les amis du placard

16 novembre 2010 at 17 h 17 mi Laisser un commentaire

Quelques jours à Paris..et le plaisir d’aller au Théâtre de la Pépinière découvrir cette pièce de Gabor Rassov.. noire mais si drôle !

La mise en scène est de Pierre Pradinas.

Le sujet : Profitant d’une vente promotionnelle dans une grande surface de la région parisienne, Jacques (Didier Bénureau) et Odile (Romane Bohringer) se sont achetés un couple d’amis.
Ils les gardent dans un placard et les sortent régulièrement dans l’espoir de passer de bonnes soirées. Jour après jour, ils se montrent de plus en plus exigeants avec ces amis qu’ils ont tout de même payés assez cher.

On rit jaune dans cette pièce rythmée et méchante. Voilà deux bourgeois qui s’ennuient ;  mais grâce à cette merveilleuse société de consommation, ils ont la possibilité de s’acheter des amis au super marché..il suffit de leur donner un peu à manger et de leur réserver un placard où au moins l’un d’entre eux pourra s’allonger. Encore mieux que des animaux de compagnie ! Corvéables à merci, ils sont jour et nuit à la disposition de leurs acheteurs…deux tyrans domestiques frustrés qui se vengent sur ces humains  rabaissés au statut de « choses ».. brimades et flatteries..les deux monstres leur prennent tout..dignité, pudeur, amour..ne respectent rien !

Quelle comédie..on ne sait si on doit rire ou pleurer de toute cette farce..on éclate de rire parfois jusqu’aux larmes devant l’absurdité et le burlesque de certaines scènes (la sequence des marionnettes est terrible et celle de la conversation littéraire irresistaible ! ) Pouvoir, manipulation, inaptitude aux relations humaines, tout est truqué, faussé par l’argent..dominés et dominant, les hommes  plus cruels encore sous des dehors civilisés ; les plus bas instincts se déchaînent ! Pour notre plus grand  bonheur..

Des acteurs à la hauteur : Romane Bohringer, coincée et bête comme ses pieds,  respire la médiocrité, pleine  d’une admiration dégoulinante pour son imbécile de mari qui n’est qu’un raté dans la vie courante.  Alors c’est dans leur maison qu’ils exercent pouvoir et sadisme sur leurs jouets  humains. Regard vide et diction impéccable, elle passe de la douceur à la haine avec une facilité glaçante. Sanglée dans des robes de « pouffe », perchée sur des talons hauts, affublée d’un chignon ridicule..aucun cheveu ne dépasse..elle nous fait à la fois peur et pitié. Une sacrée composition.

Et que dire de  Didier Bénureau, incarnation vivante de la méchanceté et de la connerie la plus crasse..il suinte la veulerie, se vautre dans l’abject et le sadisme avec délectation  comme un gros chat pervers..un  vrai régal!

Les pauvres amis sont touchants de bassesse et d’invention(excellent Matthieu Rozé)..pleins d’imagination et de santé..ils ont été élevés en plein air et sont garantis bio !..comme les poulets. Ils se révoltent quand même, essaient de lutter, louvoient, tentent, flattent, critiquent…

Une pièce jubilatoire et cruelle qui dénonce des travers de notre temps. Des monstres qu’on aimerait être ..rien qu’un tout petit peu parfois..pour se venger de tout ce qu’on n’ose pas dire ou faire dans une société où la pression et les contraintes  ménent fatalement à la frustration et à un individualisme forcené qui nous éloigne les uns des autres.

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