue de faire de l’argent en se produisant dans des endroits minables  : véritable phénomène de foire avec ses perruques blondes et ses pitoyables strip-tease.

Mais Liberati a de la tendresse pour elle ; tout en racontant l’ambiance interlope qui l’entoure, entre sordide et romantisme,  il sait trouver les mots qu’il faut, accumule détails, faits, alibis, dates, comme un collectionneur compulsif ou un admirateur idolâtre..pour chercher la faille, chercher la  femme, pour expliquer sa chute mais aussi sa part de lumière. Un livre fort qui réussit à nous toucher en racontant ce destin d’ange déchu, de femme manipulée mais aussi manipulatrice. Il dénoue les liens de la tragédie d’une façon implacable et efficace :  c’était écrit.

Après cette lecture, en regardant l’ interview vacharde de François Chalais qui est sur la video, j’ai ressenti un curieux malaise…. à cause des questions ironiques de Chalais ou du jeu ambigu de l’actrice ? Je ne saurais le dire…..

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IV. fin de la saga…La fratrie de Titi Juste avant

7 commentaires Add your own

  • 1. emmyne  |  14 novembre 2011 à 10 h 05 mi

    Décidément, tu lis en ce moment les livres pour lesquels j’hésite…Je crains en effet la fascination morbide mais j’avoue que la peinture de la fin de ce monde particulier m’attire.

    Réponse
    • 2. saraswati  |  14 novembre 2011 à 13 h 12 mi

      un livre qui donne envie de feuilleter des vieux « Cinémonde »…la fin d’une époque à travers cette tragédie..un roman très prenant, très tendu..Succombe à ton attirance 🙂 tu me diras ce que tu en penses …

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  • 3. emmyne  |  14 novembre 2011 à 19 h 53 mi

    Te dire ce que j’en pense…si tu es patiente, c’est un argument ! 😉

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  • 4. argali  |  4 janvier 2012 à 18 h 03 mi

    Je n’ai pas du tout accroché, moi. Descriptions troip longues, trop minutieuses sur des détails sordides. Et au final, je n’en sais pas beaucoup plus sur l’actrice. Mais ça m’a donné l’envie de chercher sur le net des articles, photos…

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    • 5. saraswati  |  4 janvier 2012 à 18 h 53 mi

      il a quand même accroché ta curiosité !

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  • 6. Malika  |  8 janvier 2012 à 9 h 21 mi

    Je m’interrogeais beaucoup sur ce roman …et ma principale interrogation était justement celle-ci : est ce un roman ?
    Je craignais le livre témoignage, enquête qui m’ennuie souvent !

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    • 7. saraswati  |  8 janvier 2012 à 12 h 07 mi

      Il tient un peu des deux…des descriptions oui, parfois minutieuses et sordides, mais comme des repères pour mettre des bornes a cette descente aux enfers. Il faut aller au-de la, ils constituent le décor kitch et tocard d’une vie gâchée, une vie d’apparences …. Fausses fourrures, cheveux teints…ou seuls les détails ont de l’importance. Reste le portrait touchant de cette femme broyée par un systeme.

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