Des femmes qui tombent

28 novembre 2010 at 15 h 18 mi 2 commentaires

Pierre Desproges

L’éditeur: Ce ne sont  pas les mouches qui tombent, mais les femmes : un tueur en série sévit à Cérillac. seul indice : tous les corps ont étét piqués par un moustique – pas n’importe lequel – un anophèle femelle. Pour le villageois qui s’ennuie, la mort d’une voisine est toujours une aubaine.

Amélie Poulain peut aller se rhabiller..c’est méchant, noir et cynique..mais tellement bon ! Ambiance …quand  il est question d’ Adeline Serpillon première victime de cette épidémie : « Elle était moyenne avec intensité, plus commune qu’une fosse, et d’une banalité de nougat en plein Montélimar. Hormis le chat gris mou qui dormait sur son lit, personne ne se retournait sur elle, et encore moins dessous. »

 Tel un entomologiste, Desproges dissèque chaque personnage, l’éxécute devant nous…quel délice..chaque mot, chaque phrase est pensée, cisélée..

« Seul généraliste à Cérillac, le docteur Jacques Rouchon, la quarantaine épuisée, offrait à la rue les abords hirsutes et déconnants des vieux médecins de western. Alcoolique jusqu’au fond de l’œil, il noyait dans le Picon-bière l’insupportable et tranquille certitude qu’il avait de l’inopportunité de la vie en générale et de la sienne en particulier.  » Le docteur  est malheureusement affublé d’un rejeton handicapé « qui se marchait sur les pieds à chaque enjambée canardeuse (quand il part, on dirait qu’il revient, disait encore Jacques) ce qui réduisait ses échappées en chambre à d’atroces parcours du combattant, entre son fauteuil et son lit, qui le laissaient chaque fois beuglant et brisé sous les sarcasmes autodestructeurs du père et les pleurs de la mère » Un moment suspecté, « Christian Ronchon qui ne savait même pas se masturber sans se mettre un genou dans l’oeil, n’avait pu commettre ces crimes  » . Cynique, oui très…mais   pour mieux déniger les bien pensants et nos hypocrisies face au handicap et à la maladie. Les choses sont ce qu’elles sont, mieux vaut en rire pour ne pas en pleurer !

Plaisir des mots, de  tous les mots du nom à l’adjectif…tout est pesé, calibré, construit pour dire le drôle le triste ou le désespéré. Reisèrien quoi…rire de tout surtout des cons et des bourgeois, des travers de notre  société…proverbes idiots, sagesse populaire,  peur de l’inconnu,  misogynie,  handicap…. Liberté de ton et de rigolade comme au bon vieux temps de Charlie Hebdo…la dimension littéraire en plus !

Il y a aussi une vraie intrigue policière…démesurée et surréaliste ; victimes panurgiennes et insolites..se méfier des gens qui ouvrent un parapluie quand il ne pleut pas,  des anophèles femelles qui se mettent à pulluler en hiver .. C’est tordant et triste, méchant et décapant. Du Reiser en mots !

merci à Kali pour cet ouvrage indispensable  envoyé lors du swap « Happy face « 

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SWAP Musique Comme des héros sans guerre

2 commentaires Add your own

  • 1. Hathaway  |  30 novembre 2010 à 7 h 01 mi

    L’auteur est un incontournable ! Je ne connais pas ce livre et il me semble que ce serait passer à côté de quelque chose de ne pas le lire !

    Réponse
    • 2. saraswati  |  30 novembre 2010 à 8 h 18 mi

      un chouette (petit) cadeau de Noël:)

      Réponse

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