Le Mot de l’éditeur : De Sempé, on connaît évidemment les dessins du Petit Nicolas. Mais c’est un autre regard sur l’esprit d’enfance qu’il propose dans ce nouvel album. Dans le long et passionnant entretien avec Marc Lecarpentier, qui accompagne ses dessins, Jean-Jacques Sempé dit ses douleurs et ses joies de jeune Bordelais soucieux de «sauver les apparences», de trouver un métier, et de réussir à placer ses dessins dans les journaux. Et il confie aussi : «Il m’est arrivé de devenir, par moments, raisonnable mais jamais adulte.» Le lecteur le vérifiera, sourire aux lèvres. Les nombreux dessins de ce livre, anciens ou récents, pour la plupart inédits, nous rappellent avec douceur le bonheur de l’insouciance.
Je suis une fan absolue de Sempé, ce vieux monsieur aux yeux tellement bleus, tellement doux !..donc ce billet n’est pas du tout objectif !!
Voilà un gros livre plein de larmes et de rires, plein d’enfance et d’insouciance, suspendu entre joie et tristesse. Dessins de l’instant, du temps arrêté sur le frissonnement du bonheur ; ces petits moments de rien du tout qui font belle la vie ; du soleil, une mer bleue, un champ doré un soir d’été, une superbe passe de ballon, un long après- midi d’ennui…. fantastique ennui où l’imagination nous emporte loin de tout !
J’ai l’impression que maintenant, on ne sait plus s ‘ennuyer, ou plutôt pas question que les enfants s’ennuient !!! Et pourtant, quelle jouissance de ne rien faire ….J’ai des souvenirs de promenades en vélo dans la campagne, sans autre but que de suivre sa fantaisie, s’ arrêter près d’un ruisseau, regarder l’eau des heures ; une journée pleine de possibles entrevus et rêvés qui permettront d’aborder la réalité avec plus de confiance et de joie.
Sempé a beaucoup dessiné la mer, les enfants sages qui apprennent à jouer d’un instrument..seuls, appliqués, des enfants qui courent dans les hautes herbes, grimpent sur des arbres, avec la grande ville autour et les adultes qui veillent.

Quand on est enfant, tout parait si énorme, si intimidant !
Il a gardé ce même regard sur le monde, resté bloqué pour toujours à la case “tendresse”. Lui qui a eu une enfance si dure, si pauvre, si triste – il le raconte ici avec pudeur – . A la maison, il recevait des “torgnoles”, ses parents se battaient, il n’y avait pas d’argent, mais, il savait faire le pitre, des bêtises, grandes et petites ; et puis, il y avait les copains, le foot, la musique, la radio….il trouvait là les moments lumineux qui chassaient de son coeur la tristesse.
Un régal ce livre…pas tout le temps drôle ce qu’il raconte mais ce qu’il dessine est toujours sensible et attachant, ironique, nostalgique, baigné d’une tendresse immense.
1. emmyne | 15 janvier 2012 à 9 09 35 0135
Joli billet subjectif, c’est encore meilleur, que de tendresse.
2. saraswati | 15 janvier 2012 à 18 06 57 0157
On en a besoin dans ce monde brutes