La piste mongole

8 juin 2010 at 10 h 04 mi 5 commentaires

Christian  Garcin

Le Mot de l’éditeur : Où l’on part à la recherche d’Eugenio Tramonti disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s’absente parfois quelques jours pour voyager dans d’autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l’ouest de la Mongolie. Les mondes se chevauchent, les histoires se répondent les unes aux autres, les fenêtres de l’imaginaire sont grandes ouvertes  et le principe de réalité tremble sur ses bases, à la fois  humoristique et fuyant. Et ce faisant c’est une autre réalité qui se trouve posée là – ou tout un réseau de réalités qui s’entrecroisent, car l’instabilité est féconde, et la littérature s’accommode bien de ce flou des frontières

Tout commence dans une yourte d’un quartier insalubre d’Oulan Bator, capitale de Mongolie. Rosario part à la recherche d’un ami disparu avec pour seul indice un morceau de papier avec un nom écrit dessus : Amgaalan Otgonbayat.. C’est le début d’un fantastique voyage géographique et intérieur. Il faut alors quitter toute logique occidentale……l’histoire va se dérouler au rythme de visions chamaniques, de rencontres réelles et rêvées , de récits parallèles , d’histoires dans l’histoire qui peu à peu vont donner forme au récit et réunir les protagonistes en un seul lieu, un 4×4 sillonnant les steppes de Mongolie à la recherche d’ Eugenio

Le roman peut parfois paraître long et compliqué mais il faut persévérer et l’attention est vite relancée par le ton drôle et poétique, la description de lieux magnifiques : la transparence bleue du lac Baïkal, l’immensité des steppes de Mongolie, les montagnes de l’Ouest, on y parle aussi de façon très sensible de la vie après la mort, de la réincarnation……une longue chaîne à travers le monde qui unit les hommes et la nature au delà des langues et des frontières.

Les rencontres ne sont jamais fortuites ; le hasard n’existe pas.. le puzzle s’assemble, une force supérieure (un grand organisateur qui souffle les réponses ?) semble guider les hommes. Mongolie et Sibérie sont terres de chamans passeurs de mondes et autres intermédiaires entre les vivants et les morts…on entrevoit là un univers fascinant décrit de manière « réelle » à travers les histoires racontées par Chen-le-Maigre, Shamlayan-le-morveux, Sürgündü-jambes-d’os, Pagmajav, tante Gû…il est question aussi d’un bestiaire sauvage particulièrement fourni digne d’une grande saga nordique : il y a Lelio Lodoli l’Aigle royal, le loup Barük, Dianda le chien- renard…toute une galerie d’animaux totémiques, traces d’une humanité ancienne et de croyances immémoriales encore ancrées dans l’inconscient des hommes. A la fin du roman, ce qui parait décousu va se reconstituer comme se reconstitue le corps du chaman après le rite du démembrement ; le personnage de Chen-le-Maigre est pour moi le plus réussi ; il est le fil d’Ariane à travers ce labyrinthe, ce sont ses rêves et ses écrits qui nous guident ; il est au carrefour des esprits, fédère les gens qui sont ensemble sans savoir pourquoi.

une bien belle balade dans des paysages sauvages et infinis à travers les méandres des esprits dont on ressort ébloui et troublé…

Allez  ici      « cheval noir »  est mon préféré 🙂  Fermez les yeux, écoutez… le galop des chevaux, les steppes sauvages, l’esprit du vent …

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Alexandra David Néel, mon Tibet GRIS

5 commentaires Add your own

  • 1. zarline  |  9 juin 2010 à 14 h 42 mi

    Ayant été très marquée par mon voyage en Mongolie, je recherche souvent à retrouver ces atmosphères, ces paysages. Je crois cependant que ce livre est trop mystique pour moi.

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  • 2. sarawastibus  |  9 juin 2010 à 15 h 01 mi

    moi aussi j’ai été fascinée 🙂 alors lis plutôt les bouquins de Galsan Tschinag (si ce n’est déjà fait !) , ou dans un autre style « carnet de voyages en Mongolie » de Magali Schneider ou Linda Gardel..etc il y a en d’autres

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  • 3. zarline  |  11 juin 2010 à 8 h 38 mi

    Je n’ai pas encore lu Galsan Tschinag mais je note tout de suit la référence. Merci Sarawastibus et bonne journée!

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    • 4. sarawastibus  |  11 juin 2010 à 13 h 54 mi

      bonnes lectures 🙂

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  • 5. choco  |  15 juin 2010 à 22 h 11 mi

    Ce titre m’intriguait depuis longtemps et tu m’as bien évidemment convaincue !
    Merci pour le lien ! Trop chouette, j’adore ! Et il me semble avoir reconnu certains airs, déjà entendu ailleurs 🙂

    Réponse

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