Le jour avant le lendemain

23 janvier 2010 at 19 h 06 mi 8 commentaires

Jorn Riel

Présentation de l’éditeur : Dans le nord-est du Groenland, la tribu de Katingak est sur le point de rejoindre le camp d’été. Pour Ninioq, le temps sera venu de faire ses adieux au monde des vivants. Mais Tornarssuk, le maître de tout, en a décidé autrement. Comme après chaque saison de chasse, il faut aller faire sécher le poisson et la viande sur la petite île de Neqe. Et c’est à elle, la doyenne de la tribu, et à son petit-fils Manik qu’échoit cette mission. Sur cette terre hostile et malgré son grand âge, Ninioq doit prendre soin de l’enfant. Jour après jour, elle apprend au fils de son fils les gestes de la vie et lui transmet les traditions et les légendes de la tribu. Mais quelque chose s’est passé Ninioq le sent. Depuis quelques semaines déjà, ils auraient dû revenir les chercher. Un malheur est-il arrivé ? Il faut qu’elle sache, qu’elle aille à leur rencontre, qu’elle retrouve les siens…

Niniok est une grand mère exemplaire…..elle est celle qui transmet, enseigne et rassure. Il y a plus d’un siècle, elle vivait au  Groenland au pays du froid glacial et du grand silence immaculé.  Les Blancs commençaient à venir plus nombreux , les rennes se faisaient plus rares : les temps étaient en train de changer. Niniok  le sent..une sourde angoisse l’empêche souvent de s’endormir. Cependant,  la vie continue, belle et sauvage,  dure et cruelle . L’été apporte abondance et visites.

Mais  bientôt  arrive l’hiver et la vieille femme  se retrouvera  isolée sur une île avec son petit fils Manik. Elle doit survivre pour lui  en souvenir de sa tribu et de son  peuple. Dents de loup, griffes d’ours, froid glacial.. ensemble l’enfant et sa grand-mère vont subir  de terribles épreuves et  éprouver des joies pures.. mais toujours  Niniok raconte,  parfois  à la lueur des lampes à graisse, les croyances et la culture de son peuple : comment il faut  respecter  les âmes des animaux tués, se goinfrer jusqu’à l’écoeurement quand la nourriture est abondante en prévision des famines,  retrourner un kayak, préparer la viande d’ours, se concilier les puissances du dessous…..force et courage..aucun droit à l ‘erreur dans une nature implacable..mais le rêve et  le rire y ont aussi leur place..on est vrai là-bas..la mort fait partie de la vie et parfois elle est plus douce.

Un beau roman triste mais empreint d’un grand respect et d’une certaine immortalité et  surtout le  portrait émouvant d’une femme qui porte en elle toutes les ressources d’un peuple presque disparu,  de celle-qui-lutte-jusqu’au bout pour protéger Manik même si elle sait que ça doit finir… tendresse infinie d’une femme. Un style dépouillé mais plein d’émotion ..pas de sensationnel….une fiction qu’on sent « réelle »….au fil des pages me revenaient les dessins de Paul Emile Victor ou les mots  écrits par Jean Malaurie dans « Les derniers rois de Thulé « .

Une telle civilisation n’a  pu qu’ engendrer des gens  extraordinaires  et Riel a bien su donner vie à l’un d’eux et l’incarner dans une  une femme est encore plus touchant.

merci à Cryssilda (Swap Cap sur Noël)pour m’avoir fait rencontrer Niniok

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8 commentaires Add your own

  • 1. Cryssilda  |  23 janvier 2010 à 21 h 43 mi

    Je suis ravie! 🙂 J’aime vraiment beaucoup ce roman, il est très sombre, mais d’une grande humanité… la fin est terrible, n’est-ce pas?

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    • 2. sarawastibus  |  24 janvier 2010 à 8 h 36 mi

      oui terrible…on sentait dès le début que quelque chose arriverait.mais c’était la seule issue pour eux et là encore Niniok a fait le choix le plus digne en prenant les devants ..elle a compris aussi que pour son peuple la fin est proche, alors pourquoi lutter encore …je suis surtout triste pour Manik :/

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  • 3. Lilibook  |  24 janvier 2010 à 17 h 53 mi

    En tout cas le lieu est original car on a pas vraiment l’habitude de retrouver le Groenland dans les livres.

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    • 4. sarawastibus  |  24 janvier 2010 à 19 h 15 mi

      c’est vrai 🙂 …un endroit extraordinaire mais tellement inhospitalier..mais les émotions et les sentiments sont universels et dans le roman, ils vibrent encore plus fort !!

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  • 5. Choco  |  25 janvier 2010 à 22 h 50 mi

    Comme tu le sais, j’ai eu un gros coup de coeur pour ce roman !
    C’est pas mal, on est synchro sur l’auteur 😉

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  • 6. sarawastibus  |  26 janvier 2010 à 15 h 10 mi

    quand les grands esprits se erncontrent ;)… celui que tu as lu a l’air vraiment réjouissant !

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  • 7. Choco  |  26 janvier 2010 à 18 h 56 mi

    Tiens j’ai repéré un titre qui me tente bien à la librairie, je suis sure que ça te plairait ! Je vais surement l’emprunter… 🙂
    C’est « peaux de phoque » de Veqet. ça se passe en sibérie chez le peuple tchouke.

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    • 8. sarawastibus  |  26 janvier 2010 à 21 h 40 mi

      merci pour l’info….je note 🙂

      Réponse

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