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28 janvier 2011 at 17 h 24 mi 3 commentaires

François Thomazeau

Le Mot de l’éditeur : Excepté les victimes, les personnages de cette histoire semblent mépriser toutes les formes de sincérité et d’idéalisme qui pourraient subsister dans notre société. C’est leur job. Antoine, consultant employé par La Boîte, et Pascal, syndicaliste plaqué par sa femme et licencié suite à un plan social, sont enchaînés l’un à l’autre par une conjoncture violente. Petits maîtres de l’ironie ou vrais cyniques, le tandem, que les temps modernes ont revêtu d’un réa- lisme troublant, se lance sur les routes en quête de réhabilitation. Bien sûr, ils n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, et les pistes se brouillent. On pense à Lautner, car, dans ce scénario noir et caustique sur le dégraissage nouvelle tendance, la critique sociale avance à peine masquée, avant d’exploser en exutoire. Une reconversion, comme disent les managers. François Thomazeau est journaliste sportif et, depuis les années 90, écrit des romans noirs.  Il est l’un des pionniers du néopolar

 Il m’a fallu attendre une cinquantaine de pages  pour commencer à voir l’action se profiler et les personnages prendre réellement vie.. mais je n’ai pas regretté l’attente ! Ici, la critique sociale est virulente et radicale. Tous pourris, syndicats et patrons ; les rapports sociaux…des  rapports de violence et de force poussés jusqu’à l’extrême…la mort comme solution definitive offerte aux DRH pour dégraisser ou se débarrasser des éléments  perturbateurs. Le ton froid et ironique nous fait voir les choses en noir et rire jaune … déprimant. Mais dans le bouquin, ce petit jeu de massacre est très jouissif  !! On est aux premières loges et les personnages sont gratinés !

L’intrigue est bien ficelée avec des rebondissements, des individus pervers, cachotiers, faux-cul ; tout le monde avance masqué, brouille les pistes…qui est le méchant ?…enfin le plus méchant, le manipulateur en chef ? Bien sûr, ne pas se fier aux apparences, quoique…. Et la présence d’une belle femme n’arrangera rien..Tout le monde en prend pour son grade ; le peuple trinque aussi, de vrais moutons, bien fait pour lui ! Avec en prime une fin qu’on n’attendait pas..

Bref, au bout d’un certain temps, ça démarre fort… l’histoire et les personnages, caricatures plutôt réussies : le syndicaliste paumé et cocu, l’ancien commando au physique avantageux et au regard d’acier trempé, la femme « rebellequiaepouséunrichardquinelarespectepas », le flic à l’ancienne ..

Je cite un des protagonistes « Grâce à la gauche, un peu partout, Blair, Jospin, Schröder, Zapatero et les autres, on a compris la combine.On a remplacé patrons par entreprises, salariés par collaborateurs, les primes par les stock-options ou des intéressements, le travail par des missions, l’exploitation par la participation, les contre-maîtres par des cadres, les chômeurs par des demandeurs d’emploi, les licenciements par des reconversions. La misère par le développement durable alors que seul le sous-développement l’est ! Seuls les mots ont changé. Tout le monde gobe ça. Les gens sont persuadés d’avoir quelque chose à predre alors qu’ils n’ont rien. Que des mots. Et c’est pour garder ce rien qu’ils paient à crédit aux banquiers, qu’ils votent pour nous. Pour protéger leur misère (…..) C’est ça que vous auriez dû faire les syndicats (…) changer de nom : devenir des « conseils en gestion de temps de travail », proposer des « projets de développement de l’épanouissemnt personnel » et pas des revendications salariales. si vous aviez fait ça, les patrons seraient dans la mouise jusqu’au cou ! »  …..Si c’est comme ça que les choses évoluent, on a du souci à se faire ! Voilà vraiment un bouquin amoral qui donne envie de se révolter..tout fiche en l’air..ou de profiter à fond du système ! pour sûr on a envie d’être du bon côté !

En tout cas, se méfier des mots, qui cachent et travestissent la brutalité du réel..manipulation des promesses  et des idéaux qui engendrent la perte des valeurs et la violence. Ce polar qui dégomme la société libérale au bazooka en est une excellente démonstration !

Merci à BOB et aux éditions « Au-delà du raisonnable » pour ce livre

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Rue des Maléfices Mémoires d’un yakusa

3 commentaires Add your own

  • 1. Hathaway  |  30 janvier 2011 à 20 h 12 mi

    Je suis intriguée… Long à démarrer mais polar décapant, je note !

    Réponse
  • 2. Ys  |  4 février 2011 à 14 h 33 mi

    Eh bien, tu es la seule du partenariat à avoir aimé, les deux autres ont carrément détesté ! C’est intéressant de lire des avis aussi tranchés.

    Réponse
    • 3. saraswati  |  4 février 2011 à 16 h 19 mi

      une critique sociale dévastatrice avec des héros antipathiques …j’ai bien aimé le ton, la noirceur, l’ironie, la charge lourde et féroce, la dénonciation des dérives de nos sociétes dites modernes et civilisées..l’histoire est ce qu’elle est, pas essentielle mais le message est fort, les formules originales ; c’est ce que j’ai ressenti…un bon polar socio-économique(?) …et tant pis si les autres n’ont pas aimé 😉 …j ‘ai hâte de lire leur billets !

      Réponse

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