A l’abri de rien

19 janvier 2010 at 21 h 19 mi 10 commentaires

Olivier Adam

Présentation de l’éditeur: Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le dernier fil qui la relie à la vie. Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les « kosovars », ces réfugiés dont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours.Et de tout leur donner : nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.Avec ce roman, Olivier Adam nous rappelle que la violence qui frappe les plus faibles est l’affaire de chacun. Et trace le portrait inoubliable d’une femme dépassée par la force de ses sentiments.

 Comment un homme peut il aussi bien écrire sur une femme, comme une femme avec les mots et la sensiblité d’une femme ? c’est ce qui m’a le plus scotchée dans ce roman sauvage  et bouleversant…Marie est à la dérive, dépressive, une coquille vide, sans ressort  malgrè une vie pas si mal que ça…..un petit pavillon comme beaucoup d’autres, un mari plutot gentil,  des enfants adorables et sensibles à l’écoute de cette mère instable, entière, à vif..ce sont eux les adultes  ..Marie, trop d’ émotions pour un espace si  banal, c’est le genre de personne à se révéler dans les grandes occasions.  Pour cette femme fragilisée par la mort de sa soeur et  de son père la vie n’a plus aucune saveur, elle  a perdu son travail, elle s’ennuie, traîne sans but..passer l’aspirateur, faire les repas, s’occuper des enfants..même ça,  elle n’y arrive pas et puis est ce que ça suffit à remplir une existence de faire les courses et le ménage?

A côté de chez elle, survivent des exclus, les Kosovars..Sangate a fermé..ils errent dans le froid, la crasse et la haine des autres..une véritable jungle peuplée d’Afghans, d’Irakiens, de  Soudanais…misérables  pourchassés par la police..quelques îlots de chaleur et d’humanité subsistent grâce aux bénévoles qui leur offrent repas et vêtements. Marie   trouvera là une justification à son existence terne, une utilité …..mais dans l’excès, toujours dans l’excès Marie ; elle donne trop, elle donne mal, elle y met toute son âme ..ces hommes sont ses frères, ces hommes sans repères comme elle..pourquoi les aide-t-elle ? un moyen de s’en sortir surtout…et pourquoi on aide les autres : égoisme, altruisme, bonne conscience, vrai partage ?

L’ écriture cinématographique de l’auteur donne au roman sa vie et son rythme… restitue bien le décor, les sentiments, la peur et la folie …c’est tantôt doux, tantôt cruel mais toujours lucide. et puis le titre est si bien choisi !  A l’abri de rien : on en est tous là, quand on vit, on n’est à l’abri de rien… de la mort, du bonheur, du malheur, de la passion, de la folie…après c’est une question de degrè bien sûr, pour les réfugiés le dénuement est total.

Mais la vraie vie, pour nous,  c’est ça non ? Quelques certitudes et beaucoup de hasards, des ancrages comme l’amour et la tendresse et pour le reste…..

Le livre fermé je pense encore à Marie…..

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Bazar magyar Les clochards célestes

10 commentaires Add your own

  • 1. Stephie  |  20 janvier 2010 à 10 h 54 mi

    Un livre qui m’a beaucoup touchée.

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    • 2. sarawastibus  |  20 janvier 2010 à 18 h 03 mi

      on s’identifie avec marie même si on ne lui ressemble pas…elle est « trop » mais à un moment donné ses pensées reflètent les nôtres

      Réponse
  • 3. Choco  |  20 janvier 2010 à 13 h 56 mi

    Oui c’est vrai, un roman fort que j’avais un peu oublié…

    Réponse
    • 4. sarawastibus  |  20 janvier 2010 à 18 h 06 mi

      c’est une libraire qui me l’a conseillé alors que je cherchais un ouvrage bilingue persan/français…yen avait pas..à la place elle m’a dit..lisez ça, c’est bouleversant..je suis repartie avec et je ne regrette vraiment pas !

      Réponse
      • 5. bookomaton  |  21 janvier 2010 à 10 h 59 mi

        J’adore ce genre de réponse complètement à côté ! Bravo, c’est bien de se laisser porter comme ça 🙂

  • 6. bookomaton  |  20 janvier 2010 à 14 h 54 mi

    J’ai croisé l’auteur à la Foire du livre l’année passée… J’en suis restée bêtement toute chose 😉 Je n’ai lu que ses « Falaises », et j’étais un peu échaudée par son misérabilisme et l’absence quasi-totale de sortie de secours. J’avais donc passé mon chemin devant « A l’abri de rien ». Mais ton billet sensible et dithyrambique me donne envie maintenant… C’est malin 😉

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    • 7. sarawastibus  |  20 janvier 2010 à 18 h 01 mi

      ..pas étonnant, s’il est aussi beau que sur la photo 😉 si, si une petite issue de secours pour Marie..et des choses très justes sur le quotidien, la force de l’amour, la déformation du réel due à la depression ou la signification de l’engagement dans le bénévolat..à lire..ne serait-ce que pour raviver ta rencontre 🙂

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      • 8. bookomaton  |  21 janvier 2010 à 11 h 00 mi

        Encore plus 😉 Le regard de velours sous l’épaisseur du cheveu et de la barbe :p

  • 9. lancellau  |  20 janvier 2010 à 19 h 57 mi

    Il est dans ma Pal. J’ai découvert cet auteur cet été et je compte bien poursuivre…peut-être avec ce titre!!

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    • 10. sarawastibus  |  21 janvier 2010 à 12 h 00 mi

      tu le connais déjà alors…quel est le titre que tu as aimé ?

      Réponse

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