Nagasaki

4 novembre 2010 at 8 h 56 mi 8 commentaires

 
 
 

 

Eric Faye

L’éditeur:« Clandestine depuis un an. Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence. »Un simple fait divers dans un quotidien du matin à Nagasaki.
Tout commence par des disparitions, des déplacements d’objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. C’est un homme ordinaire, qui rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure.
Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit.
Devant l’écran de son ordinateur et grâce à sa caméra, Shimura-san finit par apercevoir l’intruse. Il y a bien quelqu’un chez lui. Il a vu son profil. Il appelle la police…

 

Un roman vraiment troublant sur la solitude et le sens de la vie…Tout est résumé dans cette phrase  de Paul Quignard mise en exergue « On raconte que les bambous de même souche fleurissent à la même date, meurent à la même date, si éloignés que soient les lieux où ils ont été plantés dans le monde . »

Deux existences  ordinaires qui se croisent, ou plutôt  qui se mènent en parallèle ; l’une à l’insu de l’autre. L’une qui connaît mieux l’autre que personne car, sans vraiment le vouloir, elle l’observe dans son intimité la plus totale puisqu’il ne sait pas qu’il est observé. Elle est comme  cette petite souris qu’on souhaite parfois devenir pour voir comment les autres vivent.  Au fil de l’histoire, la maison n’est plus un cocon et un réfuge, elle perd ce caractère « sacré » et on éprouve un étrange malaise devant ce véritable viol de l’intimité, comme si on était personnellemnt concerné. Comme si c’était là un ultime sacrilège.

Deux existences vides, grises.  Mais les individus sont parfois plus complexes qu’on ne le croit et le destin réserve souvent des surprises…Shimura-san  mène une vie sage et monotone. Il ne supporte pas le chant des cigales. Il semble calme, froid, range tout.. comme son bento..chaque chose à sa place, pour se rassurer ; et puis il y a l’intruse, elle c’est  l’inconnu, le fantôme d’amours anciennes, la liberté, l’intrusion du dehors dans une vie qui n’a rien à cacher. Pathétiques ces deux solitudes inconciliables ;  la largeur d’un mur entre eux, en réalité tout un monde, toute une vie si rapidement passée avec quelques traces lointaines de bonheur.

Quand le livre est terminé, on finit par chercher dans sa maison s’il n’y pas quelqu’un de caché dans un placard…que ferait-on si on la découvrait cette petite souris ? gêne, colère?

c ‘est une histoire vraie, contée avec beaucoup de délicatesse et d’ironie..Elle a une fin qui n’est peut être qu’un début de quelque chose de nouveau…critique de la société, du manque de communication..nostalgie du temps qui passe..j’ai beaucoup aimé ce livre, ne l’ai pas laché, m’en souviendrai longtemps et l’offrirai certainement..il nous parle de nous.

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S.O.S Déco … Les p’tits plaisirs de l’automne

8 commentaires Add your own

  • 1. zarline  |  4 novembre 2010 à 9 h 59 mi

    Je l’avais loupé dans le flot de la rentrée mais ton billet donne envie de rattraper cet oubli.

    Réponse
    • 2. sarawastibus  |  4 novembre 2010 à 12 h 35 mi

      passionnant, dérangeant et ….on se met tellement vite dans la peau des protagonistes! on a l’impression d’être derrière eux pour les épier…à nous de nous sentir voyeurs..et contents de l’être 😉

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  • 3. Cynthia  |  4 novembre 2010 à 12 h 07 mi

    Moi aussi j’ai bien envie de lire ce titre qui a l’air plus réussi que « Le syndicat des pauvres types » du même auteur héhé 😉

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    • 4. sarawastibus  |  4 novembre 2010 à 12 h 31 mi

      ah! ce bon vieux syndicat des pauvres types…il a laissé des traces (je l’avais oublié celui-là!)…l’auteur a fait beaucoup de progrès dans cette histoire d’une homme ordinaire qui vit une aventure extraordinaire 🙂

      Réponse
  • 5. Hathaway  |  5 novembre 2010 à 17 h 34 mi

    Intriguant en tout cas ! Une telle découverte doit produire un drôle d’effet ! C’est noté !

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    • 6. sarawastibus  |  5 novembre 2010 à 21 h 45 mi

      moi je n’aimerais pas :/

      Réponse
  • 7. choco  |  9 novembre 2010 à 12 h 19 mi

    Alors tu as trouvé un inconnu dans ton placard ? 😉

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    • 8. sarawastibus  |  9 novembre 2010 à 13 h 14 mi

      Ce serait trop beau ! tu sais bien que je n’ai que des squelettes dans mes placards 😉

      Réponse

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