La double vie de Vermeer

13 février 2010 at 17 h 24 mi 2 commentaires

Luigi Guarnieri

Présentation de l’éditeur: Voici l’incroyable et véridique histoire de Han Van Meegeren, peintre traditionaliste né aux Pays-Bas en 1889, qui, éreinté par les critiques de son époque, décida de se venger de manière grandiose : il réalisa plusieurs faux Vermeer dont certains furent considérés par la presse comme des chefs-d’œuvre du maître de Delft. Ce n’est qu’en 1945 que la supercherie fut découverte, quand la police saisit la collection de Goering, et que Van Meegeren fut accusé de haute trahison pour avoir vendu un Vermeer à ce maréchal du Reich nazi. S’ensuivit un procès mémorable, qui vit défiler responsables de musée, critiques d’art et experts de renom… Croisant les biographies de Vermeer et de Van Meegeren, mais également celles de Proust et de Goering, Luigi Guarnieri signe un palpitant roman à l’ironie délicieuse, tout à la fois enquête policière et réflexion jubilatoire sur la relativité des œuvres d’art et des jugements qu’elles suscitent, sur la folie, la passion du beau, et les infinies séductions du mensonge.

La réalité dépasse de loin la fiction dans ce livre foisonnant. Incroyable que des experts patentés aient pu à ce point se laisser berner par un génial faussaire. Incroyable qu’un homme, Hans Van Meegeren ait pu  fabriquer  à un tel degré de  perfection un faux Vermeer plus vrai que nature.  Incroyable  sa haine, la force de la vengeance envers ceux..justement les experts.. qui ont brisé sa carrière de peintre ; ils seront complètement humiliés !

On sait peu de choses du vrai Vermeer, sa vie, son oeuvre…très obscur, pas célèbre en son temps…ses tableaux  se perdent, changent de main, tombent dans l’oubli et puis c’est la ressurection par un effet de mode, un engouement de la bourgeoisie ;  réflexion passionnante sur l’art, sa portée et sa signification..les modes, les « courants, les magouilles et l’argent…qu’est-ce qu’un chef d’oeuvre? qui les fait? qui les décrete? qui les choisit ??

Mais Vermeer est unique , il  passionne et subjuge des personnages aussi opposés que Proust et …le Maréchal Goering!

Marcel Proust, mort pendant qu’il réécrivait un passage emblématique sur la mort de Bergotte dans « La recherche » avec ce fameux « petit pan de mur jaune »  dans la vue de Delf  peint par Ver Meer…pour lui, c’est une oeuvre d’art à lui tout seul ce petit mur, il contient tout le mystere Vermeer, celui de l’intemporel et de l’eternel…

 Goering..grand collectionneur l’entêtement, la folie  de Goering à collectionner , voler,  entasser les oeuvres d’art..fascination..après la défaite,  il supportera tout,  la captivité, les humiliations, tout sauf de savoir qu’il avait acquis un faux Vermeer, qu’il s’était fait roulé…ça le rendait fou !

un peintre qui suscite autant de ferveur, de haine, de joie, de larmes, de plenitude…quel est son secret ?

L’auteur tente une subtile analyse de ce qui fait l’unique, le mystère d’un tableau de Vermeer : « La liseuse en bleu est l’une des peintures qui nous communique le mieux le secret de l’art de Vermeer. Un secret que les amateurs de ses oeuvres parviennent à deviner mais jamais à comprendre vraiment.C’est pour cette raison que le mystérieux Vermeer revit tous les jours. Plus de deux siècles après sa mort, s’il nous touche et nous émeut autant, c’est que, peut-être ses toiles évoquent le regret, l’amour impossible, la solitude. Parce que ses figures, enigmatiques et silencieuses, sont des images oniriques de la beauté, de la passion, de l’éternité : de ce que le monde , confusément et inconsciemment, cherche sans jamais parvenir à le trouver. »

C’est vrai aussi que dans le livre,  y a trop de détails techniques sur les pigments, les supports, les procédés  de vieillissement ; parfois on se perd dans les noms des intervenants, les dates …malgrè ça j’ai trouvé passionnante l’histoire de ce faussaire et très troublant  ce  questionnement sur le secret d’un chef d’oeuvre…est-il dans l’oeil de celui qui regarde ou dans le génie de celui qui peint ? … faussaire ou non…

merci à Martine pour ce livre offert à l’occasion du swap « un livre, un peintre »

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2 commentaires Add your own

  • 1. lancellau  |  14 février 2010 à 19 h 51 mi

    Je me laisserais bien tenter par ce texte malgré les termes techniques qui risquent en effet d’alourdir quelque peu la progression. Le thème et le sujet me plaisent bien…je le note!

    Réponse
    • 2. sarawastibus  |  14 février 2010 à 20 h 53 mi

      que le début ne te décourage pas…j’ai trouvé très long le récit de la vie du faussaire(premier tiers du livre)..ensuite c’est vraiment passionnnant :o)

      Réponse

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