Nouvelles histoires du Wyoming

18 août 2009 at 11 h 58 mi Laisser un commentaire

Annie Proulxwyo

Annie Proulx, native du Connecticut et installée dans le Wyoming  est la célèbre auteure de « Brokeback Mountain » adapté au cinéma par Ang Lee

Le Mot de l’éditeur : Le Wyoming, aujourd’hui, à travers onze nouvelles. Des récits longs  alternent avec des nouvelles plus courtes et plus fantaisistes centrées sur le village perdu d’Elk Tooth. Proulx s’attache à décrire les petits faits quotidiens de personnages hauts en couleur : de l’avocat héritier d’une famille d’amoureux de polo et de pur-sangs au rancher délaissé par ses fils, en passant par les marginaux qui vivent dans des caravanes pour quelques dollars par mois, jusqu’aux cadres new-yorkais en quête de retour à la nature… A travers eux, c’est l’histoire de l’Etat qui se déroule devant nos yeux : le massacre des Indiens puis la vie dans les réserves ; la guerre du Vietnam, la lente transformation de l’Ouest agraire en champ de bataille où s’affrontent exploitants en hydrocarbures et spéculateurs fonciers pour le plus grand malheur des fermiers en voie de disparition.

Unité de lieu :  la ville d’Elk Tooth, 80 habitants, trois bars ;  de temps aussi..  aujourd’hui, maintenant, par opposition au temps d’avant, des Indiens, des fermiers, d’une nature intacte , des bisons, pas de routes, les grands espaces à perte de vue. Ce qui frappe : le contraste entre des paysages fantastiques avec ses plaines  « d’une blondeur de whisky » et les destins souvent minables des protagonistes. C’est un voyage dans un monde disparu où la sauvagerie n’existe plus que dans le coeur des hommes .  L’envers de l’Amérique libérale  et citadine.

Ces nouvelles sont tour à tour  farfelues ( on y loue des crocodiles, des curés sont balancés dans un  gouffre brûlant pour cause de péchés contre les animaux, l’argent se transforme en bière et le foin en cendres )  fantastiques ou très realistes.  Ma préférée :   « L’homme qui rampait hors de la forêt »  ou  les tribulations d’un couple de citadins qui  choisit de vivre dans la nature « authentique »…celle dont ils rêvaient à New York…mais la cruauté des hommes et  des animaux , le silence, les longs hivers en tête à tête mettront à mal bien des illusions…

Ici les personnages , à part  les amis des bêtes ou les originaux  (ah!! le concours de la  Barbe-la-plus-longue inventé pour tromper un hiver trop rude..) ne sont pas vraiment sympas….fermiers attachés à leur terre jusqu’à en crever,  épaves abruties d’alcool  échouées dans des caravanes, chasseurs sanguinaires..

Mais  entre dépotoirs , ranchs décatis  et  usines polluantes, se glisse  encore à travers des descriptions ironiques et parfois  minimalistes le  mythe d’un territoire  sauvage , de l’Ultime frontière.

  De ces nouvelles, j’ai adoré aussi   le ton pince sans-rire, tendre, amusé…Annie Proulx renvoie l’ image sépia d’un monde qui meurt doucement..pas de lyrisme déjanté à la façon d’un Jim  Harrison mais un style laconique à déguster au son d’une musique country…avec nostalgie

wyoming-cowboys

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Entry filed under: USA, voyage.

Nicolas Bouvier Promenade dans les abers

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