La passion Lippi

19 novembre 2010 at 8 h 12 mi 11 commentaires

Sophie Chauveau

Le Mot de l’éditeur : Florence 1414. Un enfant hirsute, aux pieds couverts de corne, griffonne furieusement une fresque remarquable à même le sol d’une ruelle des bas-fonds de la ville. Miraculeusement repéré par Cosme de Médicis et placé au couvent des Carmes, il va faire souffler un vent de passion sur la peinture de la Renaissance.
Moine et libertin, artiste intransigeant et manipulateur sans scrupules, futur maître de Botticelli, ses sublimes madones bouleversent son époque. Elles lui sont pourtant très intimement inspirées par les filles des maisons de plaisir de Florence qui en ont fait leur petit prince caché.  Bravant tous les interdits,  il commet par amour l’ultime provocation. Le scandale le pousse à l’exil et le renvoie au secret sanglant enfoui au cœur de son enfance.
Peintre voyou, ange ivre, Fra Filippo Lippi invente un rapport nouveau entre l’art et le monde de l’argent et, le premier, fait passer les peintres du statut d’artisans estimés à celui d’artistes reconnus.

Passionnant  ce livre qui nous plonge d’emblée dans les débuts de la Renaissance..on est à  Florence en compagnie de Cosme de Medicis, le bienfaiteur de cette sublime ville…bien sur, c’est un roman, alors il y a peut-être des inexactitudes historiques..peu importe ! si vous voulez des détails ou des développements précis sur l’histoire de l’art …ouvrez une monographie. Ici, c’est la vie et l’imagination qui parlent, une époque restituée, comme un tourbillon de vie et de création.

Quel destin que celui de Lippi..Voyou, moine, élève de Guido, maître de Botticelli, amoureux fou d’une nonne à 50 ans. Le génie à l’état pur, entre Dieu en bordel ! Il étouffe, suffoque…  trop forte, trop incroyable cette vie  offerte par Cosme …. Besoin de s’évader, de compenser toute cette grâce par les plaisirs de la chair et du vin. Sur ses traces, on visite Florence pour retrouver la folie et l’inventivité de cette époque extraordinaire.Tous les grands sont là : Ghiberti, Brunelleschi , Massacio, Donatello.. disgrâces, liberté, misère…il fera  reconnaître son art pour ce qu’il est, s’affranchit de tout…Amour et passion des femmes, de la peinture. Un homme capable d’admirations sincères, capable de travailler comme un fou, de disparaitre des jours ou des semaines. Autodestruction et génie. Le style du roman est haché, rapide. On ne souffle guère et c’est tant mieux. Les personnages sont de chair et de sang…sous tension ou plus apaisés quand Lippi rencontre sa Madone.

Une lecture pour mieux sentir les vibrations de la peinture..le rouge de Masaccio, la pureté des anges de Fra Angelico, le vert d’Uccello…les pigments  que l’on broie, des couleurs rares et précieuses, la peinture à l’huile n’est pas encore née. Une Toscane sereine  ou  bruissante de complots. Jeux d’influence et floraison artistique.

« La beauté pour toute morale  » Christiane Desroches Noblecourt

merci  à Sandrounette pour ce beau voyage ! Premier volet d’une trilogie qui se poursuit avec « Le rêve de Botticelli » et « L’obsession Vinci ».

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11 commentaires Add your own

  • 1. Sandrounette  |  20 novembre 2010 à 10 h 53 mi

    Contente que le roman t’ait plu! Tu en parles extrêmement bien!

    Réponse
    • 2. sarawastibus  |  20 novembre 2010 à 15 h 04 mi

      tu as frappé juste…ça m’a donné envie de retourner à Florence 🙂

      Réponse
  • 3. Hathaway  |  20 novembre 2010 à 12 h 22 mi

    C’est bien vrai, tu en parles très bien !

    Réponse
    • 4. sarawastibus  |  20 novembre 2010 à 15 h 06 mi

      j’espère bien que papa Noël va m’apportera les deux autres romans de cette trilogie…et qu’ils seront à la hauteur du premier !

      Réponse
  • 5. Loula  |  20 novembre 2010 à 17 h 46 mi

    Coucou! Taguée!! 🙂

    Réponse
    • 6. sarawastibus  |  20 novembre 2010 à 19 h 52 mi

      c’est fait 🙂

      Réponse
  • 7. c.l!ne  |  27 novembre 2010 à 22 h 21 mi

    à te lire, ce roman historique sur l’art, tu m’as donné envie 🙂

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    • 8. sarawastibus  |  28 novembre 2010 à 7 h 58 mi

      si tu aimes cette période ce livre est un vrai bonheur 🙂 et j’espère que les deux autres ouvrages du tryptique sont aussi passionnants

      Réponse
  • […] qui vont s’approprier cette lumière. Si l’époque vous intéresse, plongez-vous dans La Passion Lippi, un roman passionnant de Julie Chauveau qui vous emmènera au cœur de cette révolution […]

    Réponse
  • 10. La Flâneuse  |  5 janvier 2012 à 21 h 34 mi

    Ta critique est excellente et reflète exactement ce que j’ai ressenti en lisant le bouquin!

    Réponse
  • 11. saraswati  |  6 janvier 2012 à 8 h 11 mi

    Merci, j’ai terminé Botticelli et Vinci….j’en ferai la critique dans quelques temps, mais c’est Lippi qui m’a le plus « emballée » !

    Réponse

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