No et moi

25 février 2010 at 19 h 45 mi 10 commentaires

Delphine de Vigan

Présentation de l’éditeur :Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d’amour, rebelle, sauvage, dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.

J’ai retrouvé dans ce roman toute la générosité et l’utopie de l’adolescence, l’âge où on croit que tout est possible, qu’on peut sauver le monde…sauver No qui représente l’inconnu, la vraie  vie que l’on craint et qu’on a hâte d’aborder. C’est un roman plein de sensibilité, de doute et de réalisme  dans la peinture sans concession de la vie des SDF, dans la difficulté de communiquer avec les parents, difficulté de surmonter la disparition d’un enfant. Un roman qui montre bien aussi comment on peut  s’aider, se sauver en aidant les autres.

On ne peut apprivoiser No, elle est déjà lourdement marquée par sa naissance, sa vie, elle en connaît le coté noir. Mais No c’est aussi la liberté de vivre, de se détruire…elle ne doit rien à personne. Face à elle il y a Lou, Lou trop sage, trop intelligente, trop sentimentale.

Amour amitié , Lou et No; Lou et Lucas..deux marginaux…amitié de No, amour de Lucas.

Lucas a des parents absents, une maison, No pas de maison, une famille cassée. Mais Lou est aussi une marginale à sa façon,  par sa trop grande intelligence, sa maturité, son instinct, sa volonté de plier le monde à ses désirs.

Et puis il y a le lycée que fréquentent Lou et Lucas, avec monsieur Marin un prof à « l’ancienne » , exigeant, attachant qui a ravivé chez moi de lointains souvenirs..Lou et les profs,  les copains, les amies…..ambiance du bahut, affaires de coeur, de corps, sorties, jalousies..le décalage avec l’univers de No..le déclencheur aussi de sa quête.

L’auteure a bien su décrire cette jeune tribu, ses secrets, ses codes, ce besoin de  flirter avec le danger, de se cacher des adultes  donneurs de leçons, briseurs de rêves…Delphine de Vigan se met dans la peau des ados, on y croit, on la croit…les mots sont clairs, directs, parfois lumineux , d’une lumière crue qui révèle les failles d’un monde devant lequel on baisse souvent les bras par paresse, habitudes ou résignation…. »Ne renoncez pas  » dit à Lou Monsieur Marin à la toute fin de ce  livre émouvant et profond écrit avec les mots de tous les jours qui prennent ici un relief étonnnant.

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10 commentaires Add your own

  • 1. orchidee  |  26 février 2010 à 6 h 22 mi

    moi je n’ai pas accroché, le personnage de lou ne m’a pas convaincue … bientôt un billet chez moi !

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    • 2. sarawastibus  |  26 février 2010 à 10 h 35 mi

      alors j’attends de te lire pour qu’on en discute 🙂

      Réponse
  • 3. Stephie  |  26 février 2010 à 10 h 44 mi

    Un livre que j’ai aimé, que je commence à offrir et que j’aurai plaisir à offrir !

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    • 4. sarawastibus  |  26 février 2010 à 11 h 55 mi

      oui, un livre plein de générosité qui incite à l’être !

      Réponse
  • 5. lancellau  |  26 février 2010 à 10 h 55 mi

    Un récit qui m’a beaucoup plu et touché, moi aussi j’en parle autour de moi!!

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    • 6. sarawastibus  |  26 février 2010 à 12 h 02 mi

      No m’a touchée aussi, beaucoup ; et je me suis imaginée dans sa peau plutôt que dans celle de ses parents..elle représente la fraîcheur et l’déalisme qu’on aimerait avoir encore aujourd’hui, intelligence adulte, sensibilité à fleur de peau, pas encore de carapace…

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  • 7. Cynthia  |  26 février 2010 à 12 h 01 mi

    J’avais beaucoup aimé « Jours sans faim » mais celui-ci m’attire moins. Je crois que je recidiverai avec « Les heures souterrainnes ».

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    • 8. sarawastibus  |  26 février 2010 à 12 h 31 mi

      j’aime sa façon d’écrire, je me laisserai peut-être tenter par « jours sans faim »

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  • 9. bzzz  |  16 juillet 2010 à 16 h 54 mi

    J’ai adoré aussi. Peut-être parce qu’on est d’éternelles ados…

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    • 10. sarawastibus  |  16 juillet 2010 à 21 h 11 mi

      oui …idéalistes toujours..y croire quoiqu’il arrive

      Réponse

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