Mon vieux et moi

25 septembre 2010 at 16 h 28 mi Laisser un commentaire

Pierre Gagnon

 

L’éditeur : A la retraite, le narrateur décide d’adopter Léo, 99 ans, que rien ne prédestinait à venir s’installer chez lui. C’est le début d’une grande aventure, faite de tous petits riens. De silences qui veulent dire beaucoup, de tendresse, de rires pour conjurer le déclin… Mon vieux et moi, est-ce que ça peut durer toujours comme dans les romans d’amour ?

 

 Vivant seul, un retraité décide d’adopter un vieux, Léo. En même temps, il achète un hamster ; on lui a dit qu’avec un vieux, ce serait mieux d’avoir un chat dégriffé ou un petit mammifère en cage. et voilà, c’est tout..il raconte la vie avec Léo ; pas folichon mais complètement vrai et complètement beau. Des petits instants de plaisirs, de déplaisirs.. oh tout simple ! la vie de tous les jours. Il regarde Léo, l’écoute, le suit, le subit, s’émerveille, change ses couches. Le temps s’est arrêté, un autre s’installe, une bulle délicate qui les unit pour un temps tous les deux, un temps où se mêlent l’enfance et la mort, le début et la fin.. Mais aucun jugement, jamais.

« Léo est très agréable à côtoyer, fait jamais la gueule. Volontaire, il participe à tout. Hier, c’est lui qui a coupé les pommes de terre. Bon, d’accord, on a soupé tard, et alors ? A l’inverse il lui arrive de s’engager dans une activité pour l’ abandonner aussitôt, comme s’il avait rendez-vous. Sans demander son reste, il roule jusqu’à la fenêtre du boudoir, où il n’y a rien à voir. Léo, lui, perçoit de bien belles choses. Tellement que j’ai nommé cette pièce son cinéma maison (…) peut-être revoit-il ses premiers souliers neufs dans lesquels il parade fièrement sur un trottoir de bois..La brouette que lui a fabriquée son père…Son chien jaune avec des oreilles molles. »

Et puis Léo tombe, il devient vieux pour de bon. « Les vieux oublient, s’étouffent, font répéter, voient trouble, tombent, n’en veulent plus, en veulent encore, ne dorment plus la nuit, dorment trop le jour, font des miettes,oublient de prendre leurs médicaments, nous engueulent tant qu’on serait tenté de les engueuler à notre tour, pètent sans le savoir, répondent quand on n’a rien demandé(…), rient de moins en moins, gênent le passage, souhaitent mourir et n’y parviennent pas »

Des choses dites avec réalisme, mais aussi avec beaucoup de tendresse et d’ humour aussi parfois quand  Léo prend le hamster pour un chat, lui donne de la pâtée…et mange ensuite lui-même la patêe, en met partout ; la maison pue ! On fait la grimace, on sourit..

Parfois Léo a des éclairs de lucidité, il raconte son enfance.  Un jour d’hiver, ils  font une virée pour voir un bateau briser la glace ; le bateau n’arrive pas mais  tout d’un coup, face à eux   » l’imposante flamme orangée d’une raffinerie se dresse , fière, illuminant comme une chandelle la surface infinie et enneigée du sol. Devant nous un gateau grand comme le monde, rien que pour mon Léo « 

Entre poésie et réalisme, entre rêve et cauchemar….Aucune tristesse dans ce petit livre délicat écrit avec des mots simples et nus qui disent qu’à chaque âge de la vie il est des moments de grâce et de bonheur. Il suffit de savoir regarder au-delà des apparences et des usures du temps.

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