cargo solo

3 septembre 2009 at 8 h 25 mi 2 commentaires

Cargo Solo de Nicole Bouyalacargo

Sur son répondeur, elle a enregistré : « Ce 3 avril, j’ai largué les amarres pour oublier en mer que je ne suis plus maire. » De Saint-Quentin-la-Poterie, village du Gard dont elle fut l’élue pendant dix-huit ans, à Tampico, port du Mexique où elle n’est plus rien, il y a un océan. Pour le traverser, Nicole Bouyala s’embarque, unique passagère, à bord d’un cargo à équipage philippin et battant pavillon chypriote. Soit cent cinquante-six occasions de se retrouver attablée en tête à tête avec elle-même, les officiers russes mangeant à la table voisine ne lui adressant pas, ou si mal, la parole…Résolue à tenir coûte que coûte le carnet de bord de cette solitude accompagnée, Nicole Bouyala y glisse réflexions et réminiscences de ses années d’engagement et d’élue en terre gardoise. Elle y dévoile, par petites touches, l’autre raison de sa fuite : un impossible deuil.

 Parcourant le début du livre, j’ai failli abandonner..le titre m’avait plu, c’est tout ;  je trouvais le ton sec , impersonnel  et l’histoire banale, et puis peu à peu l’ écriture va  évoluer au même rythme que l’esprit de l’auteure :  le choix des mots et des remarques sauront vraiment rendre palpaple tout le chemin qu’elle va parcourir durant cette traversée  : au début elle est coincée, repliée sur elle-même, dévorée par des problèmes personnels (mort d’êtres aimés, déceptions politiques…) .. elle part pour oublier, fuir…

Alors quoi de plus dépaysant (ou de plus effayant !) qu’un immense cargo dont on est la seule passagère…plus de repères, la barrière de la langue, l’indifférence des officiers russes, le mal de mer, des horaires militaires. L’idéal pour faire le point..ou pour « sombrer » définitivement…

Mais  peu à peu, avec beaucoup de courage,  elle va sortir de sa coquille, repartir à zéro, prendre ses marques, recréer  des habitudes en s’appropriant les lieux, oser demander,  « s’aventurer » pendant les escales au hasard  des taxis, des bus, des rencontres..aller vers les autres.

On assiste à une véritable transformation ! plus sûre d’elle, coquette, sensible malgrè  son âge aux compliments des hommes, tout en réfléchissant à sa vie passée, elle se reprend litteralement en main. Pas de pathos , des mots simples pour le dire par petites touches…

 L’écriture prend de l’ampleur et de la chaleur au fur et à mesure qu’elle reprend de l’assurance et de l’énergie

J’ai aimé ce cheminement de la plume et de l’âme  plus que l’histoire et le style. C’est un livre touchant de courage et de vérité.tapis-rouge-a-fait-voyager-600-clients-en-cargo-32055-1-normal

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La maison en chantier 2 Burquette

2 commentaires Add your own

  • 1. Stephie  |  3 septembre 2009 à 11 h 17 mi

    Non, je passe mon tour. Ceci dit, ça m’arrange, rires 😉

    Réponse
    • 2. sarawastibus  |  3 septembre 2009 à 12 h 13 mi

      peur d’avoir le mal de mer ? à mon avis c’est plutôt une lecture pour femme mûre..ce qui n’est pas ton cas..mais le mien ;o)

      Réponse

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